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Remettre le poids des victimes sur les agresseurs

Layla Vallières sort de l’ombre avec son témoignage contre les violences sexuelles dans un communiqué de presse du CALACS-Abitibi. Elle profite de sa reprise de pouvoir que représente sa sortie publique pour transmettre un message d’espoir et de sout

Layla Vallières CALACS-Abitibi

Layla Vallières sort de l’ombre avec son témoignage contre les violences sexuelles dans un communiqué de presse du CALACS-Abitibi. Elle profite de sa reprise de pouvoir que représente sa sortie publique pour transmettre un message d’espoir et de soutien.

Dénoncer des actes d’agression sexuelle requiert du courage et un accompagnement professionnel, bienveillant et transparent. Layla Vallières s’exprime sur ses motivations à rendre publique son histoire malgré ses craintes d’être jugée et l’importance de la présence du CALACS-Abitibi dans le processus. « [Dénoncer,] ç’a été beaucoup d’hésitation parce que je suis mineure (j’ai juste 17 ans). Je ne suis pas avancée dans ma vie, je n’ai pas une job stable, je n’ai rien encore… je me disais que c’est quand même un gros titre, une agression sexuelle. J’avais peur des préjugés que ça pouvait engendrer, mais quand j’en ai parlé avec mon intervenante Andréane et le CALACS, elles m’ont vraiment aidée à démystifier mes peurs et mes craintes. »

Pour Layla Vallières, l’importance de parler de son histoire repose, entre autres, sur le besoin de se sentir entourée et de briser l’effet d’isolement créé par l’agression. Mais aussi, elle souhaite que son histoire fasse écho auprès d’autres victimes. « Une agression sexuelle, c’est rare qu’on en entende parler, c’est rare les femmes qui portent plainte, puis des femmes qui gagnent en justice. Je me suis dit que j’avais quand même une histoire rare, que je pourrais en profiter pour en parler et que ça sorte pour que le monde entende mon histoire. [À la suite de la sortie publique du CALACS-Abitibi sur leurs réseaux sociaux], j’ai pu voir combien de gens me soutiennent, que du monde pense à moi, que je ne suis pas toute seule là-dedans. Ça m’a vraiment aidée personnellement. Ce n’est pas égoïste, mais c’est un peu un bien-être personnel de me dire que je ne suis pas toute seule et qu’enfin du monde m’écoute. »

Le CALACS-Abitibi, un allié d’importance

« Le CALACS a été là du début à la fin. Depuis trois ans que je suis dans le processus judiciaire et, encore aujourd’hui, ils sont avec moi pour me prêter leurs locaux pour vous parler, pour me soutenir dans tout ce qui sort dans les médias, c’est fou. C’est vraiment hot de les avoir auprès de nous pour ça. » Qui plus est, la bienveillance des intervenants judiciaires a changé en mieux l’expérience de Layla Vallières. « Ce sont des montagnes russes [mais] j’ai eu un enquêteur « numéro un » qui a été là pour moi. Je me suis sentie écoutée, tout autant avec mon avocate. J’ai vraiment été entendue et soutenue. Je ne me suis pas sentie comme si j’étais un dossier comme un autre. [C’est rassurant] parce que c’était ma crainte. Autant avec le CALACS, que la procureure, que les policiers. […] Quand j’ai reçu le verdict de culpabilité, c’est là que j’ai réalisé que c’est long trois ans… mais ça a porté ses fruits. »

Des conséquences desquelles elle se relève tranquillement

Layla raconte que l’agression a eu plusieurs impacts sur sa vie qui sont allés jusqu’à modifier sa personnalité, mais que le processus de guérison et judiciaire lui a permis de retrouver qui elle est. « Avant de m’ouvrir et d’en parler à ma famille, j’ai eu une période très dure. Je suis tombée dans la consommation, mes notes à l’école ont chuté, je rencontrais des difficultés avec mes amis. J’ai [été prise] dans une tempête, un ouragan. Ça a été dur dans les relations avec ma mère. Ça a été long parce que… tu te sens écoutée, tu te sens comprise, mais tu es tout le temps dans le néant un petit peu, dans plein d’émotions. […] Le plus difficile c’était que, j’ai toujours été une jeune femme dynamique, joyeuse, avec de l’entrain, qui parlait fort, qui bougeait, qui « en avait dedans ». [Je me voyais dans le miroir] le matin et je me voyais dépérir. Je remarquais que je ne souriais plus, que je n’étais plus de bonne humeur, j’étais gelée tout le temps… ça fait mal de se voir soi-même dépérir. Puis, comme ça fait mal, tu recommences et c’est comme un cercle vicieux. »

Le message qu’elle souhaite transmettre

« Il faut en parler. Il ne faut plus que ce soit un sujet tabou, les agressions sexuelles. Il faut que la honte change de camp. Il ne faut plus que les victimes se cachent de cela [et qu’elles se souviennent] qu’on n’est pas le problème, c’est l’agresseur. Qu’on arrête de se dire qu’on est le problème [et qu’on se questionne à savoir] si on était mal habillées, si on l’a cherché. À aucun moment, on ne cherche une agression sexuelle. Personne ne devrait le vivre. Il y a de l’aide partout, allez en chercher. Aidez-vous à en sortir et ne restez pas seules. C’est la pire chose de rester seule là-dedans et de s’enfoncer. En groupe, on peut avancer et changer beaucoup de choses. Je veux que ma sortie publique aide des jeunes à en parler. […] Il faut remettre toute la pression que les victimes peuvent avoir sur l’agresseur. Il y a le CALACS. Venez m’écrire. On est une petite région, mais ensemble, on peut changer [les choses]. »

Pour visionner la vidéo de Layla Vallières en train de discuter de son processus avec son intervenante, rendez-vous sur les réseaux sociaux du CALACS-Abitibi.

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