Une campagne pour lutter contre la discrimination sous toutes ses formes
En concertation avec le Comité de sensibilisation face à la discrimination, une instance dédiée à la prévention, à la sensibilisation et à l’éducation populaire autour des propos et comportements discriminatoires, un groupe d’organismes s’allie pour
En concertation avec le Comité de sensibilisation face à la discrimination, une instance dédiée à la prévention, à la sensibilisation et à l’éducation populaire autour des propos et comportements discriminatoires, un groupe d’organismes s’allie pour la Journée internationale des droits de l'Homme. L’objectif de Ça s’dit pas! est d’expliquer pourquoi certaines paroles peuvent blesser, exclure ou reproduire des injustices, et ce, de manière bienveillante et accessible.
Composé de la Coalition d’aide à la diversité sexuelle de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Mosaïque interculturelle, du Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue (RFAT) et du Regroupement d'éducation populaire de l'Abitibi-Témiscamingue (RÉPAT), le Comité de sensibilisation face à la discrimination a présenté le 10 décembre dernier sa campagne Ça s’dit pas! lors d’un lancement visant à rencontrer la population et relancer du même coup la visibilité de la campagne Assez c’est assez.
La campagne Ça s’dit pas! « est née d’un besoin de faire des rappels concernant des propos qu’on peut avoir, qu’on ne veut pas discriminatoires. On est ailleurs de ceux qui sont facilement pointables du doigt », explique Mylène Baril-Mantha, coordonnatrice au RÉPAT. « On ne veut pas aller dans les évidences. Il y en a plusieurs, des phrases, qu’on n’a pas le droit de dire. On le sait pourquoi elles sont discriminatoires, pourquoi elles sont blessantes. On voulait aller plus loin, faire de la sensibilisation sur les choses qui ne sont pas claires pour tout le monde, dans le langage commun. »
Axée principalement sur l’éducation populaire, la campagne vise une sensibilisation et une compréhension de ce qui peut ou non blesser l’autre avec les mots. « En expliquant pourquoi ces choses-là ne se disent pas, on espère que les gens seront plus sensibles et plus ouverts au fait de modifier notre façon de parler parce que, finalement, c’est juste une habitude. Utiliser un terme ou un autre, c’est une habitude, ce qui fait que ça devient commun après ça. [Il faut] prendre conscience de pourquoi il y a des choses qui peuvent blesser quelqu’un. Pour nous, ça ne coûte rien de changer notre façon de parler, puis pour eux, ça leur fait moins mal », ajoute-t-elle.
Un lancement pour créer un symbole
Le lancement de Ça s’dit pas! aura eu une double vocation. « Le moment du lancement à l’Abstracto, c’est la ligne de départ » pour la campagne. Qui plus est, il était important pour le RÉPAT de rappeler le bien-fondé de la précédente campagne, Assez c’est assez qui leur semble toujours d’actualité, et ce, avec un visuel contenant des affiches et une capsule. « On veut les faire tourner dans les médias. On a approché le cinéma Paramount pour prendre un espace publicitaire avant [la projection des] films. Ça risque d’être une campagne présentée sur les plateformes numériques. »
La Journée des droits de l'Homme comme moteur d’inspiration
« On souhaite que la capsule circule », confie Mylène Baril-Mantha. En lançant le projet durant la Journée des droits de l'Homme qui se déroule en décembre, les astres s’alignent pour profiter des regroupements durant le temps des Fêtes pour faire circuler leur message. « C’est un beau moment pour se faire des rappels dans la bienveillance, dans l’éducation positive. Si on entend une personne de notre entourage qui tient ces propos-là, c’est un beau moment pour que le bouche-à-oreille se produise. »
Un appel à la collectivité
« Si des gens sont victimes de propos qu’ils trouvent discriminatoires et qui n’ont pas été couverts par la campagne, s’ils veulent entrer en contact avec nous [le RÉPAT] pour réfléchir à des actions concernant ces enjeux-là et ces discriminations dont ils sont victimes, ça nous ferait plaisir de prendre le vécu des personnes pour réfléchir à une prochaine campagne. […] On essaie de ratisser large et de toucher à tous les types de discrimination, mais plus il y a de cerveaux qui participent à ça, plus on peut aller loin », conclut la coordonnatrice du RÉPAT.