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Mines

Découvrir la métallurgie sous un nouveau jour

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Trentenaire formée en développement de carrière et en communication, Sarah Bouchard œuvre depuis 8 ans comme chargée de projets au Comité sectoriel de main-d’œuvre de la métallurgie du Québec (CSMO-M). Elle pilote aujourd’hui la campagne Pas de métal, pas de…, une initiative qui vise à faire découvrir la métallurgie sous un jour nouveau, à susciter la fierté du milieu et à ouvrir la voie aux femmes dans un secteur encore trop méconnu.

Comment est née l’idée de la campagne « Pas de métal, pas de… » ? Quelles réalités ou urgences du secteur ont motivé cette initiative ?

Le projet de la campagne a vu le jour il y a plus de cinq ans. C’était vraiment la volonté de l'industrie de mieux se faire connaître pour les raisons qui peuvent nous rendre fiers de cette industrie très présente au Québec. C’était la nécessité de parler de ce que cela apporte dans le quotidien des gens, de rendre ça plus concret pour l'ensemble du public. En tout cas, l’intérêt du public pour ce qu’on fait est réel. Les jeunes sont curieux.

Quels sont les principaux messages que vous cherchez à faire passer auprès du grand public à travers cette campagne?

Le titre est évocateur. En somme, sans les métaux, il n’y a pas grand-chose finalement. On souhaite éveiller l'intérêt pour le secteur métallurgique et métallique. Donc, on est plusieurs organisations derrière cette campagne-là (comité PERFORM et Aluquébec).

On veut absolument générer la fierté de participer aux progrès de l’industrie. Ne serait-ce que pour la 1ʳᵉ transformation des métaux, on parle de plus de 20 000 emplois. Ce sont 20 000 personnes qui travaillent à développer les métaux. On désire développer l'accessibilité aussi et les opportunités d'emploi.

Ce n'est pas un secteur qu'on voit dans notre vie courante. C'est le milieu industriel qui n'est pas représenté nécessairement dans les médias, à la télé, au cinéma, dans la littérature.

Il y a le volet qui touche les Industrielles, soit les femmes dans les métiers des métaux. Il y a un côté axé sur les sciences qu'on a envie de mettre de l'avant. On veut normaliser la présence des femmes en sciences et en industrie.

Évidemment, il faut déconstruire les fausses perceptions liées au secteur. Et souligner la valorisation des matériaux et du savoir-faire.

Les contenus que vous mettez de l’avant couvrent des portraits, des « métiers hallucinants », des fiches pédagogiques, etc. Quels critères éditoriaux et d’impact utilisez-vous pour sélectionner et prioriser ces formats ?

Dans cette campagne, on ne veut pas mettre tous nos œufs dans le même panier. On veut assurément trouver plein de petites stratégies pour aller percer les bulles des gens.

Dans le contenu Web, il y a pour sûr une grande compétition pour tenter de percer les bulles du public. Le volet terrain, c’est post-pandémie. On se dit qu’on a certes pris une place sur le Web où tout le monde veut être et partager ses contenus. Mais concrètement d'aller ouvrir le dialogue avec les gens sur le terrain dans les régions où se trouve finalement la relève est l’un de nos objectifs.

La rubrique « Univers de l’innovation » et les autres univers métiers servent à montrer, de façon concrète, l’apport des métaux et des carrières associées. Comment exploitez-vous ces univers pour lever les stéréotypes et attirer davantage de jeunes femmes vers la métallurgie ?

Nous avons des capsules interactives. Ça a été développé initialement dans notre volet deux. C'est un volet sur les métiers et professions orienté vers le grand public, surtout la jeune relève.

L’idée est de plonger dans un environnement de travail : suivre par exemple un machiniste ou un technicien en génie métallurgique à travers une courte séquence autour des tâches à accomplir. On y montre le profil requis, les outils à connaître. C’est pour s’imaginer ou se projeter dans ce métier.

La campagne s’adresse à un public large, mais comment adaptez-vous le ton et les supports lorsqu’il s’agit de sensibiliser spécifiquement les femmes ou les jeunes filles à la métallurgie ?

On mise beaucoup sur les valeurs, les aptitudes. On a un organisme, le comité consultatif Femmes avec lequel on s’est allié pour le volet 3. On entend dire que les femmes ont davantage besoin de se sentir utiles à la société. On souligne cela à travers l’apport des métaux grâce auxquels on peut développer de nouvelles prothèses, des matériaux antibactériens qui empêchent les microbes de se propager dans les centres de santé, etc.

Qu’entend-on par le mot métallurgiste ? Combien de professions ?

La profession de métallurgiste est très variée : ouvrier (formation professionnelle), technicien (formation technique), ingénieur (formation universitaire).

Dans votre expérience de terrain, quels stéréotypes persistent encore lorsqu’il s’agit d’orienter des filles vers la soudure, la fonderie ou l’usinage ?

C’est lié essentiellement à la capacité physique de porter des charges parce qu’elles ne seraient pas assez fortes. C’est une idée assez répandue. Mais les progrès font que la technologie nous aide. La charge maintenant est plutôt sur les appareils que portée par un humain. Cela dit, plusieurs métiers ne nécessitent pas de porter des charges lourdes.

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans cette mission de promotion des femmes dans la métallurgie ?

C’est motivant de contribuer ne serait-ce qu’un minimum à s’assurer que les femmes aient l’opportunité d’accéder à des carrières super intéressantes partout au Québec. Dans notre campagne intitulée « Les Industrielles », on parle de femmes astucieuses, manuelles et qui souhaitent être plus libres : la liberté financière, la liberté d’être ce qu’on veut être. Personnellement, ce point est très porteur.

En somme, le message est que je peux m'accomplir, être autonome en faisant fi de ce qui peut être perçu comme traditionnel ou non traditionnel.

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