Culture

La nuit, les doutes et la douceur

Le 10 avril dernier sortait la nouvelle chanson Minuit et moi de Catherine van Doesburg, originaire d’Amos. Pour cette jeune artiste de la musique québécoise, la nuit n’est pas simplement un moment de repos, elle est surtout un moment de réflexion et

Catherine van Doesburg @Mathilde Gardonio

Le 10 avril dernier sortait la nouvelle chanson Minuit et moi de Catherine van Doesburg, originaire d’Amos. Pour cette jeune artiste de la musique québécoise, la nuit n’est pas simplement un moment de repos, elle est surtout un moment de réflexion et de création. Dans son plus récent projet, cet univers nocturne s’impose presque naturellement comme toile de fond, sans même avoir été planifié au départ.

« Le soir, quand tout est calme, c’est là que tout ressort », confie-t-elle. Entre réflexions et émotions, ces instants deviennent un terreau fertile pour l’écriture. Si ce thème revient dans plusieurs chansons, elle admet l’avoir réalisé seulement après coup. « Ce n’était pas voulu au début », précise-t-elle, soulignant plutôt que son véritable fil conducteur était ailleurs.

Au cœur de son album : la vingtaine. Une période marquée par les questionnements, les insécurités et l’incertitude face à l’avenir. « Tu ne sais pas trop où tu t’en vas », résume-t-elle. Ce regard introspectif donne naissance à des textes sincères, portés par une musique douce et enveloppante.

Cette douceur se reflète aussi dans sa signature sonore. Avec une voix délicate et une approche mélodique apaisante, l’artiste propose des morceaux à l’énergie légère, parfois teintés d’un « petit beat d’été ».

Minuit et moi a d’ailleurs été coécrit avec son collaborateur de longue date, le réalisateur Ken Presse. Une complicité artistique qui porte ses fruits : « En une heure, c’était écrit », raconte-t-elle. Une efficacité qui témoigne d’une chimie bien installée entre les deux créateurs.

Initialement, l’idée d’un album bilingue avait été envisagée. Mais au fil du processus, le français s’est imposé de lui-même. « Je ne voyais plus pourquoi on mettrait de l’anglais », explique-t-elle. Un choix qui n’est pas anodin, puisqu’écrire dans sa langue maternelle demande, selon elle, une plus grande précision et ajoute une touche de vulnérabilité.

« Il faut faire attention pour ne pas tomber dans le cliché », dit-elle, évoquant un travail plus métaphorique en français. À l’inverse, l’anglais lui permet une approche plus directe, presque narrative. Mais le français offre quelque chose d’unique : une proximité avec le public. « C’est comme si je parlais directement à quelqu’un », livre-t-elle.

Cette authenticité semble d’ailleurs trouver écho auprès des auditeurs. La présence de ses chansons dans des playlists populaires lui procure une visibilité précieuse. « Pour un premier album, ça fait une très grosse différence », souligne-t-elle avec enthousiasme.

Malgré cette montée progressive, l’artiste garde les pieds sur terre. Elle voit davantage cette évolution comme une source de motivation que de pression. « Je pense que je suis à la bonne place », affirme-t-elle, satisfaite d’un parcours qui s’est construit étape par étape.

Et la suite s’annonce prometteuse. De nouvelles chansons sont prévues au courant de l’été et à l’automne, alors qu’elle continue d’affiner son style. Quelques spectacles sont également à prévoir dans les prochains mois, avant un lancement d’album et une tournée plus complète.

En attendant, elle poursuit son chemin, entre douceur et introspection — souvent, quelque part entre le jour et la nuit.

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