Sensibiliser à l’aide de la réalité virtuelle
Alors que le mois de l’autisme est déjà bien entamé, l’équipe de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue (SAAT) témoigne d’un bilan sur une activité de sensibilisation à l’autisme tenue le 14 avril 2026 dans les locaux de l’UQAT. Le projet
Alors que le mois de l’autisme est déjà bien entamé, l’équipe de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue (SAAT) témoigne d’un bilan sur une activité de sensibilisation à l’autisme tenue le 14 avril 2026 dans les locaux de l’UQAT. Le projet pilote consistait en des périodes d’essais de casques de réalité virtuelle, permettant de vivre un moment dans la réalité d’une personne sur le spectre de l’autisme.
Les services de la SAAT touchent un large éventail de besoins, qu’ils soient donnés dans les jours de semaine au centre de jour pour les personnes autistes adultes déscolarisées qui ont besoin du soutien d’autres adultes ou durant la fin de semaine à des enfants. La directrice générale, Isabelle Talbot, parle alors de services de répit aux familles les soirs et les fins de semaine, mais également d’activités sportives données les samedis et les dimanches dans le programme SAAT en action.
D’autant plus, il existe un service d’information pour les personnes qui se questionnent sur l’autisme, pour soi-même ou pour autrui. Qui plus est, la sensibilisation représente une part importante de leurs services, car elles se donnent aux personnes de tous les âges, dans différents milieux, et ce, à travers les cinq MRC de la région de l’Abitibi-Témiscamingue.
« On peut donner ces services d’information autant à la personne qui est adulte qui pense être TSA (trouble du spectre de l’autisme) et qui veut aller chercher un diagnostic — on peut donner un soutien au diagnostic. On peut donner un soutien à la personne qui vient de recevoir un diagnostic. On peut donner des services aux parents d’un enfant TSA, qu’à la personne TSA, c’est varié. On respecte les besoins de tous », explique la directrice générale.
Concrètement, parmi les activités de sensibilisation du centre, le projet pilote de réalité virtuelle, quant à lui, est une initiative de la stagiaire au baccalauréat en travail social, Stéphany De Carufel, qui en est à sa dernière année d’études. « Dans mes recherches, j’ai découvert que l’Université de Montréal, avec une équipe de chercheurs en psychoéducation, a développé une application de réalité virtuelle pour faire vivre aux gens l’expérience dans la peau d’une personne autiste. » D’abord testée sur plus d’une centaine de collégiens, l’expérience avait alors été un succès.
L’idée de Stéphany De Carufel venait de sa volonté de créer une activité de sensibilisation à l’autisme qui différait des activités habituelles. Elle voulait sortir de l’habituelle présentation PowerPoint. Les démarches, de longue haleine, ont dès lors débuté. « C’est une longue procédure technique de faire approuver l’application, de trouver les casques — et finalement, on en a juste huit. » Des formalités devaient être approuvées, un processus de sécurité devait être effectué.
Le prêt des casques de réalité virtuelle durait un mois. Durant cette période, l’équipe d’intervenantes et d’intervenants a dû se former pour se familiariser avec l’équipement et se préparer à donner une présentation en lien avec l’activité. « C’est de te dire aussi qu’en ne l’ayant pas sur toi, tu dois être capable de guider l’autre personne. Ça demande quand même une certaine forme de préparation. »
Pour les personnes qui n’étaient pas confortables avec la technologie, qui pouvaient avoir des maux de cœur par exemple, la présentation avait préalablement été filmée. « Ainsi, ils pouvaient quand même la vivre d’une certaine façon à la manière filmée. » Somme toute, l’activité a été très appréciée des participants. « Tout le monde a vraiment aimé l’expérience. » Certains l’ont même fait deux fois.
Concrètement, à quoi ressemblait la présentation dans le casque ? « On vit tous les stimuli d’une personne autiste, comme l’hypersensibilité à la lumière. On n’a pas les signes non-verbaux de la réceptionniste lors du rendez-vous chez le dentiste non plus. Elle porte des lunettes et un masque, elle parle sur un ton monotone. Il y a des gens qui te crient des insultes, il y a un bébé qui pleure, il y a quelqu’un qui boit un café, tu entends le ding ding de l’ascenseur. À travers tout ça, il faut que tu trouves une porte. Et il y a un chronomètre qui tourne. » L’objectif était de faire ressentir l’anxiété vécue par une personne autiste dans une situation qui peut sembler banale d’un point de vue extérieur. « Ça permet aussi de voir que la société en général n’est pas adaptée pour la neurodiversité. C’est facilement très épuisant. »
Pour elle qui arrive à la fin de son stage, ce qui a marqué le plus Stéphany De Carufel, c’est « qu’il y a autant de personnes autistes que de sortes d’autisme. On donnait des exemples de comportements, mais chaque personne est complètement différente. »
« Le mois de l’autisme est important parce qu’il permet de rappeler qu’il faut en parler, de l’autisme. Ce n’est pas en parlant une fois par année que ça va changer la situation. On connaît tous et toutes une personne, je crois, dans notre entourage qui est TSA. Il faut en parler toute l’année. Les personnes TSA ont leur place dans la société, autant à l’école qu’en emploi », conclut Mme Talbot.