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Mines

Le renouveau passe par Nuvau

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Nuvau Minerals prépare la relance minière de Matagami en misant sur les infrastructures existantes, l’exploration soutenue et une vision à long terme axée sur le cuivre, le zinc et l’or, avec l’objectif de redémarrer la production à partir du complexe Caber et du gisement McLeod.

L’objectif stratégique de Nuvau est de faire de Matagami un centre de production durable de métaux critiques et d’or, en s’appuyant sur un héritage minier. « Nuvau s’appuie sur le camp minier de classe mondiale de Matagami. On parle de plus de 60 ans d’histoire minière, 12 mines exploitées, plus de 60 millions de tonnes extraites », résume le directeur des services techniques chez Nuvau Minerals, Bastien Fresia.

Héritage et stratégie

Cet héritage implique quelques aspects pratiques et économiques. Ce faible coût obtenu en s’appuyant sur les infrastructures en place laisse envisager un redémarrage simplifié et accéléré. « Les infrastructures de transformation, de transport et la culture minière sont en place à Matagami, il y a des ressources minérales déjà définies, d’autres dans le viseur de l’exploration », ajoute monsieur Fresia.

Nuvau s’appuie sur une « exploration agressive et ciblée pour accroître l’inventaire de ressources et définir un plan de mine de 15 à 20 ans qui justifie un redémarrage des opérations à faible coût en capital initial ».

Investissement fructueux

Environ 30 M $ ont déjà été investis en exploration à Matagami. Ce pécule a été utilisé à bon escient, selon Bastien Fresia. « Cet investissement a permis la découverte du gisement de Renaissance, gisement de sulfures massifs présentant, pour l’instant, un volume approximatif de 2,5 à 3 Mt. Ce dépôt est particulièrement intéressant alors qu’il se situe géographiquement près du complexe de Caber et pourrait être facilement inclus dans le plan de production du secteur, en bénéficiant des infrastructures du projet. »

Le complexe Caber

Le forage réalisé dans le complexe Caber répondait à une intention particulière. Les dépôts du complexe Caber ont été forés afin de « convertir les ressources existantes et de favoriser une meilleure définition des trois gisements qui le composent ».

Les travaux récents à McLeod ont permis d’approfondir la compréhension du gisement, comme le souligne monsieur Fresia. « Les ressources restantes du gisement de McLeod ont également été forées et l’extension du dépôt a été testée, montrant que le dépôt n’est toujours pas fermé en profondeur. »

Les efforts d’exploration menés sur le terrain et à l’aide d’outils géophysiques commencent à porter leurs fruits. La prospection géophysique et de terrain, ainsi que le forage de la couverture de surface, ont « établi de nouvelles cibles d’exploration dans des secteurs encore peu développés de la propriété, comme le camp central ».

Certaines zones jusque-là secondaires révèlent désormais un potentiel aurifère inattendu. « Notamment, les résultats anomaliques en or découverts dans les tills du secteur de McIvor. »

DB-Nuvau Minerals Photo Matagami City

La Ville de Matagami. (Photo : gracieuseté Bastien Fresia)

La mise à jour de sa PEA

Par PEA (Preliminary Economic Assessment), on entend l’évaluation économique préliminaire. Sa mise à jour a deux objectifs principaux :
• Primo : « inclure les résultats de forage de 2023 à 2025 qui n’étaient pas disponibles la dernière fois, permettant ainsi de confirmer que la stratégie d’exploration et de définition des dépôts du camp fonctionne et que notre inventaire de ressources est en croissance ».
• Secundo : « inclure les ressources de McLeod dans le plan stratégique de développement du camp minier. Ces ressources sont accessibles par des infrastructures déjà existantes, qui ne vont nécessiter que d’être réhabilitées, sécurisées et dénoyées ».

Le représentant de Nuvau Minerals juge que c’est « un atout dans le plan de redémarrage, avec un accès rapide à une production et à moindre coût pour financer le reste du développement ». La mise à jour de la PEA a pour but de consolider les hypothèses de la version antérieure, tout en intégrant les intrants techniques et économiques les plus récents sur les coûts et les revenus.

Elle constitue aussi un exercice d’analyse pour mettre en lumière les écarts, les risques et les opportunités que l’entreprise compte aborder en priorité au cours de la prochaine année. « Finalement, nous préparons notre information de base en vue d’avancer vers des études plus poussées et vers la production », observe cet ingénieur minier.

