— Publicité —
icm-mine-body
Mines

Confiance minière : Québec dernier, de meilleurs scores dans ses régions minières

Le Baromètre de l’acceptabilité sociale : secteur minier canadien 2025, publié en début de semaine, montre que le Québec obtient les pires résultats au pays en matière de confiance (2,61/5) et d’acceptabilité (3,28/5).

Confiance minière : Québec dernier, de meilleurs scores dans ses régions minières

Le Baromètre de l’acceptabilité sociale : secteur minier canadien 2025, publié en début de semaine, montre que le Québec obtient les pires résultats au pays en matière de confiance (2,61/5) et d’acceptabilité (3,28/5). Le co-auteur de l’étude et directeur au Développement de partenariats chez Transfert Environnement et Société, Marc-Olivier Fortin, analyse les écarts marqués entre les centres urbains et les régions minières comme l’Abitibi-Témiscamingue.

Le Québec affiche les plus faibles niveaux de confiance et d’acceptabilité envers l’industrie minière au pays. « Au Québec, on a des valeurs sociales et environnementales plus fortes comparativement à d’autres provinces. Il en va de même pour la mobilisation citoyenne. Cela affecte la perception que les gens ont de l’industrie. »

« En outre, les centres urbains sont en retrait des régions minières. Cela affecte aussi cette confiance, car les gens ne savent pas ce qui se passe sur le terrain dans les régions minières. D’autant plus que les pôles médiatiques sont présents dans ces centres urbains et ça vient amplifier cette perception-là », poursuit M. Fortin.

Le niveau de confiance est supérieur en Abitibi-Témiscamingue. « Dans le baromètre, on s’est assurés d’avoir un bon mix entre régions minières et non minières. Dans les régions minières comme l’Abitibi-Témiscamingue, la confiance est supérieure à la moyenne québécoise tout comme le niveau d’acceptabilité. Pourquoi? Parce que les gens sont familiers avec cette industrie. Ils comprennent la réglementation et les processus de consultation. »

Dans les régions minières, le niveau de confiance est à 2,9/5 tandis que la moyenne québécoise se situe à 2,61/5.

Une réglementation solide, mais jugée mal appliquée

La réglementation québécoise est solide, pourtant les citoyens doutent de son application. « C’est à cause de sa cohérence. La population a l’impression que le cadre n’est pas implanté correctement et que les suivis ne sont pas faits. Une simple vérification sur un moteur de recherche montre que des inspecteurs ont été renvoyés du ministère de l’Environnement », déplore le directeur Développement de partenariats chez Transfert Environnement et Société.

« Un autre exemple : le cas Northvolt a donné l’impression que le gouvernement a contourné les règles pour accélérer le développement de Northvolt. Les gens se questionnent sur la flexibilité du cadre selon la compagnie que l’on a en face. »

Consultations : quand l’influence devient réelle

Parmi les autres enjeux, il y a la manière de rendre les consultations influentes pour les communautés. « J’ai l’exemple d’une minière avec laquelle on a travaillé. Dans son projet d’exploration, elle a un comité de suivi, ce qui est obligatoire au Québec. Le comité de suivi fait la liaison entre la communauté et l’entreprise. »

« Cette dernière a impliqué ledit comité dans la co-construction de leur étude d’impact, dans leur offre de services. Cette minière a même demandé au comité de les aider à choisir l’expert qui réalisera l’étude d’impact. Cette implication fait en sorte que les gens ont confiance envers les experts », mentionne Marc-Olivier Fortin.

Visuel Baromètre 2025

Visuel Baromètre 2025
Gracieuseté

Un appui fort, mais conditionnel

L’appui aux minéraux critiques est fort, mais conditionnel. Il dépend des garanties environnementales jugées incontournables. « Au Québec, on juge que les avantages sont supérieurs aux coûts environnementaux et sociaux. La population est plus préoccupée par le processus qui va mener à l’exploitation d’une mine que les impacts physiques eux-mêmes. La solution pour améliorer l’acceptabilité réside davantage dans la réglementation, l’influence des communautés et dans la démonstration des retombées qui doivent être partagées de façon claire et transparente. À qui ces retombées bénéficient-elles le plus? »

La confiance autochtone liée à l’engagement

Les Premières Nations semblent éprouver une confiance plus grande envers les projets miniers que le grand public. « Je veux apporter un bémol sur ce point. Il y a des communautés autochtones qui ne veulent tout simplement pas participer à ce genre d’études et qui restent en retrait des processus de consultation. Les communautés qui ont participé à cette étude sont intéressées par ces questions-là, sont impliquées dans ces consultations. Elles ont confiance quand elles sont engagées. »

À lire aussi