Écoles à Barraute : la communauté demande du temps
Dans un contexte où les décisions à venir auront des impacts majeurs sur l’avenir des jeunes et de la municipalité, un comité de vigie demande aux décideurs de prendre le temps d’analyser une solution alternative élaborée par la communauté locale.
« Je suis un parent directement touché. J’ai une fille en secondaire 3, et ce sont des décisions qui vont avoir un impact concret sur son quotidien », explique Marie-Chantal Fiset, membre du comité de vigie.
Alors que le Centre de services scolaire Harricana (CSSH) doit trancher, le comité de vigie souhaite que le conseil d’administration du CSSH étudie sérieusement leur proposition. Celle-ci permettrait de maintenir des services éducatifs complets tout en répondant aux réalités.
La troisième proposition vise à enrichir l’expérience éducative des élèves à Natagan. Plusieurs éléments sont envisagés. « On aimerait, entre autres, évaluer l’option d’une concentration Mont-Vidéo. C’est un joyau qu’on a dans notre municipalité à 15 minutes de l’école. Donc, on aimerait faire en sorte d’attirer éventuellement de nouvelles familles, puis même aussi des gens d’Amos ou de Val-d’Or qui viendraient s’inscrire à l’école à Barraute. Pour garder aussi nos jeunes à Barraute, les enseignants ont imaginé un plan où il serait possible de faire plus de sports sur les périodes “passions”, puis pendant l’heure du dîner. Donc, on cible hockey et volleyball. Le dernier élément de la proposition renvoie au niveau de l’organisation scolaire », détaille Mme Fiset.
Cet élément prévoit notamment le regroupement des élèves de 4e et 5e secondaire dans une même classe. Elle inclut également le retour du cheminement particulier continu (CPC) à l’école Natagan, un programme destiné aux élèves ayant besoin d’un encadrement plus adapté.
Selon le communiqué du comité, plus de 20 entreprises locales ont déjà manifesté leur appui aux projets. « Le comité de développement économique de la municipalité qui se penche sur la question aussi, de voir de quelle façon ce serait possible de financer les projets qui sont proposés par la communauté », fait savoir Mme Fiset. Une pétition regroupant plus de 750 signatures a été également déposée afin de démontrer l’appui au maintien de services éducatifs complets à Barraute.
Contrairement à une opposition de principe selon Mme Fiset, cette proposition est structurée et inspirée de certaines pratiques déjà mises en place ailleurs au Québec. « Un membre du comité a fait des recherches et ça se fait dans plusieurs autres établissements similaires. C’est viable », affirme-t-elle.

L’école primaire Notre-Dame-du-Sacré-Cœur (Crédit Photo : Photo gracieuseté)
La fatigue des déplacements
Lors des consultations publiques, des parents et des jeunes ont témoigné de leur fatigue. L’un des principaux enjeux soulevés concerne les déplacements quotidiens entre Barraute et Amos, déjà vécus par certains élèves inscrits au programme CPC. « Les jeunes nous disent qu’ils dorment dans l’autobus le matin et le soir. Ils n’ont plus d’énergie pour leurs activités, pour le sport, pour la vie scolaire », rapporte Mme Fiset.
Selon le comité, ces déplacements nuisent non seulement à la motivation et au bien-être des élèves, mais entraînent aussi des répercussions sur la participation aux activités parascolaires et sur la rétention des jeunes dans la communauté.
Dans le même ordre d’idées, Roxanne Morin, membre du comité de vigie, indique : « C’est inconcevable de penser amener des enfants de 5e et 6e années dans une école secondaire pour une question d’argent. Les enfants ont besoin de jouer dehors avec des camarades de leur âge. Les installations de l’école secondaire ne sont pas adaptées à eux, sans parler de l’influence inévitable des ados… »
La décision ne sera rendue que le 4 mai
Initialement prévue pour le 7 avril, la décision du conseil d’administration du CSSH a été reportée au mois de mai. Le comité y voit une occasion de permettre une analyse plus approfondie de l’option proposée. « J’espère qu’ils vont aller chercher le pouls de la population et regarder sérieusement ce que les gens ont à proposer avant de trancher », exprime-t-elle.
Par ailleurs, le Centre de services scolaire Harricana prolonge la consultation en cours dans ce dossier. Les citoyens et organismes pourront déposer des observations écrites ou des mémoires jusqu’au 15 avril, au lieu du 25 mars. Dans un communiqué publié par le CSSH, la séance extraordinaire se tiendra à l’agora du pavillon La Forêt de l’école secondaire d’Amos, où le conseil rendra sa décision le lundi 4 mai à 19 h.
« Le choix à venir aurait des impacts majeurs sur la vitalité de la municipalité et sur le bien‑être des enfants, ajoutant qu’une décision prise trop rapidement risquerait de tout chambarder. On demande au moins d’un an de sursis et surtout qu’on prend le temps d’étudier ce que le milieu propose », conclut-elle.