La PEA, ainsi que les études complémentaires et subséquentes, serviront à confirmer l’emplacement le plus approprié et à valider la faisabilité globale du projet. « Ce qui passera également par la concertation avec nos parties prenantes locales et régionales, le plus tôt possible dans le processus. »

Un contexte propice

Une dynamique relancée, des cibles affinées, un calendrier qui s’accélère. En effet, aujourd’hui, Nuvau est bien « placée pour mettre en valeur les terrains du camp de Matagami et dispose d’un panel de cibles aurifères et de métaux de base pour développer une campagne d’exploration cet hiver, notamment dans les terrains marécageux et difficiles d’accès en été ».

Modèle McLeod

Ce secteur a joui d’une mise à jour estivale. Des progrès ont découlé des forages réalisés l’an dernier. La mise à jour du modèle englobe les résultats des forages les plus récents.

« Malgré des épaisseurs moyennes plus modestes que celles du cœur du gisement — alors sous propriété de Glencore —, le nouveau modèle confirme l’extension du gisement en profondeur et latéralement. La présence de stringers (filonnets ou veinules minéralisées) de cuivre en profondeur est aussi confirmée. Par ailleurs, le gisement n’est toujours pas fermé. »

Bastien Fresia précise que la majorité des ressources du complexe Caber ont déjà été forées à une maille conséquente. Néanmoins, il est encore trop tôt pour se prononcer sur les résultats du travail de modélisation et d’estimation en cours.

En outre, « la classification des gisements du complexe avait été limitée par le manque d’études métallurgiques, ce qui limite la capacité des personnes compétentes à confirmer que le gisement pouvait être miné économiquement. C’est un manquement que nous planifions de combler dans les mois à venir. »

Quid des gisements secondaires ?

Il est prévu d’incorporer dans le plan minier les gisements secondaires (Renaissance, Daniel 25, Orchan West) et les découvertes aurifères de Bracemac.

« Ce sera chose faite dès l’année prochaine. Cependant, les gisements de Matagami sont définis à différents niveaux et présentent chacun des défis particuliers en termes d’accessibilité, d’infrastructure et de métallurgie. »

Chacun de ces gisements ne bénéficiera pas d’une PEA. Toutefois, « leur inclusion dans le plan de production global sera progressive et se fera à travers des études spécifiques, en conjonction avec les résultats exploratoires, en tenant compte des bénéfices économiques et des risques inhérents à chacun des projets. »

DB-Nuvau Minerals Photo Matagami Lake Winter

Le lac de Matagami l’hiver. Photo : gracieuseté Bastien Fresia.

L’or orogénique

Le secteur de Bracemac recèle de l’or orogénique en quantité à déterminer, mais il est « encore très tôt pour placer avec certitude l’or dans le mix de production futur. Pour l’instant, nous avons pu prouver que le camp de Matagami renferme des systèmes orogéniques qui étaient soupçonnés, mais qui n’avaient pas représenté d’intérêt majeur pour les précédents détenteurs des terrains. »

Le modèle exploratoire doit être développé. « Il reste à trouver et à définir des volumes d’intérêt, puis à les développer en gisements et en projets miniers potentiels, en définissant où et comment transformer ce minerai, car l’usine de Matagami n’est pas adaptée. Ce qui va demander un effort exploratoire, des études stratégiques et du temps pour transformer l’essai de manière convenable. »

Comme le martèle monsieur Fresia, « le cœur de la stratégie de redémarrage de Matagami reste l’exploitation des gisements de sulfures de cuivre et de zinc. »

Il apporte une nuance en ce qu’ils ont l’opportunité de mettre en valeur leurs terrains et de « développer des cibles et des gisements aurifères qui viendraient idéalement compléter le mix de production de la compagnie à moyen et long terme. L’or devient donc un catalyseur qui peut soutenir les activités de production et d’exploration de Nuvau. »

Une capacité de 3 000 t/jour

Cette capacité pourrait s’étaler sur une décennie. « Ce tonnage ne se réfère pour l’instant qu’au complexe Caber, avec une grande part venant du dépôt de Caber Nord. »

S’ajoute à cette production McLeod. « Elle va nous apporter un volume et une durée d’activité additionnels, encore à déterminer avec précision. Ensuite, les autres gisements disponibles doivent encore être définis et intégrés progressivement à cette courbe de production à long terme. »

