Amos se (ré)attaque à la haine en ligne
Les insultes, la diffamation, la violation de la vie privée et les commentaires publiés à répétition font partie des comportements qui ne sont pas tolérés sur les plateformes virtuelles de la Ville d’Amos. La municipalité avait déjà une « nétiquette
Les insultes, la diffamation, la violation de la vie privée et les commentaires publiés à répétition font partie des comportements qui ne sont pas tolérés sur les plateformes virtuelles de la Ville d’Amos. La municipalité avait déjà une « nétiquette », mais elle a décidé d’aller plus loin.
Le maire Sébastien D’Astous parle d’une mise à jour nécessaire. « Les médias sociaux modulent nos comportements avec le temps. Il y a des petites choses qu’il fallait ajouter et on voulait renforcer la nétiquette. »
La Ville d’Amos prône la liberté d’expression et la démocratie, mais elle doit tracer une ligne. « On a pas de problème avec une opinion négative à la base. On encourage le débat. Mais quand ça devient des propos haineux, des insinuations malveillantes ou qu’on assiste à une escalade entre les personnes qui s’expriment, on doit intervenir. »
Prenons un exemple récent. Quand il a été question du nouveau garage municipal subventionné à 80 % par le gouvernement du Québec, l’ignorance et la laideur ont rivalisé dans certaines réactions. « Certains ont dit que ça avait l’air d’un bunker parfait pour la mafia municipale et qu’on était une maudite gang de mongols. Si on ne filtre pas des paroles comme ça, ça peut faire dérailler la conversation et on ne veut pas ça. On souhaite parler du projet, transmettre de l’information, répondre aux questions et recevoir les critiques, mais pas de la haine. »
Le politicien affirme que les cibles des propagateurs de haine sont nombreuses. « C’est tous azimuts ! Moi, je gère mes propres réseaux et j’ai une certaine capacité à accepter la critique, mais je dois protéger les employés, les citoyens et les projets qu’on réalise. Par exemple, on a le droit de ne pas aimer la façon dont l’architecte a conçu ses plans, mais pas de le traiter d’imbécile. »
Si le climat virtuel se détériore, le maire ne sent pas la même chose dans le réel. « Plusieurs personnes ont le réflexe facile de publier des commentaires plus mordants et haineux en se cachant derrière leur écran, mais très peu de citoyens assistent aux assemblées publiques de la ville pour nous poser des questions. Quand je me promène dans la ville, les gens sont fiers et contents de me voir. Je pense que de façon générale, la population est satisfaite de ce qu’on lui offre. »
Lorsque certaines personnes dépasseront les bornes, des actions seront posées graduellement : filtrer et supprimer des messages inacceptables, recalibrer le débat avec des informations factuelles et un ton posé, encourager une discussion civilisée. « Ce n’est pas vrai qu’on bloque des gens instantanément. Quelqu’un peut avoir mal réagi à une situation et mieux cadrer son discours dans le futur. On va parfois avoir une petite jasette sur les médias sociaux, en privé, pour faire comprendre que la personne a dépassé les limites et que si elle recommence, on n’aura pas le choix de la bloquer. »
Évidemment, qui dit augmentation de la haine en ligne dit augmentation de la modération. « C’est un peu triste, parce que plus on fait de communication en ligne, plus on a besoin de modération et plus je dois engager du personnel qualifié qui va être en mesure de suivre la nétiquette, en gardant une vision démocratique de l’outil. » En effet, la Ville d’Amos veut continuer de communiquer avec sa population sur les médias sociaux. « Cela dit, on ne veut pas qu’il y ait de la désinformation et on tient à ce que le discours public reste propre. »