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LPFN met son pied à terre devant Agnico Eagle à Preissac

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Pas loin d’une centaine de membres de Long Point First Nation (LPFN) ont assisté au lever de leur drapeau au Complexe LaRonde au Lac Preissac ou Keewagama ce 17 octobre. Ce geste symbolique visait à affirmer la souveraineté de leur communauté sur leur territoire traditionnel et à l’exprimer à Agnico Eagle et d’autres sociétés minières qui souhaitent l’exploiter.

Selon le chef Henry Rodgers, Agnico Eagle Mines (AEM) exploite leur territoire ancestral non cédé depuis plus de 50 années dans le plus grand mépris de leurs droits ancestraux. « Malgré nos tentatives de négocier un accord, AEM maintient une attitude irrespectueuse et désobligeante à notre égard même si leur complexe LaRonde se trouve entièrement sur les terres ancestrales de la LPFN », a-t-il condamné.

Toujours selon le chef Rodgers, le personnel d’AEM continue de négocier de mauvaise foi en suggérant de soutenir une approche nationale tout en permettant aux communautés qui comptent la plus petite proportion de personnes Anicinabe de diriger la négociation d’un accord contraire aux valeurs et mode de vie traditionnel de LPFN.

« Nous sommes totalement en désaccord avec les termes et conditions de l'accord étant la communauté la plus touchée par cette exploitation minière et pourtant nous n’avions pas notre mot à dire, ni contribué à la négociation, a-t-il poursuivi. Notre communauté toute entière se sent lésée par cette injustice à travers cet acte et ce comportement malveillant. »

« Quand on parle de territoire, il faut tenir compte de l’histoire reliée à ce territoire »

– Steeve Mathias

À l’origine de l’histoire

Joint au lendemain de la cérémonie, l’ex-chef et négociateur pour LPFN, Steeve Mathias, a d’abord tenu à faire un rappel historique lié à la légitimité de la démarche.

« Un anthropologue a retracé des échanges écrits affirmant que Preissac avait été envisagé pour déménager notre communauté lorsque des sépultures de nos membres s’étaient retrouvées à la flotte quand la construction du barrage d’Angliers a inondé nos terres au début des années 1910, a-t-il relaté. Quand on parle de territoire, il faut tenir compte de l’histoire reliée à ce territoire. »

Depuis deux ans

En réaction à l’événement, la superviseure générale communications et relations avec le milieu, Québec chez Agnico Eagle, Laurie Théberge, a affirmé que la compagnie tentait de discuter avec LPFN depuis pratiquement deux ans sans résultat concret.

« Nous espérons toujours poursuivre nos discussions avec LPFN pour conclure une éventuelle entente de collaboration avec leur communauté, a-t-elle rappelé. Nous leur avons réitéré nos intentions et notre ouverture à cet effet. Nous les avons également informés que les sommes initialement prévues pour leur communauté, égales à celles qui seront versées à la communauté de Pikogan, demeurent tout à fait disponibles pour une éventuelle entente. »

Un monde semble séparer la position de la minière et les attentes de LPFN. Et cela se traduira éventuellement par d’autres actions de la communauté. « Ce que vous avec vu à Keewagama ce n’était que l’apéritif, a conclu Steeve Mathias. Nous continuerons de revendiquer le respect de nos droits ancestraux. »

Fait à noter, ce lever du drapeau de LPFN devait se tenir le 30 septembre, Jour de la vérité et la réconciliation. Il a dû être reporté à la suite du décès d’un membre de la communauté. Ce dernier, un enseignant dans la jeune quarantaine, était très apprécié par tous. Son rôle était de transmettre aux jeunes les valeurs culturelles et le mode de vie traditionnel en relation avec la Mère-Terre.

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