Culture

Quand Rouyn-Noranda devient une aventure photographique

Le livre historique Rouyn-Noranda : Du cinquantenaire au centenaire de François Ruph fait la présentation équilibrée tant technologique, qu’architecturale ou environnementale des lieux, montrant à la fois ce que le photographe a aimé instantanément d

François Ruph

Le livre historique Rouyn-Noranda : Du cinquantenaire au centenaire de François Ruph fait la présentation équilibrée tant technologique, qu’architecturale ou environnementale des lieux, montrant à la fois ce que le photographe a aimé instantanément de la ville.

L’auteur propose ainsi un tour de Rouyn-Noranda depuis la Mine Noranda jusqu’à la Fonderie Horne, tout en touchant à une variété de sujets concernant la municipalité.

Photographe convaincu avant même son arrivée en terres abitibiennes, François Ruph arrive à Rouyn-Noranda à la fin des années 1960. Dès lors, il est fasciné par l’architecture western et les caractéristiques boom town de la ville, lui qui est amoureux d’aventures et des livres sur la ruée vers l’or de Jack London. Le soir de son arrivée, une première promenade lui fait découvrir le lac Osisko et la Mine Noranda avec ses cheminées qui pointent vers le ciel. Avec les épinettes qui bordaient la route qui le menait jusqu’à sa ville d’accueil, il remarque ce contraste entre la ville productrice et la nature « vierge ». Il se dit à ce moment : « C’est un pays qui va me plaire. »

Après quelques années d’enseignement au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, il se trouve un emploi dans le domaine du journalisme et couvre des sujets comme celui des mines. Il alterne des contrats entre la France et l’Abitibi-Témiscamingue, qui lui font rencontrer des centaines de personnes et couvrir tout autant de sujets qui nourrissent ses connaissances professionnelles et personnelles.

Un jour, c’est une rencontre marquante qui change le cours de sa vie artistique : celle de Benoit-Beaudry Gourd, « l’historien de l’Abitibi ». Ensemble, ils décident de commencer un projet d’exploration photographique de la région. « Lui, ce qu’il l’intéressait, c’était de faire les entrevues avec les pionniers. Moi, ce qui m’intéressait, c’était de faire le tour de l’Abitibi avec des photographies. »

C’est avec le soutien d’une subvention généreuse qui leur permettait d’obtenir la pellicule photographique à volonté qu’ils ont entamé le processus d’exploration. « On s’est lancés dans cette aventure un petit peu avec l’esprit du National Geographic. » Déjà, ils prévoyaient de publier le résultat final sous forme de livre, mais des circonstances économiques liées à la publication de photos en couleurs ont retardé la faisabilité du projet. « Ça coûtait les yeux de la tête. »

Comme il devenait impossible de produire un livre en couleurs, ils ont présenté une exposition à la Maison de la culture de Verdun, à Montréal. « Ç’a été l’occasion d’organiser un mois complet sur l’Abitibi, avec un groupe de théâtre, des poètes, des écrivains. » C’étaient 70 photos en grand format, en couleurs, qui prenaient place sur les murs. Ces photos ont finalement été données à la Bibliothèque et Archives nationales (BAnQ) à Rouyn-Noranda et conservées professionnellement, et plus tard numérisées.

Quelques décennies plus tard, les technologies numériques ayant évolué, les prix de production de livres en couleurs également et, en plus, arrive un événement qui change la donne pour M. Ruph. « Avec le 100e [de Rouyn-Noranda], je me suis dit que si je voulais publier, c’était l’occasion ou jamais. » En revanche, pris dans un déménagement, il arrive trop tard pour la période de demandes de subvention affiliées au 100e. Tout de même, l’organisation lui garantit, « au moment de la diffusion, toutes les possibilités pour l’associer à des événements » des festivités.

C’est à ce moment qu’avec son éditeur Michel Gosselin, M. Ruph et lui évaluent combien ils sont « prêts à risquer ». « On partage 50 % des risques et des bénéfices, ce qui n’est pas dans les habitudes des éditeurs », confie le photographe. En découle une nouvelle collaboration, avec M. Ruph aux textes et aux photographies, et M. Gosselin au graphisme et à la présentation du livre. Une prévente a vu le jour ensuite, et la réponse du lectorat les a rassurés quant à la rentabilité du livre. « On envisageait 800 exemplaires. À la fin de la période de commandes en prévente, on avait déjà 400 exemplaires vendus. »

Alors, la décision a été d’augmenter la qualité du livre. « On est allés chercher ce qu’il y avait de meilleur », autant pour la qualité de la couverture, du papier, que de l’impression.

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