Une murale pour illustrer la diversité
Le 4 février dernier, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue présentait sur ses réseaux sociaux la nouvelle murale du département de Technique de Travail social. Réalisée par l’artiste anicinabe Katie Tebiscon, en collaboration avec l’organisme Minwashi
Le 4 février dernier, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue présentait sur ses réseaux sociaux la nouvelle murale du département de Technique de Travail social. Réalisée par l’artiste anicinabe Katie Tebiscon, en collaboration avec l’organisme Minwashin, cette murale prend part à des démarches d’autochtonisation du programme déjà en cours.
Dans le cadre du projet d’autochtonisation du programme, de nombreuses actions sont mises en place depuis quelques années. Entre autres, il y a eu la refonte du programme, avec la création de nouveaux cours notamment, l’ajout d’affiches annonçant les lieux en langue anicinabe et, maintenant, l’ajout de cette murale directement dans le département de travail social.
« Ce sont toutes des mesures qui visent à ce que les Autochtones qui viennent chez nous se sentent les bienvenus et accueillis, qu’on a un intérêt pour eux. Et d’apprendre aux non-autochtones la réalité. Ce sont nos cousins, ils sont dans la même région que nous. Et on ne les connaît pas tant que ça », précise Benoit Lavergne, enseignant dans le programme technique de travail social et ancien coordonnateur du département de technique de travail social. Ce dernier avait des heures libérées dans son horaire dans les dernières années pour effectuer l’autochtonisation du programme de Technique de travail social.
Venant, de base, de la part du ministère de l’Éducation, la question de l’autochtonisation du programme a également permis d’entreprendre des démarches pour étendre le projet à tout le département physique. « En département, on s’est demandé si on pourrait profiter de l’occasion pour intégrer du contenu et mieux accueillir les étudiants autochtones de la région, et mieux comprendre leur réalité. Tout le département était d’accord pour faire ça », déclare M. Lavergne.
L’objectif avec la création de la murale était d’inspirer un sentiment de sécurité aux étudiants autochtones, « dans un optique de sécurisation culturelle d’abord, pour les étudiants des premiers peuples qui vont venir étudier en travail social et, de l’autre côté, on voulait pouvoir sensibiliser aussi. […] C’était dans une optique de créer des ponts », affirme Adeline Laquerre, coordonnatrice du département de Technique de travail social.
C’est grâce au travail de l’artiste Katie Tebiscon que la murale a vu le jour. « On a collaboré avec l’organisme Minwashin pour trouver un ou une artiste qui pourrait venir réaliser une œuvre sur les thématiques de la diversité, la bienveillance, l’accueil. Minwashin nous a permis de trouver Mme Tebiscon », explique Mme Laquerre. « Elle est venue passer deux jours complets dans le département de travail social. Ça lui a permis de rencontrer les étudiants aussi. Ça a amené des occasions de rencontre. On a pris le temps de dîner avec elle pour qu’elle puisse nous parler de sa réalité, de sa vision, de sa démarche artistique. »
Mme Tebiscon avait carte blanche pour le projet. Seulement la thématique de la diversité lui avait été donnée, et les définitions de personnes d’une vingtaine d’étudiants du département. Selon les mots de l’artiste, repris par Mme Laquerre, « sur l’œuvre, il y a deux personnes qui se tiennent la main. Ça, ça représente la connexion. Elles échangent aussi leur souffle, même chose. La tortue représente la vérité, qui est une des sept valeurs de base anicinabe. Puis, elle a dessiné des fleurs qui poussent [à partir] des deux personnes. Ça représente le fait que les gens grandissent à travers la connexion, à travers la vérité. »
Ce qui est souhaité que les gens ressentent en passant devant la nouvelle murale ? « J’aimerais que les étudiants autochtones, issus de la diversité culturelle et sexuelle, se sentent accueillis et respectés, que ce soit un espace sécuritaire où ils sont les bienvenus, toujours. Et que pour que les autres comprennent qu’il faut être ouvert aux réalités des autres et rester à l’écoute », conclut M. Lavergne.
La murale servira de point d’ancrage à une seconde phase du projet, étant la création d’autres œuvres pour les locaux d’intervention individuelle dans le département. Le point de départ sera également la diversité.