— Publicité —
icm-mine-body
Mines

De l’eau, de l’air et des étoiles : Westwood repense son empreinte

DB-Entrevue IAMGOLD Photo (1)

IAMGOLD transforme la gestion environnementale de la mine Westwood située à Preissac. De la biodiversité à la pollution lumineuse, l’entreprise mise sur des solutions locales — restauration progressive, recyclage de l’eau, éclairage écoresponsable — pour atteindre, à la fermeture du site, un bilan neutre de biodiversité fondé sur les engagements de la COP15. Entretien avec le directeur du volet développement durable chez IAMGOLD, Israël Gauthier.

Vous mentionnez avoir lancé récemment une initiative novatrice avec des objectifs ambitieux. Quelles en sont la nature et la portée concrète ?

C’est sur le plan de la biodiversité. L’initiative vise à rassembler plusieurs intervenants au niveau régional, tels que le Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT), l’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie (OBVAJ), l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), les ministères, la Ville de Rouyn-Noranda, Preissac, etc.

On a aussi les minières Eldorado Gold, La Ronde, etc. Le but de cette rencontre-là est de déterminer un système pour mesurer l'impact d'une mine sur la biodiversité et de pouvoir aussi mesurer l'impact positif d'une restauration d'un site.

Comment cette initiative s’intègre-t-elle à la stratégie de développement durable d’IAMGOLD ?

C'est directement relié à nos engagements avec un bilan net et neutre au niveau de la biodiversité avec comme référence l'année 2020 quand il y a eu la COP15. Tout cela est documenté dans notre rapport annuel de développement durable et dans nos engagements corporatifs chez IAMGOLD. Westwood fait partie de cet ensemble : l’initiative vient appuyer notre objectif d’obtenir, à la fin de la vie de la mine, un bilan neutre par rapport à l’année de référence 2020.

IAMGOLD affirme vouloir maintenir à Westwood des relations solides et durables avec les citoyens. Quelles actions récentes incarnent cette approche ?

Notre principal canal de communication avec les citoyens, c’est évidemment le comité de suivi qui rassemble la majorité des parties prenantes : des citoyens, des élus régionaux, la Ville de Rouyn-Noranda, Preissac et d’autres municipalités avoisinantes. Par le biais de ce comité, l’on communique concernant l'avancement de nos initiatives en restauration, notre gestion de l'environnement, les relations avec les communautés.

Le site est engagé dans le protocole Vers le développement minier durable (VDMD). Quelles améliorations tangibles ont été observées depuis cette adhésion ?

Le VDMD est un programme relié à l’Association minière du Canada. Ça permet aux sites qui en font partie de développer une gouvernance et des alignements clairs en lien avec tout ce qui touche à l’environnement et au développement durable. Concrètement, ça nous amène à mettre sur pied une politique de gestion de l’eau, une politique de prélèvement d’eau fraîche et une politique de gestion des résidus, avec un encadrement clair des procédures et des niveaux d’alarme appropriés pour pouvoir agir avant qu’une non-conformité ne survienne.

Quelles mesures ont été mises en œuvre à Westwood pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer l’efficacité énergétique ?

On a beaucoup d'initiatives en cours : la ventilation sur demande (VOD) sous terre qui va réduire quand même significativement la consommation d'énergie électrique. On va aussi évaluer la possibilité de réduire le gaz naturel pour le chauffage des différentes infrastructures. On est dans le programme avec différents ministères pour la réduction de toute consommation énergétique. Quant aux gaz à effet de serre, on s’aligne vers l'électrification de certains de nos véhicules. On a déjà commencé.

La gestion de l’eau constitue un pilier de vos engagements environnementaux. Quelles solutions innovantes avez-vous introduites pour réduire, réutiliser ou traiter les eaux minières ?

On a un système de traitement qui pompe l’eau directement de nos fosses. On la traite dans la tuyauterie de pompage, puis on lui laisse un temps de résidence dans notre parc à résidus principal. Ça permet d’amener l’eau à une qualité suffisamment élevée pour pouvoir l’envoyer à l’effluent final. On évite ainsi de la traiter dans une zone plus énergivore, qui consommerait davantage de produits chimiques. Ensuite, on a des projets de recirculation de l'eau. Quand l'eau est propre, on la recircule pour alimenter l'usine et notre mine souterraine. C’est pour éviter le prélèvement d'eau fraîche dans la rivière Bousquet. Notre objectif est de réduire d’ici 2030 de près de 50 % notre prélèvement d’eau à la rivière Bousquet.

IAMGOLD collabore avec le Parc national d’Aiguebelle. Quelles mesures concrètes mettez-vous en place pour réduire la pollution lumineuse autour du site de Westwood ?

Au niveau de la pollution lumineuse, le parc d’Aiguebelle est en train d'être certifié comme un parc nuit étoilée. Nous participons activement avec eux. Il y a des changements de type d'éclairage qu'on fera dans les prochains mois/années pour remplacer nos éclairages par des éclairages qui respectent les critères du parc d’Aiguebelle. Lorsqu’il y a des fins de semaine critiques pour le parc, notamment lors d’activités d’observation du ciel ou de mesures liées à la certification « Ciel étoilé », on réduit notre éclairage directement sur le site.

On éteint certains secteurs pour limiter encore davantage l’impact lumineux. C’est un partenariat concret que nous entretenons avec le Parc d’Aiguebelle. Au niveau de la biodiversité et restauration, on communique fréquemment avec eux. D’ailleurs, le directeur du parc d’Aiguebelle, Frédéric Bilodeau, est un membre de notre comité de suivi.

Le résident le plus proche habite à trois kilomètres du site minier d’IAMGOLD.

Comment vos plans de fermeture et de restauration évoluent-ils pour intégrer davantage de pratiques durables et de biodiversité ?

Notre plan de restauration a été modifié dans les dernières années pour adopter une vision de restauration progressive. À mesure que la mine opère, une fois que le parc à résidus est rempli, on débute la restauration. On initie les demandes de permis auprès du ministère. Une fois le permis alloué, on démarre la restauration. On l’a fait à Mouska, à côté de Westwood. Là-bas, on est à la dernière étape de restauration : la végétalisation. On s’est fait aider par une firme d’ingénieurs agronomes. On a vraiment des zones qui ont été déterminées en fonction de la qualité du sol, de la proximité d'un cours d'eau, de tel type de conifères, etc.

L’un des défis historiques de Westwood concerne la sismicité souterraine. Quelles solutions techniques récentes ont permis d’en réduire les impacts environnementaux et sociaux ?

Depuis 2021-2022, on utilise l’algorithme Westwood. C’est un système de suivi sismique et de compréhension de la nature de la roche et du gisement, qui nous permet de mieux gérer toutes les conséquences possibles.

IAMGOLD indique vouloir valoriser les résidus miniers et améliorer la gestion des déchets. Où en êtes-vous sur ce volet ?

On est encore dans le processus d'études. C'est toujours un défi de valoriser les résidus miniers dans le sens où le site Westwood présente des résidus qui peuvent être générateurs d’acides. Donc, c'est beaucoup plus difficile de valoriser ces résidus-là. On est encore en recherche pour voir comment on peut utiliser ces résidus dans un développement durable.

À lire aussi