Masculin pluriel, un regard réflexif sur les masculinités d’aujourd’hui
Le Témiscamien Sony Carpentier, étudiant au doctorat en sociologie à l’UQAM, était de passage à l’émission Tout le monde en parle le dimanche 1er mars aux côtés du politologue Francis Dupuis-Déri, spécialiste de l’antiféminisme. Ensemble, ils ont abordé la montée de l’intolérance et des discours haineux dans les écoles québécoises. Pour M. Carpentier, cette présence médiatique constituait une occasion rêvée de mettre en lumière le collectif Masculin pluriel qui paraîtra le 18 mars prochain.
Avec Masculin pluriel, publié chez KO Éditions, Sony Carpentier et Marc-Antoine Bazinet proposent un regard sensible et accessible sur les masculinités contemporaines. Loin des essais théoriques ou des discours militants, le projet rassemble des récits personnels d’hommes provenant d’horizons variés, certains étant issus des médias, d’autres du milieu artistique ou encore de la vie ordinaire. Pour l’étudiant, qui s’intéresse depuis plusieurs années à la manière dont les hommes apprennent et vivent leur masculinité, et son collègue, l’objectif était clair : « créer une multiplicité de voix » capables de parler honnêtement.
Le collectif rassemble des textes écrits par Hugo Meunier, Matéo Pineault, Vincent Roberge (Les Louanges), Francis Ruel-Côté, Marc Séguin, Fabrice Vil et Xavier Watso. Le processus de sélection a été soigneux. Les codirecteurs ont contacté près d’une cinquantaine d’hommes, des non-experts du domaine, avant d’assembler le groupe final. Ils souhaitaient représenter des parcours diversifiés : jeunes et plus âgés, urbains et régionaux, un homme trans, des pères, des artistes, des travailleurs médiatiques. « On voulait des gens capables de se dévoiler », explique M. Carpentier.
Chaque auteur avait carte blanche, à condition d’accepter la vulnérabilité comme point de départ. Pour celles et ceux qui craignent cette lecture de peur de tomber dans un discours sociologique hors de portée, détrompez-vous, car le résultat est tout autre. On y lit des textes intimes, des tranches de vie, où cohabitent autofiction, anecdotes marquantes et réflexions identitaires. Les codirecteurs ont tout de même veillé à éviter certains raccourcis, notamment l’expression masculinité toxique, qu’ils jugent trop simplificatrice pour nourrir une réflexion constructive. Quelques notions sociologiques parsèment l’ensemble, mais avec le souci de rester accessible.
Le sociologue témiscamien espère surtout que Masculin pluriel ouvrira des discussions dans les couples, entre amis, au travail, dans les familles, etc. « Le but, ce n’est pas de culpabiliser. C’est de réfléchir à comment on peut faire mieux », dit-il. Déjà, certains lecteurs lui ont confié que les récits avaient suscité des conversations importantes et intéressantes.
Très attaché à ses racines témiscamiennes, Sony Carpentier se réjouit aussi d’avoir pu ancrer son texte dans les paysages et les souvenirs de sa région natale. Mais au‑delà de cette fierté personnelle, il espère surtout que le livre trouvera un écho chez un large public. « Si ça crée des discussions, si ça fait réfléchir… c’est ça, pour moi, le succès. »