Communauté

Le communautaire à boutte !

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Au Témiscamingue, comme ailleurs au Québec, les organismes communautaires occupent une place importante dans la vie des communautés. Par leurs services d’écoute, d’accompagnement et d’aide concrète, ils soutiennent des personnes vivant diverses difficultés et contribuent à briser l’isolement. Ils interviennent notamment en santé mentale, en violence conjugale et familiale, en sécurité alimentaire, en soutien aux familles, aux jeunes et aux aînés, ainsi que dans les enjeux liés à l’itinérance, aux dépendances, au logement et à la défense des droits.

Les organismes constatent toutefois une augmentation des demandes d’aide et des situations de plus en plus complexes, alors que les ressources financières et humaines n’évoluent pas au même rythme.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le mouvement Le communautaire à boutte, une mobilisation provinciale qui se déroulera du 23 mars au 2 avril. L’initiative vise à attirer l’attention sur les défis liés au financement du milieu communautaire et à rappeler le rôle que jouent ces organismes dans le filet social.

Au Témiscamingue, la mobilisation est coordonnée par la Corporation de développement communautaire du Témiscamingue, qui regroupe et soutient 27 organismes locaux par de la formation, de l’accompagnement et du soutien. « Le mouvement Le communautaire à boutte dénonce le sous-financement des organismes communautaires et souhaite rappeler leur rôle essentiel. Il demande notamment un financement plus stable, de meilleures conditions de travail pour les intervenants et une reconnaissance du rôle du milieu communautaire », explique Laura Morin Parent, du Centre de femmes du Témiscamingue et porte-parole du mouvement dans la région.

Selon elle, le manque de financement a des effets concrets : augmentation des demandes d’aide, situations plus complexes et pression accrue sur des équipes déjà très sollicitées. « Les organismes doivent aussi consacrer beaucoup de temps aux démarches administratives liées aux demandes de financement, ce qui réduit parfois le temps disponible pour l’accompagnement des personnes. Dans une région comme le Témiscamingue, caractérisée par de grandes distances entre les municipalités et un accès parfois limité à certains services publics, cette réalité peut compliquer l’accès au soutien pour certaines personnes », ajoute-t-elle.

La mobilisation prendra différentes formes selon la mission et la réalité de chaque organisme. Au Québec, il y a 1000 mandats de grève de deux semaines atteints et plusieurs organismes concluront la mobilisation le 2 avril à Québec, devant l’Assemblée nationale.

« Au Témiscamingue, Selon la mission et la réalité de chaque organisme, les actions pourront prendre plusieurs formes : participation à des activités de grève ou de visibilité, organisation d’activités de sensibilisation et d’éducation populaire, rencontres avec des partenaires ou encore prises de parole publique et sur les réseaux sociaux. L’objectif est de faire connaître la réalité du milieu communautaire et de rappeler l’importance de soutenir ces organismes », explique Laura Morin Parent.

Elle précise que certains organismes, comme les maisons d’hébergement ou ceux offrant un accompagnement continu, ne peuvent suspendre leurs activités. « Ils doivent maintenir une présence constante auprès des personnes qu’ils accompagnent. Leur contribution sera donc de relayer l’information. L’important est que le plus grand nombre d’organismes puisse faire entendre sa voix, chacun selon sa réalité et ses capacités. Le milieu communautaire est essentiel à nos communautés et mérite les moyens de poursuivre sa mission », souligne-t-elle.

Au Témiscamingue, des activités de sensibilisation et de visibilité sont prévues au cours des prochains jours. Parmi celles-ci, une distribution de tracts et mobilisation locale dans différentes municipalités, ainsi qu’une participation au rassemblement régional à Rouyn-Noranda le 30 mars, une pause communautaire et une chaîne humaine à l’hôpital de Ville-Marie le 31 mars et des activités de sensibilisation et distribution de tracts à Témiscaming le 1er avril.

« Les organismes ne manquent ni d’engagement ni d’expertise. Malheureusement, quand le communautaire est à boutte, ce sont souvent les personnes les plus vulnérables qui en paient le prix. Dans plusieurs cas, les organismes tiennent encore leurs services à bout de bras, avec des équipes très engagées, mais avec des ressources limitées », conclut-elle.

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