Val-d’Or vole de ses propres ailes : l’ouverture de l’aéroport de Val-d’Or
La ville de Val-d’Or bénéficie enfin d’un service aérien régulier dès l’ouverture de son aéroport en 1949, permettant aux citoyens d’avoir un accès rapide aux grands centres, alors que la ville était plutôt isolée des autres auparavant en raison de s
La ville de Val-d’Or bénéficie enfin d’un service aérien régulier dès l’ouverture de son aéroport en 1949, permettant aux citoyens d’avoir un accès rapide aux grands centres, alors que la ville était plutôt isolée des autres auparavant en raison de sa distance. Que ce soit à travers la construction d’une aérogare ou bien d’une base militaire, l’aéroport va subir de nombreux changements au cours des années.
Une ouverture très attendue
C’est grâce à l’insistance des citoyens que Val-d’Or aménage finalement un aéroport à Val-d’Or en 1949. C’est une excellente nouvelle pour les citoyens, qui auront alors un accès beaucoup plus fiable et rapide aux grands centres, notamment à l’aide d’un trajet Val-d ’Or-Montréal en seulement une heure et 45 minutes (Chabot et al, 1995, p. 492). Il faut savoir que cette ville était jusque-là dotée d’une route aérienne qui reliait par hydravions les principales villes minières de la région à Montréal et à Toronto (Chabot et al, 1995, p.491-492). En effet, même si le Dominion Skyways offrait un service de liaison entre Montréal et Val-d’Or jusqu’à la fin des années 1940, celui était généralement redouté du public puisque l’appareil utilisé était inconfortable, l’envolée était difficile, il y avait peu de passagers et le service était donné sans horaire fixe (Chabot, 2009, p. 207). Ainsi, en 1948, les citoyens attendaient avec impatience l’autorisation de la Commission des Transports pour profiter d’un service de transport aérien régulier à Val-d’Or : « Il semble que si l’autorisation est donnée à cette puissante organisation de transport pour opérer le service demandé, la Compagnie du Pacifique ne négligera rien pour donner le maximum de confort et de sécurité […]. On espère que la Commission des Transport étudiera cette demande d’ici la fin mai » (La Gazette du Nord, 1948).

Première envolée de Val-d’Or à Toronto, vers 1951, du groupe de Val-d’Or et de Malartic. On aperçoit sur la photo André Gourd, l’hôtesse de l’air, Lorenzo Turcotte, Armand Dumas, Oza Tétreault, Paul Lévesque, Paul Périgny et Jacques Girardeau. – P77_p.04 - Fonds Oza Tétreault - Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or
L’Aéroport régional de Val-d’Or permet donc le transport commercial régulier dès 1949 (Chabot et al, 1995, p. 492). Il est par la suite désigné comme aéroport douanier en 1956, et il peut dès lors accueillir des avions de tourisme venant de l’étranger (Chabot et al, 1995, p. 493). Val-d’Or devient donc une réelle plaque tournante pour le transport aérien de la région, notamment pour ceux qui s’envolent vers Montréal et vers la région de la Baie-James (Gourd, 2007, p. 158). D’ailleurs, l’aéroport a également connu de nombreuses Journées de l’aviation dès 1959, celles-ci rappelant le fait que l’aéroport a vu le jour grâce à la volonté des citoyens (Chabot, 2009, p. 208-210).
Des changements s’imposent
Toutefois, l’aéroport n’a pas toujours été qu’un aéroport commercial. En effet, l’aéroport est pris en charge par le ministère de la Défense en 1954 afin qu’il puisse être utilisé comme base militaire. Ainsi, entre 1953 et 1955, la piste est rénovée, plusieurs nouveaux bâtiments sont construits dans le secteur militaire, et l’aire civile est relocalisée (Chabot et al, 1995, p. 493). Toutefois, le rôle important que prenait la base militaire inquiétait les citoyens à propos de l’aviation civile à Val-d’Or. Les habitants de la ville réclamaient donc la construction d’une aérogare afin de s’assurer qu’elle conserve sa place au sein de l’aéroport : « Une aérogare convenable dotée d’approches appropriées et des facilités usuelles, qui constituerait un centre d’accueil civique à la fois attrayant et pratique, ne serait pas un luxe à Val-d’Or » (L’Écho, 1962). Ainsi, la construction d’une aérogare est amorcée en 1967, et le bâtiment ouvre officiellement ses portes en mai 1969, ce dernier subissant des travaux d’agrandissement dès 1971, à la demande de la Chambre de commerce (Chabot et al, 1995, p. 494). Enfin, les nombreuses modifications apportées à l’aéroport ont permis à de nouvelles sociétés aériennes de venir s’y installer, tel qu’Air Creebec, dont le siège social est à Val-d’Or. De nombreuses personnes sont venues voir le vol inaugural de cette compagnie aérienne, y compris Billy Diamond, le chef du Grand Conseil des Cris (Chabot, 2009, p. 210).

Photo prise du premier appareil Viscount venu à Val-d’Or en 1958 – P107_p.00282_4 – Fonds Armand Beaudoin - Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or
Enfin, l’aéroport de Val-D’or a été construit en suivant la vague de développement du transport aérien qui se déroulait dans le reste du Québec dans les années 1940 à 1960, un avancement qui a grandement été stimulé par la Deuxième Guerre Mondiale (Linteau et al, 1989, p. 255-256). Bref, l’aéroport de Val-d’Or a permis à la ville et à ses citoyens d’être moins isolés et de développer la région (Gourd, 2007, p. 158).
Dans le cadre du 90ᵉ anniversaire de la ville de Val-d’Or, des étudiantes et des étudiants du programme de sciences humaines du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue ont produit des chroniques sous la supervision de leur professeur Martin Baron, et des membres de l’équipe de la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or.