Culture

La malédiction de Geneviève Bigué

Comme si on lui avait jeté un sort, l’Amossoise d’origine Geneviève Bigué ne peut s’empêcher de créer. En plus d’avoir illustré un livre pour enfants sur les grottes de Lascaux paru en France la semaine dernière, elle publie ces jours-ci son premier

Geneviève Bigué à son lancement

Comme si on lui avait jeté un sort, l’Amossoise d’origine Geneviève Bigué ne peut s’empêcher de créer. En plus d’avoir illustré un livre pour enfants sur les grottes de Lascaux paru en France la semaine dernière, elle publie ces jours-ci son premier roman, La malédiction des trois têtes (Fides).

La créatrice avait déjà écrit une bande dessinée, Parfois les lacs brûlent, qui a gagné le Prix des libraires du Québec en 2023. Avec son premier roman sans illustration (ou presque), elle confirme qu’elle écrit aussi bien qu’elle dessine. « J’ai commencé avec la bande dessinée, parce que c’est le parfait équilibre entre l’écriture et le dessin, mais j’ai adoré me plonger dans la création d’un roman. Ça apporte une dimension différente. »

Rappelons qu’elle a étudié en dessin animé et en design graphique, sans suivre de formation en écriture ni en littérature. « En dessin animé, on a appris à écrire un scénario, puisqu’on devait faire un film à la fin. En bande dessinée, la narration demeure importante, que ce soit avec une image ou pour une histoire complète. Mais à la base, j’ai un grand amour de la lecture qui m’aide à écrire. »

Malédiction des trois tête_couverture Geneviève Bigué

Couverture du nouveau livre de Geneviève Bigué. (Photo : Gracieuseté)

Depuis l’automne dernier, elle a illustré une bande dessinée, réalisé deux couvertures de livres, illustré un roman, récolté des nominations à plusieurs prix littéraires avec La maison cachette (écrit par Erika Soucy) et créé son petit dernier. Il y a huit ans, Bigué a eu l’idée de son roman jeunesse d’épouvante dans un cours de… design graphique. « Pour mon projet final, je voulais me pratiquer à faire des couvertures de livre. J’ai inventé une fausse maison d’édition et j’ai créé sept concepts de livres, avec un faux résumé d’histoire. L’idée de La malédiction des trois têtes est apparue en 2018. »

Son imagination a également été influencée par une visite au musée Redpath de Montréal. « C’est comme un vieux musée avec des animaux mal empaillés, des collections de coquillages, des craques dans le plâtre. En voyant ça, j’ai repensé à mon idée de livre et je savais que je devais l’écrire. »

Elle a donc imaginé une adolescente qui rêve de faire les 400 coups avec ses amis durant le congé, mais qui est forcée par ses parents à passer l’été dans un musée appartenant à sa famille depuis un siècle. Par-dessus le marché, les tenanciers du musée n’ont pas envie de la voir. « L’été précédent, elle a échappé une tête de sanglier au milieu d’un présentoir et plusieurs artefacts précieux ont été brisés. Pour Béa, ce sont des vieilleries, mais pour sa tante Edna, c’est super important. À ses yeux, Béa n’a pas de respect pour le musée, le passé et l’histoire. Je voulais qu’il y ait des tensions dès le départ. »

Déterminée à découvrir qui a bousillé le miroir qu’on l’accuse d’avoir cassé et si le musée est réellement victime d’une malédiction, comme tous les villageois et tous les visiteurs se plaisent à le dire, l’ado mène une enquête. Une façon pour l’autrice de jouer avec les codes de l’épouvante. « J’adore exploiter le mystère et le fantastique dans mes histoires. Je trouvais qu’un vieux musée, de style cabinet de curiosités, était un bon endroit pour faire ça. C’est un lieu un peu mythique. »

Ce livre s’inscrit dans une longue suite de projets destinés à la jeunesse. « Même en tant qu’adulte, j’ai toujours été attirée par ces histoires-là. Le créneau jeunesse permet d’explorer certains sujets, sans être trop sérieux ni trop drabe. C’est le genre d’aventures que j’aime encore lire. »

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