Culture

Rendre poétiques ses dualités

Le 20 mars dernier sortait Entre deux eaux, le nouveau EP du palmarollois d’origine Thomas Ariell. Par ses paroles et sa musique, il réussit à transmettre la poésie abitibienne et les dualités de son quotidien d’habitant de la ville originaire de la

Thomas Ariell

Le 20 mars dernier sortait Entre deux eaux, le nouveau EP du palmarollois d’origine Thomas Ariell. Par ses paroles et sa musique, il réussit à transmettre la poésie abitibienne et les dualités de son quotidien d’habitant de la ville originaire de la région.

Plusieurs de ses chansons font écho à l’Abitibi qui, « en anicinabe, veut dire à peu près les eaux médianes parce que c’est à mi-chemin entre la baie d’Hudson et le fleuve St-Laurent. » Non seulement est-il question de la situation géographique de l’eau abitibienne, mais — et surtout — les thématiques des chansons abordent les questionnements de sa vie. « Ça a souvent rapport avec le fait que je suis entre la ville et la région, entre plusieurs styles musicaux comme le folk plus tranquille ou le country plus rock, entre l’enfance et l’âge adulte et entre toutes sortes de choses », livre-t-il.

Questionné à savoir si l’une des chansons du EP représente davantage cette idée de dualités internes et externes, il parle d’emblée de Berceau, dont un extrait des paroles est partagé sur le communiqué de presse, extrait que voici : « C’est la douceur qu’il me faut / Quelque part entre deux eaux / Pour apercevoir le paysage / Que je peins par moi-même ». « Elle nous ramène un peu à l’enfance », exprime-t-il. Quant à la dernière chanson, Le cycle des saisons, elle est « comme un wrap up des quatre chansons d’avant ».

Le projet du EP est venu dans l’idée d’ajouter de nouvelles chansons à celles déjà existantes. Au tout début, Thomas Ariell souhaitait produire un projet davantage acoustique. « Plus le processus avançait avec mon équipe, plus on se disait que ça prendrait un band au complet sur cette chanson-là… et sur cette chanson-là aussi. Donc, on a fini par faire un vrai EP finalement presque full band pour toutes les chansons, à part la dernière qui est plus acoustique. » La création aura pris du mois de mai 2025 à janvier dernier à produire. « C’est quand même un long processus. Ça implique beaucoup de personnes. »

Pochette officielle EP Thomas Ariell

Pochette officielle d’Entre deux eaux. (Photo : Gracieuseté)

Il perçoit une importante différence entre le fait de jouer solo ou en groupe. « Surtout pour le live. En studio, certaines affaires sont enregistrées toutes ensemble, certaines affaires le sont seules. Mais jouer acoustique en concert, c’est vraiment différent de jouer en band. J’ai une énergie différente et, évidemment, ça coûte moins cher de se produire seul qu’en band. »

À l’écoute de sa musique, il est possible de découvrir sur lui au sujet notamment de l’anxiété. « La première chanson, Nouveau départ, traite un peu d’anxiété et de mon cheminement à travers ça jusqu’à avoir de l’espoir, finalement. Je pense que mes chansons ont tout le temps une partie qui nomme des problèmes et des angoisses, nomme des trucs que je critique, mais avec tout le temps une lueur d’espoir. »

D’ailleurs, l’importance de la région, tant pour son processus de création, que personnellement pour la construction de la personne qu’il est, voyage à travers ses chansons. « Je suis resté à Palmarolle jusqu’à 17 ans, ensuite je suis déménagé à Montréal. Ça teinte beaucoup de grandir dans une région éloignée. Je pense que ça teinte la poésie. Ça nous donne l’espace de réfléchir plus, de s’ennuyer plus peut-être. Ensuite, dans mes chansons, pourquoi j’en parle autant, c’est que tous mes souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse, c’est là que je me suis formé. Moi, c’est tout en Abitibi que ça se passe. Et j’ai la chance d’y retourner quand même souvent, que ce soit juste pour voir ma famille ou mes amis, ou pour faire des spectacles. J’en fais quand même souvent en Abitibi. C’est un milieu vraiment symbolique pour moi. C’est pour ça que le EP en parle autant. »

Une tournée, trois univers

« On a une grosse tournée qui s’en vient, moi et deux autres artistes. On a créé un spectacle collaboratif. On s’entre-accompagne sur chacune des chansons, et on a créé un spectacle avec nos trois univers, avec Patrick Bourdon et Tom Chicoine. On a plein, plein de dates et on va venir en Abitibi aussi », souligne-t-il. Les dates seront annoncées par les salles de spectacle.

D’autres passages

Sélectionné avec sept autres artistes pour faire les Escales en chanson à Petite-Vallée, il aura l’occasion en juin prochain « de créer des spectacles, recevoir des formations, des ateliers d’écriture, et tout ça ».

À la suite de son passage au Festival international de la chanson de Granby, « je vais aussi faire des spectacles en Europe au mois d’août. Ça va être un gros été en perspective. Ça va être la seule fois de ma vie que je n’aurai pas besoin d’un autre emploi, du moins pendant ces trois mois-là de l’été. C’est vraiment l’fun », conclut-il.

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