Communauté

Un centre-ville en mouvement

En plein 100e anniversaire de la ville de Rouyn-Noranda, je profite de l’occasion pour vous faire découvrir ou redécouvrir des archives qui nous rappellent des lieux importants de l’histoire de la ville.

Le premier centre-ville de Rouy 1924-25

En plein 100e anniversaire de la ville de Rouyn-Noranda, je profite de l’occasion pour vous faire découvrir ou redécouvrir des archives qui nous rappellent des lieux importants de l’histoire de la ville.

La vocation commerciale de Rouyn est lancée par Jos Dumulon. Il voit une opportunité d’ouvrir un magasin général afin d’approvisionner les nombreux prospecteurs qui explorent le territoire. Avec l’autorisation de la Rouyn-Dasserat Gold Mines, appartenant au major Blake, il choisit la pointe qui fait face au campement de la mine Horne de l’autre côté du lac Osisko. Cette première initiative ouvre la porte à de nombreuses autres.

James Green est le premier à emboîter le pas. Il construit l’Hôtel Osisko, qui devient rapidement un point névralgique du village de Rouyn, autant pour les visiteurs que pour les résidents de la première heure. Lieu de repos pour certains, lieu de batailles pour d’autres, l’hôtel de M. Green est un incontournable. Plusieurs personnages y séjournent durant la folie du Klondike. Dans les copies des registres de l’hôtel conservées aux Archives nationales à Rouyn-Noranda, on trouve les noms d’Edmund Horne, de Joachim Fortin, premier maire de Rouyn, de Wes Gamble, des premiers officiers de la Police provinciale Éphrem Bégin et Michael Tobin, d’Harry L. Roscoe et de la majorité des aventuriers qui sont passés par Rouyn et Noranda à cette époque.

Difficile de ressembler plus à une scène d’un album de Lucky Luke, n’est-ce pas ? La rue Perreault vers 1927 a tous les stéréotypes d’un village du Far West. Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne, série Vavasour & Dick (08-Y, P123, S1,

Difficile de ressembler plus à une scène d’un album de Lucky Luke, n’est-ce pas ? La rue Perreault vers 1927 a tous les stéréotypes d’un village du Far West. Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne, série Vavasour & Dick (08-Y, P123, S1, P81).

L’affluence provoquée par le magasin général Dumulon et l’Hôtel Osisko fait en sorte que le premier centre-ville de Rouyn se développe autour d’eux. Au paroxysme de son développement, vers 1925, on y trouve la majorité des services pour les résidents de la bourgade minière. Ils ont accès à des produits pour la santé et à des médicaments grâce à la pharmacie E. A. Noice, qui va déménager sur la rue Principale quelques années plus tard. La boucherie Meat Market permet d’avoir de la viande fraîche en permanence. Le bain public de William Koivu améliore la qualité de vie dans la ville. Ça n’a jamais fait de tort à personne de prendre un bon bain chaud de temps en temps… Surtout en hiver quand les lacs sont gelés !

L’épicerie Mac’s Good Eats, le magasin général Brundige & Ferguson et le Glengarry Café font également partie de cet amalgame de camps en bois rond dispersés aléatoirement le long de la rue Blake, qui est aujourd’hui devenue l’avenue du Lac.

La situation change avec l’arrivée de Nelson Pinder. Cet agent immobilier entreprend une restructuration de la ville avec l’autorisation, lui aussi, du major Blake. Il dessine un plan de la ville sur lequel il trace les nouvelles rues de Rouynville. C’est la rue Perreault qui fait office d’artère commerciale. À partir de ce moment, les commerces s’installent de façon organisée sur la rue Perreault, nommée en l’honneur du ministre Joseph-Édouard Perrault, l’un des premiers élus provinciaux à croire au succès de la mine Noranda.

L’avenue Principale vers le nord en direction du futur site de la ville de Noranda qui est lui aussi en plein chantier en 1927. Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne, série Vavasour & Dick (08-Y, P123, S1, P58).

L’avenue Principale vers le nord en direction du futur site de la ville de Noranda qui est lui aussi en plein chantier en 1927. Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne, série Vavasour & Dick (08-Y, P123, S1, P58).

Le théâtre Régal, la mercerie K. Joseph, la pharmacie Copperfield, l’Hôtel King, la Banque Royale du Canada, la salle de billard d’Oliva Guertin et l’agence immobilière de Nelson Pinder sont parmi les premiers commerces à s’y installer. Avec le développement de la rue Perreault, on voit apparaître les trottoirs en bois et l’architecture de style Boomtown. Pour la première fois, Rouyn se donne des airs de Daisy Town, ville dans laquelle se situe l’action de la 87e aventure de Lucky Luke. Une ressemblance plus que visuelle, car la ville de Daisy Town est le lieu d’une ruée vers l’or, tout comme Rouyn.

En juin 1926, le début de la construction de la fonderie du côté de Noranda a également un effet sur la configuration du centre-ville. Les commerçants flairent la bonne affaire en se rapprochant du site de la future ville de Noranda, qui sera habitée par des mineurs avec un bon pouvoir d’achat. C’est ainsi que le centre-ville prend de l’expansion vers le nord et que l’avenue Principale prend racine sur un claim minier appartenant à la Bagamac Mines Limited, qui était alors la propriété de G. A. Bagshaw et J. E. McQuaig. Ces deux hommes ont donné leurs noms à des rues de Rouyn, noms qui ont disparu dans une volonté de franciser la toponymie de la ville dans les années 1950.

L’orientation nord-sud de la « Main », comme l’appelaient les gens d’ici, en fait l’une des rares avenues Principale au Québec. Dans la majorité des villes et villages, on trouve des rues Principale, d’orientation est-ouest. Prenez le temps de remarquer ça lors de vos prochaines vacances…

Prolongez le plaisir de la découverte ! Poursuivez votre exploration et profitez d’une foule de ressources en ligne gratuites à banq.qc.ca.

À lire aussi