Émile Bilodeau livre son spectacle en région
Les 4 et 5 février 2026, Émile Bilodeau présente son spectacle Bill aux îles respectivement à Rouyn-Noranda et à Val-d’Or en formule homme-orchestre.
Les 4 et 5 février 2026, Émile Bilodeau présente son spectacle Bill aux îles respectivement à Rouyn-Noranda et à Val-d’Or en formule homme-orchestre.
L’importance de jouer seul, pour Émile Bilodeau, revêt une motivation artistique bien à lui. « J’ai commencé la musique en jouant du drum. Et chaque fois que je faisais des albums, je mettais le dossier “Drum” entre les mains de professionnels et, des fois, je me disais : “Oh, mon dieu, cette partie-là, je l’aurais jouée différemment.” Par exemple, la fin de certaines chansons. Là, j’ai enfin la chance de réaliser l’arrangement de drum que j’ai en tête depuis toutes ces années. Donc, c’est vraiment pour moi un show bonbon qui me permet de montrer qu’au-delà des mots, je suis capable de bien maîtriser la musique. »
Outre la maîtrise musicale dont il fait preuve, le spectacle Bill aux îles lui permet « d’emmener [le public] avec moi dans mon délire » et de livrer une performance de multi-instrumentiste. Mis en scène par Hubert Proulx, le spectacle le rend « libre dans mon improvisation, mais j’ai quand même des lignes directrices ».
Le plaisir d’Émile Bilodeau avec son concert est remarquable. « On réarrange les vieux succès et on s’amuse. Il y a du piano, du ukulélé, de l’harmonica, de la percussion aux pieds… beaucoup d’instruments en même temps ! Mais cet album-là, je dois dire, Bill aux îles, toutes les pièces sont jouées. C’est très ancré dans mon aventure insulaire des dernières années. Je suis allé souvent là-bas et j’en parle beaucoup dans mon spectacle. »
Sa chanson Check-list fait partie de celles qui lui fait le plus envie de partager avec le public. « Ça parle de notre société de performance, de toutes les choses qu’on doit cocher avant de mourir. Ce que j’aime de cette chanson-là, c’est qu’il y a de l’harmonica. Dans mon interprétation, vers la fin, j’embarque dans une ambiance plus absurde parce qu’il faut que j’arrive à interpréter quelqu’un qui est essoufflé d’essayer de réaliser tous ses buts. Donc, à la fin, je me fais vraiment un gros plaisir à jouer un homme dépassé par ses intentions. »
L’équilibre entre intensité et intimité aura été atteint grâce à la mise en scène de Hubert Proulx. « Je suis un gars super énergique et, au-delà des textes que je suis fier, j’aime ça montrer que je suis très engagé dans mes interprétations. Donc, est venu un moment, pendant qu’on montait le show, où on réalisait qu’on était peut-être trop assis, peut-être trop statique. La part des moments de déplacement et d’intensité me permet de mieux assumer les moments tranquilles, les moments intimes. Donc, le fait de courir pendant mon show, j’y prends plaisir parce que je sais qu’après je vais m’asseoir pour deux tounes. Et quand ça fait quatre tounes que je suis assis, j’y prends plaisir parce que je sais qu’après je cours pendant deux tounes. C’est vraiment un spectacle qui est bien monté et qui suit mon énergie, up and down. »
C’est un spectacle qui lui donne l’occasion de se montrer tel quel, selon « l’actualité, des fois, je suis plus grand-gueule et, des fois, je suis plus introverti, dans le sens où mon spectacle a été écrit dans le but de rentrer plus dans la rencontre avec ma blonde, par exemple, ou encore avec mon lien avec le territoire. Mais, parfois, quand l’actualité est débordante, quand vient le temps de chanter des chansons comme América ou J’en ai plein mon cass, ou même Faire la paix, bien là des fois ça prend une tournure un peu plus politique. […] Je suis très, très lié avec le monde qui m’entoure. »
Dans quel état d’esprit souhaite-t-il que le public sorte de son spectacle ? Dans un sentiment « de solidarité, ce côté-là où on s’est rassemblés pendant une heure et demie derrière de la musique québécoise. J’écoutais Gab Bouchard en entrevue à Tout le monde en parle et c’est vraiment ça notre job : de faire en sorte que les gens oublient leurs tracas, oublient l’intensité internationale pendant qu’on fait notre spectacle. Sortir avec du bien-être et le cœur réchauffé de musique d’ici. »