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Du vacarme des mines au silence de la classe : Mercédès Bourgeois, la première institutrice de Val-d’Or

En 1935, dans le contexte de la ruée vers l’or, Mercédès Bourgeois devient la première institutrice de Val-d’Or. En ouvrant la toute première salle de classe, elle n’a pas seulement enseigné l’alphabet, elle a posé les fondations d’une ville. Cet art

Mercédès Bourgeois, première institutrice de l'école de Val d'Or

En 1935, dans le contexte de la ruée vers l’or, Mercédès Bourgeois devient la première institutrice de Val-d’Or. En ouvrant la toute première salle de classe, elle n’a pas seulement enseigné l’alphabet, elle a posé les fondations d’une ville. Cet article explorera son expérience d’enseignante, de même que les conditions précaires dans lesquelles l’éducation s’est implantée à Val-d’Or. Cette histoire est celle d’une femme pionnière qui a prouvé que la vraie richesse d’une ville se mesure à l’éducation de ses enfants, un héritage aujourd’hui gravé dans le nom d’une rue de la ville.

Les débuts de l’éducation à Val-d’Or

Le Québec réalise plusieurs progrès concernant l’éducation dans les années 1920. En août 1935, à Val-d’Or, plusieurs citoyens se regroupent en ayant la volonté de mettre sur pied une organisation scolaire dans la ville en essor. Joseph Morissette, qui a construit le village minier rustique de la mine Lamaque, est chargé de la construction de l’établissement qui accueillera les élèves, et qui logera du fait même, l’institutrice chargée de la classe. Les hommes d’affaires de la ville ont fourni de l’argent, des matériaux ou des heures de travail. Avec ces grands efforts, « l’école de Val-d’Or » peut accueillir ses premiers élèves le 10 septembre 1935.

L’arrivée en Abitibi de Mercédès Bourgeois

Le 1er septembre 1935, Mercédès Bourgeois a été engagée par le comité scolaire de Val-d’Or. Elle enseignait et devait percevoir la contribution mensuelle des enfants. À l’époque, elle recevait un salaire de 40 $ par mois (Tardif, 1989, p. 102). Larry Bourgeois, son époux, était le contremaître des foreurs à la Mine Siscoe. Ensemble, ils ont eu deux filles : Thérèse et Aline. Avant de s’établir en Abitibi, Mercédès Bourgeois n’était pas une novice de l’enseignement. Comme mentionné dans un journal de l’époque (Le Droit), Mme Bourgeois a été institutrice notamment à l’école de Rayside en Ontario. L’éducation est une profession qui suit Mme Bourgeois partout où elle va. Sa décision d’accepter le poste d’institutrice à Val-d’Or soulignait non seulement une volonté d’aventure, mais aussi une capacité à organiser et à structurer un enseignement de qualité, même en l’absence de toute infrastructure.

Mercédès Bourgeois embauchée 1er septembre 1935

Mercédès Bourgeois a été embauchée le 1er septembre 1935 comme étant la première institutrice de l’école de Val-d’Or. (Photo: Tardif, G. (1989). La petite histoire de Val-d’Or, 1935-1985. Les publications Dubuisson. P. 103)

Premiers problèmes à surmonter

Cependant, le nombre d’élèves dépasse ce qu’on avait imaginé, et bientôt, il faut engager de nouvelles institutrices. Le 24 novembre 1935, Thérèse Lapointe (fille du premier maire de Val-d’Or) et Marie-Anne Sylvain sont embauchées comme institutrices pour enseigner au grand nombre d’enfants désireux de fréquenter l’école. En même temps, Mercédès Bourgeois est promue, et devient directrice de l’École de Val-d’Or.

La construction de l’école Sigma sur l’avenue Centrale s’avère aussi nécessaire pour résoudre le problème du manque de places pour les élèves. Malgré les ajouts successifs, ces premières écoles étaient insuffisantes et souffraient de problèmes de locaux, d’ameublement et de chauffage. La première organisation de citoyens pour les écoles rencontra des difficultés financières et administratives : le personnel enseignant n’était pas payé correctement. Pour stabiliser la situation, le curé Pierre Lévesque demande la permission de créer une commission scolaire permanente. Après une tentative infructueuse de fusionner les commissions de Val-d’Or et de Bourlamaque en 1937, l’idée d’une école fonctionnelle s’impose. L’Académie Saint-Sauveur devient la première école réfléchie et planifiée par la commission, construite à partir de juillet 1940 et dirigée par les Sœurs de L’Assomption. Malgré des débuts complexes, le réseau scolaire de Val-d’Or réussit à s’implanter solidement.

Un héritage laissé à la ville

Aujourd’hui, une rue porte le nom de Mercédès Bourgeois à Val-d’Or. Celle-ci est située au sud du centre commercial Le Carrefour du Nord-Ouest. C’est la preuve que la ville n’a pas oublié cette femme importante. Son nom est gravé pour toujours, comme un rappel de l’importance de l’éducation, ou encore de la contribution des premières institutrices au développement de Val-d’Or.

Dans le cadre du 90ᵉ anniversaire de la ville de Val-d’Or, des étudiantes et des étudiants du programme de sciences humaines du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue ont produit des chroniques sous la supervision de leur professeur Martin Baron, et des membres de l’équipe de la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or.

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