De la PEA à la PFS

« La PFS (préfaisabilité) va suivre la PEA de près, dès l’année prochaine selon notre plan actuel. Notre stratégie est de mettre à jour la PEA, de l’utiliser comme un tremplin vers la PFS, pour identifier les risques et opportunités majeurs de notre projet. »

Parallèlement, Nuvau Minerals élabore des études complémentaires « pour fin 2025/début 2026, qui vont notamment concerner la gestion des eaux et des résidus miniers, la remise en marche des infrastructures de transformation et la métallurgie du camp ».

L’objectif desdites études consiste à « préparer des bases solides pour démarrer la PFS dans les meilleures conditions possibles, éliminer le maximum de risques dès le début des études avancées, tout en maximisant nos chances de tirer parti des opportunités disponibles. »

« La PFS sera suivie par une FS (faisabilité) et/ou une préparation opérative qui nous permettra de calibrer avec précision et de réunir la flotte d’équipements et les différents systèmes de contrôle, ainsi que les ressources humaines », annonce Bastien Fresia.
Avec une nuance : « le redémarrage des activités productives en tant que tel reste également soumis à la complétion de nos obligations en matière de permis environnementaux et sociaux. »

Environnement et coordination

Le parc à résidus demeure sous la responsabilité de Glencore. Le parc est plein et ne sera pas utilisé par Nuvau. Concernant les travaux de mise à niveau ou d’agrandissement avant le redémarrage, Nuvau a « identifié deux terrains propices à recevoir un potentiel nouveau parc à résidus. Ces terrains ont été présélectionnés en fonction de leur capacité à accommoder la production planifiée pour le projet et pour prendre en compte l’empreinte environnementale et sociale. » Le suivi environnemental, les inspections et la réhabilitation progressive du site participent de cette coordination.

« Beaucoup de détails sont encore en discussion et seront communiqués en temps et en heure ; aussi, je ne peux commenter que sur le plan actuel, appelé à changer dans le futur. »

Pour l’heure, Nuvau devrait assumer le suivi ainsi que la réhabilitation des terrains touchés par ses activités de production et d’exploration. « La gestion du parc à résidus historiques incomberait à Glencore, qui en resterait le propriétaire. »

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Le lac de Matagami l’été. Photo : gracieuseté Bastien Fresia.

Priorités 2025-2026

« Thunder Mine et notre cible de SMV dite du “Nez”, dans le camp central, sont nos priorités pour l’hiver, car ce sont deux cibles extrêmement prometteuses mais très difficiles d’accès en été, en raison de la nature marécageuse des terrains. » Suivra l’anomalie de Till, « avec du forage de reconnaissance pour mieux identifier les structures et lithologies potentiellement associées à l’anomalie dans ce secteur sous-exploré. » Enfin, « la zone de Bracemac est aussi dans le radar afin de définir le système associé à la découverte de cette année et de pouvoir orienter l’exploration des veines orogéniques associées. »

L’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle a émergé des profondeurs technologiques assez récemment. Elle s’applique également dans le monde minier et avec une importance croissante. « C’est un secteur très intéressant et qui bouge extrêmement vite.

Nous intégrons l’IA et l’hydrogéochimie à notre panel d’outils exploratoires, ce qui nous permet d’obtenir des perspectives différentes, hors des sentiers battus de l’exploration traditionnelle. »

Présentement, Bastien Fresia estime que « c’est encore un aspect en développement et nous travaillons activement à définir les approches et à calibrer les résultats des analyses obtenues par l’IA. »

Transfert et calendrier

« Le transfert de propriété est en cours de finalisation », garantit-il. Leurs prérogatives de 30 M $ d’exploration ont été accomplies en mars dernier. Par conséquent, ils travaillent actuellement sur un certain nombre d’étapes et d’exigences finales afin de transférer définitivement la propriété à Nuvau.

Et l’impact sur le montage financier du projet ? « Glencore va rester notre partenaire même après le transfert, il est donc dans l’intérêt de tout le monde de ne pas déranger le calendrier et de retarder le moins possible le redémarrage des activités de production.

Glencore recevra le concentré produit dans les affineries de Rouyn et de Valleyfield », conclut le directeur des services techniques chez Nuvau Minerals.

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