La pression est forte sur les banques alimentaires
La Ressourcerie Bernard-Hamel de Rouyn-Noranda constate avec inquiétude une nouvelle hausse des demandes.
La Ressourcerie Bernard-Hamel de Rouyn-Noranda constate avec inquiétude une nouvelle hausse des demandes.
Le Bilan-Faim 2025 révèle que l’insécurité alimentaire ne faiblit pas, mais continue plutôt de gagner du terrain en région. Le nombre de demandes auxquelles répond chaque année la Ressourcerie Bernard-Hamel a franchi pour la première fois 28 270, un chiffre qui reflète une pression persistante sur le réseau. Camille Lavoie-Mercier, coordonnatrice à la liaison communautaire à la Ressourcerie Bernard-Hamel, confirme que le visage de l’insécurité alimentaire a changé. « Auparavant, les personnes seules et les personnes sans emploi occupaient le haut de la liste des demandeurs. Mais maintenant, les étudiants et même des gens qui ont un bon travail s’ajoutent à cette liste. Ce sont 5 502 personnes uniques qui sont soutenues par 16 organismes communautaires chaque mois à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Ouest et au Témiscamingue. »
Les impacts du coût des logements
Parmi les principaux facteurs qui causent l’insécurité alimentaire, le coût des logements revient inévitablement au banc des accusés. « Il n’y a pas si longtemps, les gens consacraient environ 25 % de leur budget pour se loger. Aujourd’hui, il n’est pas rare de constater que des citoyens doivent dédier 50 % de leur budget, voire plus, à leur logement. C’est ce qui cause, à notre avis, le plus grand déséquilibre dans le budget mensuel des personnes en situation de précarité. Évidemment, il faut ajouter à ça la hausse du prix des aliments et l’inflation de façon générale », précise Mme Lavoie-Mercier.
Un soutien gouvernemental
Le manque de denrées a représenté cette année encore un défi pour la Ressourcerie Bernard-Hamel, malgré un appui du gouvernement, des partenaires et de la population qui a permis de distribuer plus d’aliments. Le soutien gouvernemental de 25,5 M$ accordé à Banques alimentaires du Québec pour l’achat de denrées a été essentiel pour compléter les dons des partenaires du réseau partout au Québec et ici en Abitibi-Témiscamingue.
« Auparavant, il était rare que nous devions acheter des denrées. On arrivait à répondre à la demande simplement par les dons que nous recevions durant l’année. Ce n’est plus le cas. Nous recevons moins de denrées de la part des épiciers qui offrent maintenant des réductions à leurs clients sur les produits abîmés, ce qui évite le gaspillage alimentaire. Et nous sommes totalement en accord avec ce genre de programme. Mais cela vient diminuer notre réserve qui est de plus en plus sollicitée. Ce que nous demandons au gouvernement, c’est d’abord d’agir rapidement sur le prix des logements. En payant un loyer plus abordable, les citoyens auront plus d’argent à consacrer à leur alimentation et cela diminuera la pression sur les banques alimentaires », affirme-t-elle.
En préparation pour la Guignolée
Les banques alimentaires de la région acceptent des denrées et des dons durant toute l’année. Toutefois, c’est lors de la Grande Guignolée que celles-ci regarnissent leurs tablettes en prévision des longs mois d’hiver. « Nous sommes déjà dans les préparatifs pour cette super journée qui va se dérouler partout au Québec le jeudi 4 décembre. Historiquement, nous arrivons à répondre à toutes les demandes que nous recevons durant l’année. Nous n’avons jamais refusé un demandeur malgré la situation précaire qui prévaut et on ne veut jamais que cela arrive. Quand quelqu’un vient cogner ici, c’est parce qu’il a vraiment besoin d’aide. Le contenu des paniers a diminué, mais on ne refusera jamais personne », assure Camille Lavoie-Mercier.

La Ressourcerie Bernard-Hamel est située à Rouyn-Noranda. (Photo gracieuseté Ressourcerie Bernard-Hamel)
Grâce à ses services, ses employés et ses nombreux bénévoles, la Ressourcerie vient en aide chaque année à des milliers de personnes de la région, tout en contribuant à la réduction du gaspillage et à la réinsertion sociale. La banque alimentaire en est un pilier essentiel.
