La Ville de Rouyn-Noranda se positionne en faveur du plan de François Legault
Le conseil municipal de la Ville de Rouyn-Noranda a donné, le lundi 9 février, son appui à la proposition de François Legault de prolonger de sept ans l’autorisation ministérielle de la Fonderie Horne.
Le conseil municipal de la Ville de Rouyn-Noranda a donné, le lundi 9 février, son appui à la proposition de François Legault de prolonger de sept ans l’autorisation ministérielle de la Fonderie Horne.
Lors d’un conseil municipal très houleux, ce lundi 9 février, les membres du conseil de la Ville de Rouyn-Noranda ont annoncé leur décision devant près d'une centaine de personnes entassées à l’hôtel de ville, dans le dossier très épineux des émissions d’arsenic de la Fonderie Horne. Le maire Gilles Chapadeau a ouvert la séance en mentionnant qu’une décision avait été prise à la majorité. « On a pris cette difficile décision pour le bien de nos citoyens, le maintien de centaines d’emplois et la vitalité de notre communauté. Nous espérons que cette décision va mener vers une amélioration de la qualité de l’air dans les délais prescrits. Nous annonçons que nous appuyons la proposition du gouvernement Legault d’accorder une prévisibilité de sept ans à l’entreprise Glencore propriétaire de la Fonderie Horne afin qu’elle atteigne 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube. Nous souhaitons enfin tourner la page sur cette crise qui dure depuis plusieurs années. J’ai parlé avec M. Legault aujourd’hui et je lui ai fait part de notre décision », a mentionné le maire Chapadeau sous un mélange d’applaudissements et de huées.
Position difficile
Rappelons que devant l’incertitude créée par l’annonce de la suspension des investissements de Glencore à la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda le 3 février dernier, le gouvernement du Québec a réitéré qu’il était prêt à agir afin d’assurer le maintien des activités de l’entreprise dans la région et la protection des emplois, à condition que Glencore fasse aussi sa part et que la Ville de Rouyn-Noranda, comme gouvernement de proximité, se prononce sur l’acceptabilité sociale.
François Legault, premier ministre du Québec et responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, a transmis ses propos via communiqué le jeudi 5 février dernier : « Nous sommes conscients de l’impact de la Fonderie Horne sur l’économie de l’Abitibi-Témiscamingue. Nous avons tous le même objectif : protéger les nombreux emplois qui y sont rattachés, tout en nous assurant de la santé de la population. Nous sommes prêts à faire un pas important en accordant sept années de prévisibilité à l’entreprise, mais celle-ci doit aller de l’avant avec ses investissements. Les élus municipaux ont aussi la responsabilité de confirmer l’acceptabilité sociale de la norme d’émission de la fonderie. »
Des citoyens divisés
La période de questions accordée aux citoyens a vu défiler des défenseurs de la Fonderie Horne et des opposants. Plusieurs travailleurs et gens d’affaires sont venus témoigner de leur attachement à cette usine qui est à l’origine de la ville de Rouyn-Noranda. L’organisme Mères au front, qui avait annoncé sa présence à ce conseil municipal plus tôt dans la journée, comptait des dizaines de sympathisants dans la salle. Tour à tour, les membres du groupe sont venus au micro pour manifester leur déception et leur mécontentement. Pendant plus de deux heures, les membres du conseil municipal ont entendu les commentaires de dizaines de citoyens tantôt contents, tantôt déçus, voire en colère. La tension était palpable dans la salle et de nombreux participants semblaient surpris que la Ville ait pris une décision aussi rapide en réponse à la demande du gouvernement Legault. En conclusion, le maire Chapadeau a rappelé qu’il y avait urgence d’agir et que tout le monde souhaite une meilleure qualité de l’air à Rouyn-Noranda.