Culture

Les shafts de mine au cœur d’une exposition

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Du 15 février au 24 mai 2026 sera présentée l’exposition de l’artiste photographe Lucie Ruelland, originaire de La Sarre, Shafts : l’Abitibi-Témiscamingue et ses mines, au Musée minéralogique de Malartic. Plus qu’une exposition, ce sont littéralement les archives photographiques des chevalements de mines régionaux qui seront mis de l’avant.

Étudiante en architecture à l’Université de Montréal en 1976, Lucie Ruelland participe à une exposition nommée Mémoires de la rue. Elle s’occupe de la recherche d’archives et du montage de l’exposition, qui porte sur les bâtiments et les activités se déroulant, entre autres, sur la rue Sherbrooke à Montréal.

Plus tard, alors qu’elle est en vacances d’été en Abitibi, elle parcourt la région minière, de Rouyn à Duparquet, avec son professeur d’architecture. C’est lui qui durant ce road trip, ayant vu son travail lors de l’exposition et à l’université, lui suggère de demander une bourse pour photographier les chevalements de mine qu’ils croisent, bourse qu’elle a obtenue. Elle s’inspire à cette époque d’un livre de photographies de structures industrielles publié par les photographes allemands Hilla et Bernd Becher.

« En 1977, je suis venue m’installer […] sur le bord de la rivière Duparquet, avec mon copain de l’époque. Là, je me suis acheté une auto pour 350 $ et j’ai parcouru la faille Cadillac de Duparquet à Louvicourt, de fin juin jusqu’à début décembre. » De ce trajet sont nées les photos de l’exposition d’aujourd’hui, Shafts : l’Abitibi-Témiscamingue et ses mines. En revanche, après avoir pris ces photos, Mme Ruelland est retournée à Montréal poursuivre ses cours, son stage, débuter sa carrière d’architecte, enseigner… Par conséquent, « ces archives sont restées un peu inactives ».

À ses vacances d’été, l’année suivante, « quand je suis retournée à Normétal pour prendre d’autres angles de la mine de Normétal, c’était com-plè-te-ment disparu. Complètement ! Ce n’était pas juste de démolir les plus grosses structures. C’était un désert, une espèce de grand champ de sable. » Des questions l’habitaient comme : y avait-il eu un règlement, une loi ou une directive pour démolir les shafts de mines ? Elle ne l’a jamais su. « Eux [aux nouvelles], ils ne disaient pas démolir, mais démanteler. »

Mais alors, pourquoi en faire une exposition aujourd’hui, 50 ans plus tard ? En riant, Lucie Ruelland répond : « Parce que dans la proposition de la bourse, j’avais dit que je les exposerais. » Elle continue plus sérieusement : « C’était toujours resté dans ma tête que, à un moment donné, je les rendrais publiques, soit en exposition, soit en faisant un site sur Internet. »

En 2024, en passant à Malartic pour un séjour en Abitibi, alors qu’elle discutait avec des amis, elle a décidé de prendre rendez-vous avec la directrice du Musée minéralogique. « J’ai parlé de ce projet-là. Elle a été tout de suite intéressée. » Après avoir montré son matériel, l’idée a été acceptée et le travail pour monter une exposition a été enclenché.

Pour elle, l’histoire des shafts de l’Abitibi semble être bien plus que le travail d’une bourse et d’une exposition. Elle en semble passionnée. « Je trouve que ce sont de très belles structures ! Ce sont des structures d’ingénierie. On n’habille pas la fonction avec une enveloppe qui serait plus esthétique. On enveloppe la fonction avec une enveloppe qui est directement liée à cette fonction-là. […] C’est pareil, mais il n’y en a pas un de pareil. »

En allant voir l’exposition, qu’est-ce qui pourrait frapper le visiteur ? « La beauté de ces éléments-là dans le paysage qui a marqué le paysage en Abitibi. C’étaient des éléments importants, des repères. Comme les églises sont des repères dans le village ou la ville. C’était le signal d’une vie sous terre. »

L’exposition réunit 34 photos, accompagnées d’un dessin, Ville invisible I, qui invite quant à lui à réfléchir à l’échelle réelle du travail souterrain, en mettant en contraste la monumentalité apparente des shafts et l’immensité invisible des galeries minières.

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