Spatium Appetitus : le monde des champignons dans une exposition de Marie-Ève Martel
Dès le 28 novembre, le Centre d’exposition d’Amos présente Spatium Appetitus ou L’Appétit pour l’espace de l’artiste Marie-Ève Martel, originaire de Blainville. L’exposition met de l’avant les mycomatériaux et leur potentiel, et comprend plusieurs mé
Dès le 28 novembre, le Centre d’exposition d’Amos présente Spatium Appetitus ou L’Appétit pour l’espace de l’artiste Marie-Ève Martel, originaire de Blainville. L’exposition met de l’avant les mycomatériaux et leur potentiel, et comprend plusieurs médiums artistiques, tels que la vidéo, la photo, le dessin, le collage numérique et des installations.
C’est dans une exploration formelle, conceptuelle et poétique que l’artiste propose aux gens de découvrir le produit d’une recherche en cours qui s'inspire de l’art vivant et les mycomatériaux. « Le mycomatériel est une matière recyclée. Souvent, ce sont des résidus forestiers, par exemple du granule de bois, qui sont mélangés avec des résidus agricoles, comme des cosses de céréales. Ça peut être toutes sortes de matières recyclées, du coton, du carton, etc., de laquelle le champignon va se nourrir et grandir sur toutes sortes de substances. C’est donc un mot large qui englobe le fait de laisser pousser du mycélium, qui est le corps du champignon, sa partie racinaire qui est habituellement sous terre. Ce qu’on est habitué de voir, le champignon, eh bien! c’est le fruit. C’est un petit peu comme la pomme d’un arbre », explique l’artiste Marie-Ève Martel.

Les mycomatériaux sont utilisés dans la majorité des œuvres de Marie-Ève Martel. (Photo: Marie-Ève Martel)
Une fois que le mycélium a pris de l’expansion dans le substrat choisi, il est déshydraté au four, une étape durant laquelle le produit devient très dur et très sec. C’est de ce matériau que Mme Martel s’est servie pour fabriquer des îles vivantes qui flottent dans un bassin de l’exposition. « Certaines recettes de mycomatériel existent où le substrat est plus dur que le béton! Et ça flotte, et ça insonorise », ajoute-t-elle.
Les mycomatériaux sont présents dans quelques-unes des œuvres de Marie-Ève Martel. « Il y a aussi des sculptures dans l’exposition qui sont faites de mycomatériaux. Par exemple, j’ai fait deux moulins à prières (ou moulins à vœux) inspirés par les moulins à prières tibétains. » Elle qui s’inspire du monde des champignons pour créer a fabriqué une tente hydrofuge où elle cultive plusieurs types de champignons (pleurotes, hydnes corail et à têtes d’ours, etc.). Entre autres, elle s’en est servi pour filmer l’évolution des champignons et du blob, un cousin de ceux-ci. « J’essaie de faire courir le blob où je veux sur des formes que j’ai pétries avec l’agar-agar, mais comme tout être vivant, il fait pas mal toujours ce qu’il veut! Ce n’est pas facile à contrôler, mais c’est super amusant à voir aller. »
Qui plus est, des photographies, une installation avec des lumières ultraviolettes sur des matériaux photoluminescents, de la peinture et du dessin font également partie de l’exposition. « L’exposition est très variée en termes de médiums. »
Si elle a un message à transmettre avec son art? « Je veux essayer de déclencher l’imaginaire des gens. Je veux rappeler aux gens à quel point la nature est fascinante, à quel point il y a de la beauté dans le monde. C’est assez simple comme message, mais en même temps je pense que c’est ce qu’il y a de plus pertinent à faire avec l’art. »
Spatium Appetitus est exposée au Centre d’exposition d’Amos jusqu’au 11 janvier 2026.