— Publicité —
icm-mine-body
Éducation

Sous le toit du Finish Hall : une diaspora qui a marqué la ville

Photo1

L’histoire de Rouyn-Noranda est marquée par une richesse culturelle issue de la présence de nombreux groupes venus travailler dans la région, et parmi eux, les Finlandais occupent une place importante. Leur arrivée dès les années 1920 contribue à créer une société cosmopolite, multiculturelle, où les personnes immigrantes jouent un rôle déterminant dans le développement et le peuplement de la ville.

Rouyn-Noranda, une ville ouverte

L’arrivée des Finlandais à Rouyn et à Noranda coïncide avec une conjoncture particulière. Dès les années 1920, l’Abitibi-Témiscamingue devient beaucoup plus diversifiée que d’autres régions du Québec de l’époque. L’historien Benoît Beaudry-Gourd explique que le besoin de main-d’œuvre, comblé par l’immigration dans les villes de Rouyn et de Noranda, « crée une société beaucoup plus ouverte, cosmopolite », où les personnes immigrantes occupent « un rôle déterminant dès le départ dans le développement et le peuplement de la région ». Cette ouverture culturelle constitue l’une des spécificités de Rouyn, surtout lorsqu’on la compare au Témiscamingue voisin, dont la population est alors composée majoritairement de catholiques canadiens-français.

Les salles communautaires, lieux de rassemblement des diasporas

La ville accueille, dès ses débuts, plusieurs groupes ethnoculturels comme les Allemands, Italiens, Polonais et Finlandais, qui commencent à mettre en place leurs propres lieux de rassemblement. Ces salles constituent un moyen essentiel de maintenir les traditions d’entraide des diasporas, d’organiser des activités et de structurer la vie communautaire. Elles permettent également de préserver la culture, puisque des cours y sont donnés afin de transmettre les coutumes aux jeunes générations. La communauté finnoise suit cette dynamique en développant un lieu culturel dès les années 1920.

Photo2

La salle communautaire finlandaise n’était pas la seule institution de la diaspora. Les Finlandais pouvaient aussi se rencontrer au bain à vapeur, le « Steam Bath ». Cette photo prise entre 1927 et 1928 présente l’établissement opéré par William Koivu. P123_S1_P121-BanQ-Rouyn-Fonds Fonderie Horne

Le Finish Hall

La salle communautaire finlandaise, ou comme on l’appelait à l’époque le Finish Hall, a été fondée en dans les années 1920 (plus haut on retrouve l’info sur la date, mieux c’est) par les Finlandais des villes jumelles. Ce club situé sur la rue Mgr Tessier Ouest était un lieu de rassemblement servant à des danses, des spectacles notamment. L’institution ferme à la fin des années 1940. Au temps de sa fermeture, le Finish Hall a été saisi par le gouvernement fédéral, car l’organisation fut déclarée illégale.

La presse de l’époque permet d’éclaircir cette mystérieuse mise sous tutelle. Le journal La Gazette du Nord publie en 1932 un papier permettant de croire que les membres du Finish Hall fricotaient avec des agitateurs communistes. Le Devoir réitère cette information en publiant, le 9 décembre 1933, un article dans lequel le Finish Hall est encore dépeint comme une organisation proche du communisme. La déclaration de l’illégalité du lieu a peut-être un lien avec les affiliations sulfureuses de divers membres. L’organisation vend finalement le bâtiment en 1947, qui sera ensuite occupé par la Légion de 1951 à 2006.

Les Finlandais, une influence durable

De façon plus large, la création d’une salle communautaire par une diaspora finlandaise, estimée à quelques 185 âmes au début des années 1930, est le symbole d’une transformation très rapide d’une ville dont la destinée est fortement influencée par ces travailleurs étrangers, ces « Fros ». Rouyn-Noranda se démarque depuis maintenant près de 100 ans par sa richesse culturelle, et la communauté finnoise a sans aucun doute laissé une marque indélébile sur la ville. Au fil des années 1950, la diaspora finlandaise et plusieurs autres diasporas des pays européens se sont intégrées à la communauté anglophone de Rouyn-Noranda.

À lire aussi