À Moffet, découvrir l’artiste qui habite à côté
On peut avoir un artiste pour voisin sans connaître ce qu’il crée. C’est le constat qu’a fait Alexis Gingras, cofondateur du festival, en revenant vivre au Témiscamingue en 2021. Il souhaitait donner aux gens de la région l’occasion de découvrir les talents qui les entourent. De cette idée est né le Festival des arts du Témiscamingue, à Moffet, dont la cinquième édition s’est tenue les 11 et 12 septembre au Pavillon des Quinze.
Au retour du musicien dans la région, la pandémie avait mis sur pause les festivals qui rythmaient la vie témiscamienne. Il a donc souhaité créer un rendez-vous consacré aux artistes locaux. « Des artistes du Témiscamingue, il y en a beaucoup à découvrir, puis des fois, on ne le sait juste pas », explique-t-il.
Son idée : les rassembler une fois par année pour faire découvrir plusieurs disciplines à la population. Aujourd’hui, la musique, la peinture et même la création vestimentaire trouvent leur place dans ce rendez-vous gratuit et familial.
Restait à trouver où lui donner vie. Originaire de Latulipe, Alexis Gingras tenait au secteur est du Témiscamingue. Il observait aussi que plusieurs villages possédaient déjà leur propre rendez-vous. Moffet, qui n’avait pas encore son festival, offrait une possibilité. Sa rencontre avec le maire, devenu cofondateur à ses côtés, a permis de préciser le projet. En découvrant les installations inaugurées dans la municipalité, le musicien y a vu un lieu où accueillir les artistes et le public. « Ça, c’est une place magnifique pour faire un festival. »
Une fois le lieu trouvé, les organisateurs ont commencé simplement, avec une première édition qu’ils voulaient réaliste à mettre sur pied. La participation du public occupe une place importante dans la formule : les visiteurs peuvent faire davantage que regarder. Selon Alexis Gingras, les artistes invitent souvent les visiteurs à s’initier à leur pratique en créant avec eux. « On participe aussi quand on va au festival. »
La programmation annoncée pour cette cinquième édition illustrait cette volonté de faire découvrir différentes pratiques : mini canot d’écorce avec Karl Chevrier, poterie avec le Rift, fabrication de bijoux avec Leanne’s Lampwork et jupe à rubans collective avec Francine Chevrier. Ces propositions côtoyaient les prestations musicales.
Pour accueillir ces activités, le festival s’appuie largement sur les citoyens de Moffet. D’après le cofondateur, ils forment la majorité des bénévoles. Leur implication traduit aussi le plaisir de faire connaître leur village aux visiteurs. « Ils sont fiers de Moffet, ils aiment ça le présenter. »
Cet accueil compte dans la façon dont Alexis Gingras envisage la suite. D’une édition à l’autre, le nombre d’artistes a augmenté, dit-il. Une montgolfière s’est ajoutée l’an dernier, et un feu d’artifice était annoncé pour le cinquième anniversaire. Malgré ces nouveautés, il désire que l’événement conserve une taille qui permet aux gens de se rencontrer. « On ne veut pas que ça devienne quelque chose de trop gros. »
Moffet lui a donné un lieu et des bénévoles pour le faire vivre. Alexis Gingras souhaite que les Témiscamiens se l’approprient, au-delà du village hôte et des personnes qui l’ont lancé. « Je ne vais jamais vouloir dire que le festival, c’est mon festival », affirme-t-il. « Le but, c’est que ça appartienne à notre communauté, à tout le monde ensemble. »