Communauté

Rouyn-Noranda s’en remet à l’expertise gouvernementale et presse la Fonderie à s’engager

La Ville de Rouyn-Noranda a indiqué le 17 décembre qu’elle suit attentivement l’évolution de l’autorisation ministérielle accordée à la Fonderie Horne, tout en rappelant qu’elle n’a pas pris part aux échanges entre le gouvernement et l’entreprise. El

François Legault avec Gilles Chapadeau

La Ville de Rouyn-Noranda a indiqué le 17 décembre qu’elle suit attentivement l’évolution de l’autorisation ministérielle accordée à la Fonderie Horne, tout en rappelant qu’elle n’a pas pris part aux échanges entre le gouvernement et l’entreprise. Elle précise s’en remettre à l’expertise des instances gouvernementales quant à la demande d’un délai supplémentaire de 18 mois pour atteindre la cible de 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air.

La Ville souligne par ailleurs que la responsabilité de l’autorisation ministérielle relève du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

Le maire réagit

Le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, soutient que « Glencore a adressé ses demandes au gouvernement, c’est donc à lui de répondre. Lors de son passage à Rouyn-Noranda, le premier ministre Legault se montre ouvert à consentir un délai de 18 mois pour atteindre la cible de 15 ng/m3 d’arsenic aux limites de la propriété de la Fonderie. Maintenant, c’est à l’entreprise d’investir rapidement et de poursuivre les travaux qui lui permettront d’atteindre cette cible le plus rapidement possible ».

La Ville reconnaît par ailleurs que la Fonderie souhaite bénéficier d’une plus grande prévisibilité à long terme. Si cet enjeu relève d’abord de la responsabilité du gouvernement du Québec, le conseil municipal estime néanmoins que l’entreprise devra poursuivre ses investissements et déployer l’ensemble des efforts requis afin de se rapprocher de toutes les normes applicables aux différents métaux prévues par le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère.

Une relation de confiance à reconstruire et un avenir à consolider

Le conseil municipal de Rouyn-Noranda considère que « la confiance envers Glencore est effritée actuellement et afin de rétablir une certaine cohésion sociale dans la communauté », il leur faut « un plan clair sur les prochaines étapes ».

« Nous demandons aux dirigeants de la Fonderie d’expliquer de façon précise et transparente comment ils comptent respecter les délais demandés. Nous voulons des garanties que les efforts pour réduire les émissions seront bel et bien faits à très court terme », fait valoir le conseil.

La Fonderie doit s’engager

Par ailleurs, la Ville de Rouyn-Noranda invite la Fonderie à s’engager sans délai dans la mise en place de mesures additionnelles visant à mieux protéger la population. L’accélération des travaux de décontamination des sols du quartier Notre-Dame constitue une priorité à court terme.

À moyen terme, le verdissement de la zone tampon doit également être assuré afin de réduire l’exposition des citoyens de ce secteur. Le conseil municipal réitère l’importance du Comité de vigie indépendant pour suivre l’évolution des travaux et des investissements.

Enfin, la Ville demeure préoccupée par la pérennité de la Fonderie. L’élaboration d’un plan de modernisation à long terme apparaît essentielle pour rassurer la population ainsi que les travailleurs. Le gouvernement du Québec doit concilier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux.

Écouter les citoyens inquiets

M. Chapadeau est « convaincu » qu’ils trouveront « une voie de passage. La Ville appelle les parties prenantes à faire preuve de sensibilité » à l’égard de la « communauté et des travailleurs de la Fonderie ».
« Plusieurs citoyens sont inquiets pour leur santé et nous devons les écouter. Nous demandons aussi aux instances de santé publique de voir les mesures supplémentaires qui peuvent être prises dans l’intervalle de l’atteinte de la cible de 15 ng, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. »

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