Culture

Yann Perreau et son piano

De passage à Amos pour un concert solo, accompagné uniquement de son piano, Yann Perreau se prépare pour une soirée intimiste au Courant Alternatif, nouveau lieu de diffusion et de rassemblement au centre-ville d’Amos.

Yann Perreau @Same Ravenelle

De passage à Amos pour un concert solo, accompagné uniquement de son piano, Yann Perreau se prépare pour une soirée intimiste au Courant Alternatif, nouveau lieu de diffusion et de rassemblement au centre-ville d’Amos.

Celui qui roule son concert depuis l’automne assure que « tout seul, j’ai plus d’espace. C’est un format intimiste, donc je peux aussi aller plus loin dans mon histoire. Je raconte un peu des trucs sur mon père, sur ma mère, sur mon enfance. J’ai grandi dans un bar-salon-marina. Je raconte des anecdotes. Quand tu es accompagné par un band, c’est sûr que la musique passe avant tout. Là, c’est vraiment ce que je raconte, mes paroles. C’est sûr que mon piano est là, est présent pour 90 % du show, mais je considère mes “entre-tounes” comme faisant partie intégrale de ce spectacle-là, de la trame du spectacle. Il y a des bouts où ça devient assez drôle, je raconte des choses et c’est presque un stand up. C’est un show où je suis très libre. »

Malgré la présence de sa grosse caisse sous le piano et du strict minimum d’électronique, c’est un concert « cœur à cœur » qu’il offrira. Jouer dans une petite salle comme celle du Courant Alternatif le ramène à ses souvenirs d’enfance, « parce que ma mère était très fan des cabarets. Je retrouve cet aspect-là dans les petites salles, le côté plus interactif. Dans le sens où, parfois, je raconte des choses et oups ! il y a quelqu’un dans le public qui me parle et me pose une question. C’est très funny. Parfois, je chante aussi parmi le public. Je me sens bien dans ce contexte-là. Moi, j’ai grandi là-dedans, comme je le raconte dans mon show, dans un bar. Le matin, pendant que mon père préparait la soupe du jour, et que ma mère préparait le café et le thé, moi je divertissais les clients. Je jouais au pool avec eux, je jouais aux dards. Je montais sur le bar et j’imitais Elvis. »

C’est dans ce climat convivial qu’il souhaite accueillir le public. Son retour en Abitibi le réjouit « parce que ça fait longtemps », lui qui était venu la dernière fois pour H2O le festival. Ce format de son concert a été joué également à des endroits comme la Belgique, la Suisse et la France à l’automne dernier. « Je commence à bien maîtriser mon set list, comme on dit. […] Que ce soit en France ou au Québec, je m’adapte à chaque public. Je m’adapte aux salles. Parfois, je joue dans de petits bars, d’autres fois je suis dans un théâtre. J’ai joué dans des chapiteaux extérieurs. Dans le fond, mon plaisir c’est de m’adapter. J’arrive dans l’après-midi et je monte mon équipement avec mes techniciens. Là, je visualise un peu ce que je peux exploiter dans la place. S’il s’est passé de quoi dans l’actualité dans la journée, ça peut faire partie du show. J’aime être en contact avec le monde. Autant j’invite les gens dans mon univers, autant j’aime m’intégrer dans la place et dans le contexte où je suis. C’est un plaisir pour moi. »

S’il y a une chanson qui le représente le mieux en ce moment ? « Selon le contexte ces temps-ci, avec ce qui se passe au Moyen-Orient, je me sens très concerné. Je trouve ça dégueulasse ce qui se passe. J’ai une chanson qui s’appelle Le bruit des bottes, qui est sortie en 2009, sur l’album Un serpent sous les fleurs. Ces temps-ci, il y a bien du monde qui m’écrit pour me dire à quel point cette chanson-là n’a pas vieilli, malheureusement. Ce n’est pas une chanson nécessairement qui me représente, mais c’est une chanson qui revient souvent, qui me parle et qui parle à bien du monde. Sinon, c’est sûr que T’embellis ma vie est la chanson que j’ai écrite pour ma blonde quand mon premier est né. S’il y en a une qui me ressemble de cœur, c’est cette chanson-là », conclut-il.

À lire aussi