Impact du traitement des MCS sur la formation minière au Québec
L’Institut national des mines a indiqué que la montée mondiale de la demande en minéraux critiques et stratégiques — et la volonté du Québec de mieux valoriser ces ressources — motive la publication de son nouveau rapport.
L’Institut national des mines a indiqué, le 11 novembre à Val-d’Or, que la montée mondiale de la demande en minéraux critiques et stratégiques — et la volonté du Québec de mieux valoriser ces ressources — motive la publication de son nouveau rapport d’analyse sur le programme de formation professionnelle Conduite de machines de traitement de minerai.
L’Institut rappelle qu’en 2024, il avait lancé une programmation de recherche dont la première phase visait à cerner les besoins de formation de la main-d’œuvre œuvrant dans les usines de traitement du minerai, notamment dans les mines de lithium et de graphite au Québec.
Cette étape préliminaire avait aussi pour objectif de répertorier les programmes d’études susceptibles d’être influencés par l’essor des activités minières liées au traitement de ces minéraux présents sur le territoire.
Le rapport d’analyse présente ainsi plusieurs constats et formule des recommandations pour actualiser un programme de formation que l’industrie considère comme prioritaire.
Moderniser la formation minière
Par cette démarche, l’Institut entend contribuer à la modernisation de la formation minière au Québec afin d’assurer que le personnel du secteur dispose des compétences nécessaires pour exercer son métier dans ce domaine stratégique.
La présidente-directrice générale de l’Institut national des mines, Christine Duchesneau, a déclaré que « veiller à ce que les programmes d'études soient en cohérence avec les besoins de formation et de compétences des mines de lithium et de graphite est essentiel à la réussite économique du Québec ».
Les constats
Le rapport met notamment en lumière la nécessité d’une formation qui permette à la main-d’œuvre de maîtriser pleinement les nouveaux outils numériques, d’exploiter efficacement les données issues d’équipements instrumentés et automatisés, et d’adopter une approche de maintenance fondée sur une logique prédictive plutôt que strictement préventive.
S’agissant des compétences directement liées au procédé de traitement du minerai, leur actualisation apparaît prioritaire. Le développement d’une compréhension approfondie des caractéristiques physico-chimiques mobilisées dans le traitement, particulièrement lors du procédé de flottation, ainsi que la maîtrise de la notion de « critères de qualité », figurent parmi les exigences essentielles pour les usines actuelles et à venir dédiées au traitement du lithium et du graphite.
Enfin, d’autres compétences — particulièrement celles touchant la santé et la sécurité au travail — s’imposent également comme essentielles. À cela s’ajoutent plusieurs attitudes, dont le sens des responsabilités, l’autonomie et la polyvalence, qui méritent d’être explicitement valorisées dans la formation.
Le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, soutient que « la formation d'une main-d'œuvre qualifiée est essentielle au développement de projets miniers de minéraux critiques et stratégiques, porteurs pour l'avenir du Québec ».
« Avec l'implantation de nouvelles technologies dans le secteur minier, les programmes d'études doivent être adaptés aux besoins et aux moyens de l'industrie. C'est par le développement des compétences pour assurer la relève que nous poursuivrons notre engagement à consolider l'expertise reconnue du Québec et à offrir des perspectives de carrière stimulantes avec des emplois bien rémunérés », a-t-il ajouté.
Cet ouvrage a été réalisé par l’Institut national des mines grâce à l’appui financier du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, dans le cadre du Plan québécois de valorisation des minéraux critiques et stratégiques.
Le rapport d’analyse du programme de formation consultable en cliquant ici.

Le conseiller à l’innovation et à la recherche à l’INMQ, Nicholas Théroux
Photo : gracieuseté
Quelques éléments de ce rapport
L’analyse repose sur deux volets : des entrevues avec cinq exploitations de lithium et de graphite ainsi qu’une consultation des deux centres offrant cette formation au Québec. La démarche s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan québécois de valorisation des minéraux critiques et stratégiques, qui fait de la formation un levier essentiel.
Les centres de formation soulignent plusieurs limites, dont l’absence de guides d’enseignement, des lacunes d’admission en sciences et en lecture technique, et une durée totale de 900 heures jugée insuffisante pour approfondir les modules complexes.
Le nom du programme crée aussi une confusion persistante avec la machinerie mobile. Enfin, les stages, limités à 105 heures, ne cadrent pas avec les horaires réels des usines, d’où la recommandation d’une structure en deux temps.
L’Institut national des mines appuie le gouvernement en renforçant, de manière concertée, la capacité et la qualité de formation de la main-d’œuvre minière.