Nourrir le sentiment d’appartenance à sa région
L’exposition Timbre-AO, présentée à la Maison de la culture de La Sarre, regroupe le travail de près de 150 élèves de 4e et 5e secondaire de La Polyno. L’objectif ? Développer un sentiment d’appartenance à leur lieu d’habitation chez les adolescents
L’exposition Timbre-AO, présentée à la Maison de la culture de La Sarre, regroupe le travail de près de 150 élèves de 4e et 5e secondaire de La Polyno. L’objectif ? Développer un sentiment d’appartenance à leur lieu d’habitation chez les adolescents et souligner les possibilités entrepreneuriales, surtout en région.
Née d’une collaboration de deux programmes du Carrefour Jeunesse Emploi de l’Abitibi-Ouest (CJEAO), celui de l’agente de projet en entrepreneuriat et celui de Place aux jeunes ados, l’idée du projet artistique allie les objectifs de chacun d’eux, soit de donner le goût à l’entrepreneuriat en région et celui de développer le sentiment d’appartenance. « J’ai dit alors : pourquoi pas faire quelque chose sur la thématique de l’Abitibi-Ouest ? [Ainsi], on a interpellé les jeunes pour qu’ils nous disent qu’est-ce qu’ils aiment de l’Abitibi-Ouest, mais en images », déclare Stéphanie Dupré-Guilbert, agente de projet en entrepreneuriat au CJEAO.
C’est alors que le partenariat avec La Polyno de La Sarre a débuté, avec la collaboration de l’enseignante d’arts plastiques Patricia Audet. « On leur donnait des paramètres, bien entendu. S’ils écrivaient quelque chose sur leur œuvre, qu’il n’y ait pas de fautes de français et que ce soit cohérent. Et aussi, que ce soit sans signes [ostentatoires]. Et ça devait faire partie de l’Abitibi-Ouest », résume Mme Dupré-Guilbert. Par conséquent, le projet a également donné l’occasion d’élargir les connaissances des élèves sur la région d’Abitibi-Ouest, et des discussions ont pu s’ouvrir sur ce qu’est l’Abitibi-Ouest, sur les municipalités qui y sont regroupées, etc. De cette manière, une sélection des œuvres a été effectuée. « À travers les œuvres qu’on a reçues, il a fallu qu’on en enlève parce qu’elles faisaient plus partie de Rouyn-Noranda, par exemple avec le pont d’Aiguebelle, et pas de l’Abitibi-Ouest. »

Le vote est ouvert à tous ceux qui connaissent l’Abitibi-Ouest. (Photo : Karoline Létourneau)
Parmi celles qui ont été retenues, « je pense à une œuvre qui est sur Chazel, ou une œuvre qui est sur Palmarolle. On le sait que les jeunes ont une appartenance forte à leur village. On voulait ça aussi, que les jeunes puissent le sortir. » Les œuvres, tout comme l’art le permet, sont allées dans tous les sens, au gré de l’inspiration des artistes. « Ça passe d’une carte d’un village, à des animaux de la forêt, à un coucher de soleil. Il y en a qui ont dessiné plus des lacs, d’autres plus des forêts. Il y en a qui ont sorti le maringouin, comme une critique humoristique. Il y a une jeune qui a fait une luciole qui tient une marchette, pour souligner la population plus âgée. »
Mme Dupré-Guilbert y souligne le lien avec la jeunesse qui quitte la région pour les études. « C’était ça aussi le but de développer le sentiment d’appartenance, que le jeune sent qu’il y a un lieu qui va l’accueillir après ses études pour qu’il revienne travailler ici. »
Un volet participatif est intégré à l’exposition : les gens sont invités à aller voir les œuvres et à voter pour ses deux coups de cœur, toujours dans l’optique de développer le sentiment d’appartenance. « On veut que tout le monde qui reste en Abitibi-Ouest vienne voir les talents des jeunes et qu’ils soient impliqués dans le projet d’impression de timbres autocollants. Ils ne serviront pas à envoyer des lettres, mais ça représentera la symbolique que ça appartient à l’Abitibi-Ouest. Ensuite, on va les distribuer à l’échelle du Québec avec les agents de Place aux jeunes », explique-t-elle.
Qui plus est, « on a un beau partenariat avec la Ville de La Sarre qui a décidé de mettre de l’avant les œuvres des jeunes à la Maison de la culture, juste avant leur salle d’exposition. Il y a beaucoup de gens qui y vont, ça leur donne donc une porte d’entrée pour ceux qui adorent les arts. »
Une deuxième phase du projet est en construction et se développera davantage au courant de cette année et/ou de l’année prochaine. « Le but est de créer un paquet de dix petits timbres qui vont émaner des œuvres des jeunes. Là, en dehors de Timbre-AO, on est encore ouverts à recevoir des timbres uniques que les jeunes ont faits, soit en cours d’arts plastiques ou à la maison. Ils peuvent nous les soumettre. Le paquet contiendra l’autocollant gagnant de Timbre-AO, et on va mettre aussi des autocollants qui auront été faits par des élèves de la Polyno de tous âges confondus. On pourrait les vendre à la population. Les fonds iront à un organisme que les jeunes auront choisi », conclut-elle.
Pour ceux et celles qui ne peuvent pas se déplacer à la Maison de la culture, il est possible de voter en ligne : https://www.cjeao.qc.ca/timbre-ao.