Offenbach renaît dans l’intimité d’un bar de Rouyn-Noranda
Un enregistrement oublié, capté il y a plus de 40 ans dans un bar de Rouyn-Noranda, refait aujourd’hui surface et offre une plongée rare dans l’univers brut d’Offenbach. Derrière cette redécouverte : Louis Bonneville, nouveau propriétaire d’Offenbach
Un enregistrement oublié, capté il y a plus de 40 ans dans un bar de Rouyn-Noranda, refait aujourd’hui surface et offre une plongée rare dans l’univers brut d’Offenbach. Derrière cette redécouverte : Louis Bonneville, nouveau propriétaire d’Offenbach inc., qui travaille à faire revivre le catalogue du mythique groupe québécois.
C’est au printemps 1982, en pleine tournée de clubs, qu’Offenbach s’arrête au Bar L’Occasion. Le groupe, alors accompagné de son nouveau batteur Pat Martel, y livre une performance énergique, interprétant presque intégralement l’album Traversion, considéré comme l’un des piliers de son répertoire. L’enregistrement de ce spectacle, longtemps resté dans l’ombre, est aujourd’hui remastérisé et prêt à être redécouvert par le public.
« On a l’impression d’être collés sur le groupe », résume Louis Bonneville en décrivant cette captation. Contrairement aux grands concerts qui ont marqué la carrière d’Offenbach, cette version propose une proximité rare. « On est dans un bar. On entend les chansons comme elles ont été conçues, presque comme si on assistait à une répétition. »
Cette authenticité constitue justement la richesse du projet. À une époque où les productions musicales misaient abondamment sur les effets sonores et la réverbération, cet enregistrement se distingue par sa simplicité. « Entre 1975 et 1985, il y avait beaucoup d’effets. Ici, on revient à quelque chose de naturel, de direct », explique M. Bonneville.
Le travail de restauration n’a toutefois pas été sans défis. Les bandes originales présentaient plusieurs imperfections techniques, notamment une vitesse de lecture altérée qui affectait la tonalité des chansons. « J’ai dû retrouver la bonne vitesse pour ramener les pièces dans leur tonalité originale », précise-t-il. À cela s’ajoutait un déséquilibre sonore marqué, particulièrement au niveau des cymbales, qu’il a tenté d’atténuer sans dénaturer l’enregistrement.

Gracieuseté
Malgré ces limites, le résultat demeure impressionnant pour une captation réalisée avec des moyens modestes. Bonneville croit d’ailleurs que l’enregistrement provient d’un simple retour de console stéréo, possiblement enrichi de quelques micros d’ambiance. « Ils n’auraient pas eu les moyens d’un studio mobile à Rouyn à cette époque-là », souligne-t-il.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de préservation du patrimoine musical d’Offenbach. Depuis qu’il a acquis Offenbach inc. en octobre 2025, M. Bonneville s’est donné pour mission de remettre en circulation les enregistrements du groupe. L’entreprise détient notamment les bandes originales ainsi que la marque de commerce associée à Offenbach.
« Mon objectif, c’est de diffuser le plus de musique possible et de la rendre accessible, autant aux fans de la première heure qu’aux nouvelles générations », affirme-t-il. Une mission qu’il mène avant tout par passion. « Ce n’est pas un projet très lucratif. C’est vraiment pour garder cette œuvre vivante. »
L’album, qui a été lancé à l’occasion du Record Store Day le 18 avril dernier, est offert en vinyle et en CD. Il comprend également une version marquante de Quand les hommes vivront d’amour, enregistrée en 1979 à Bromont.
Même la pochette du disque témoigne de cette volonté de faire revivre l’histoire du groupe. M. Bonneville a choisi de réutiliser une illustration oubliée de Vittorio Fiorucci, déjà associée à une réédition de Traversion dans les années 1980, à laquelle il a ajouté un fond noir pour distinguer cette nouvelle parution.
Déjà disponible sur les plateformes numériques depuis décembre dernier, l’album suscite l’intérêt des amateurs. À Rouyn-Noranda, un point de vente local pourrait même devenir un lieu privilégié pour se le procurer. Cette sortie marque ainsi un nouveau chapitre pour Offenbach. Un retour aux sources, dans tous les sens du terme, où l’énergie d’un spectacle capté dans un bar il y a quatre décennies continue de résonner aujourd’hui.