Culture

Une exposition de l’éphémère

Les photographes Jean et Alexandre Caron présentent leur travail artistique dans une exposition père-fils, dans les locaux de L’Accalmie chez Juliette à La Sarre. Sous le titre Art et lumières, l’exposition sera présentée jusqu’au 16 mars 2026.

Alexandre Caron et Jean Caron

Les photographes Jean et Alexandre Caron présentent leur travail artistique dans une exposition père-fils, dans les locaux de L’Accalmie chez Juliette à La Sarre. Sous le titre Art et lumières, l’exposition sera présentée jusqu’au 16 mars 2026.

S’inspirant de leur travail de photographes événementiels et corporatifs, Jean et Alexandre Caron ont ciblé les photos qui correspondaient le moins aux demandes de leurs clients, c’est-à-dire celles qui sont « plus artistiques et [qui] nous parlaient le plus à nous en tant qu’artistes, plutôt que d’un côté corpo, tape à l’œil », selon Jean Caron.

La ligne directrice de l’exposition est le lien à la région, par la couverture d’événements régionaux. « Ce sont tous, soit des artistes de l’Abitibi-Témiscamingue, soit des spectacles qui ont été présentés en Abitibi. Que ce soit en danse, en chanson, etc. », résume-t-il.

Mais quel genre de photos devient artistique, si elles sont toutes prises dans un même contexte événementiel ? « Je dirais qu’il y a deux photos avec lesquelles je suis vraiment tombé en amour. Une d’Alex Pic de Lubik, où on le voit de dos, juste les bras dans les airs avec toute la foule en arrière. Cette photo-là me parle beaucoup. Je trouve que ça représente vraiment bien le bonhomme. Il y a une photo aussi de Jean Racine, qui est un chansonnier depuis les années 1970 si je ne me trompe pas, et qui a fait de la musique toute sa vie et qui a attendu un beau gros 40 ans avant de sortir son premier album. La photo est un portrait de son visage juste quelques secondes avant que le show commence. »

Alex Pic Crédit Jean caron

L’une des deux photos préférées de Jean Caron. (Photo : Jean Caron)

S’influencer pour s’améliorer

Le secret de Jean et Alexandre Caron, pour progresser dans leur art, est de travailler ensemble et de chercher à impressionner l’autre. « Mon fils est passé d’un amateur qui apprend à un professionnel en vraiment pas beaucoup de temps. Donc, on est comme deux à repousser nos limites. On veut tout le temps que la photo plaise à l’autre. Faut tout le temps augmenter notre niveau, si tu veux. Parce qu’on est habitués à en voir des photos… on en prend énormément chaque jour. J’ai tout le temps le désir d’impressionner », confie Jean Caron.

Leur motivation, « c’est vraiment d’immortaliser un moment, quelque chose qui ne reviendra plus. Être capable de pogner cette fraction de seconde là, soit de triomphe, soit de performance… c’est extrêmement éphémère, une performance. Ça dure une heure, ça dure deux heures et, après ça, ça tombe dans le tiroir des souvenirs. »

Jean Racine crédit Jean caron

La seconde photo préférée de Jean Caron. (Photo : Jean Caron)

Percevoir et ressentir

Pour Alexandre Caron, ce qui l’anime le plus dans le travail de photographe et qu’il souhaite transposer dans cette exposition est le fait de « voir le moment sous un autre angle, une beauté qu’on ne remarque pas ou à laquelle on ne pense pas. » Parce que son rôle de photographe événementiel l’amène à être spectateur, sans être dans le public, sans être dans l’organisation non plus. « C’est une espèce d’état de rôle que je trouve assez spécial et qui vient me chercher beaucoup. »

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