Un partenariat pour la vie
Le 19 mars dernier, le Centre de prévention du suicide d’Amos (CPSA) lançait le mouvement Partenaire pour la vie, qui vise à créer des collaborations entre le CPSA et les employeurs de la MRC d’Abitibi et ainsi « rapetisser les mailles du filet socia
Le 19 mars dernier, le Centre de prévention du suicide d’Amos (CPSA) lançait le mouvement Partenaire pour la vie, qui vise à créer des collaborations entre le CPSA et les employeurs de la MRC d’Abitibi et ainsi « rapetisser les mailles du filet social ».
« C’est une mobilisation qu’on veut proposer aux employeurs de la MRC d’Abitibi pour pouvoir devenir des ambassadeurs, des partenaires pour faire la promotion de la santé mentale et la prévention du suicide dans leurs organisations », déclare d’entrée de jeu Mélanie Tremblay, directrice générale du CPSA.
Pour y parvenir, les moyens déterminés sont d’outiller, d’accompagner et de soutenir les employeurs « de façon à mettre en place des moyens de mieux identifier les signes de détresse et de mieux accompagner la clientèle de personnes qui travaillent chez eux ». Elle souligne qu’une augmentation des demandes de soutien et d’intervention dans la communauté s’est observée dans les dernières années. « Ce qu’on propose aujourd’hui, c’est vraiment de mobiliser le Centre de prévention du suicide et les employeurs pour pouvoir utiliser la force complémentaire de l’autre, afin de mieux outiller les employés, les soutenir, les accompagner, leur fournir des outils, faire une évaluation du besoin du milieu selon la clientèle et, ensuite, joindre notre engagement et notre expertise pour avoir une communauté qui est plus mobilisée et soudée en lien avec la santé mentale. »
L’idée n’est pas d’ajouter une charge supplémentaire aux employeurs, bien au contraire. « La responsabilité au niveau d’être des acteurs importants dans la santé psychologique de leurs employés, ils l’ont déjà et ce n’est pas nous qui leur avons donné cette responsabilité-là. C’est leur rôle corporatif. C’est aussi dans les exigences de la CNESST, qui ont changé dernièrement. Ce qu’on fait, ce n’est pas de leur donner des responsabilités de plus, ce sont des outils de plus et une meilleure connaissance des ressources auxquelles ils peuvent faire appel pour être soutenus adéquatement. »
« Si tout le monde est mieux outillé à repérer un signe de détresse et si tout le monde connaît mieux les ressources qui peuvent les soutenir ou vers qui ils peuvent accompagner une personne qui va moins bien, assurément que toute la communauté va en trouver des bénéfices. »
Parmi les signes de détresse à reconnaître, Mme Tremblay nomme l’isolement qui se produit sur une longue période. « On va beaucoup se fier sur un changement de comportement sur du plus long terme. Donc, une personne qui va s’isoler, qui avait beaucoup tendance à participer aux échanges d’équipe, aux discussions à la machine à café à l’arrivée le matin, et qui tranquillement se retire. Pas un employé qui a une mauvaise journée et qui a moins envie de parler, ça arrive à tous. C’est à plus long terme. »
Non seulement il s’observe de l’isolement, mais également un changement au niveau de la nature des échanges avec les autres, notamment en lien avec la patience et l’irritabilité. « Ça passe beaucoup par le social, notre expression de la détresse. Donc, comment je me comporte avec les autres, de quelle façon je me coupe des autres. Il peut y avoir des choses qui sont plus subjectives aussi, au niveau de la concentration, au niveau de la motivation au travail. »
« Et bien sûr, c’est important d’identifier que nos employés, même si on n’est pas toujours au courant, lorsqu’ils traversent des moments critiques dans leur vie et que ça a un impact sur leur comportement au travail, peut-être que ça vaut la peine d’aller pousser un petit peu le “Et toi, est-ce que ça va ?” Par exemple, un employé qui serait en train de se séparer, qui aurait des enjeux au niveau de la garde des enfants, qui aurait des enjeux au niveau légal. »
Dès lors se nomme l’importance « de trouver qui est la meilleure personne pour lui poser la question et, ensuite, d’aller vérifier comment va cette personne-là pour de vrai ».
Par conséquent, la mission du mouvement Partenaire pour la vie prend son sens dans la « proposition personnalisée à plus long terme qui va permettre d’avoir une plus grande portée, de pouvoir répéter les mêmes messages, mais aussi de pouvoir établir un lien de confiance pour qu’on devienne réellement des partenaires dans le soutien des employés. »
« On invite les employeurs qui souhaitent à en savoir plus à nous contacter pour qu’on puisse répondre à leurs questions. Ensuite, assurément qu’on va faire des visites ponctuelles, on va tendre des mains à des milieux qu’on identifie peut-être comme ayant besoin de certains types d’accompagnement. »
Pour trouver tous les organismes en prévention du suicide de l’Abitibi-Témiscamingue, visiter le https://preventionsuicide.ca/. Besoin d’aide rapidement ? Disponible 24/7 : 1 866 277-3553 ou 811 ligne 2.