Culture

Ce qui se passe dans leurs intérieurs

Du 10 au 22 avril 2026, les artistes Lou-Raphaëlle Paul-Allaire et Alex Alisich ont vécu une résidence de création dans les locaux de l’Écart, à Rouyn-Noranda. Ces deux semaines donnent lieu à de la recherche et de l’exploration pour en arriver, fina

Lou-Raphaëlle Paul-Allaire et Alex Alisich @Christian Leduc

Du 10 au 22 avril 2026, les artistes Lou-Raphaëlle Paul-Allaire et Alex Alisich ont vécu une résidence de création dans les locaux de l’Écart, à Rouyn-Noranda. Ces deux semaines donnent lieu à de la recherche et de l’exploration pour en arriver, finalement, à une exposition. Rencontre avec elles alors qu’elles en sont à la moitié de la résidence.

Dans cet espace-temps de deux semaines à l’Écart, Lou-Raphaëlle Paul-Allaire et Alex Alisich ne se donnent aucune contrainte pour créer. Elles réfléchissent, testent des médiums et des techniques, abordent leurs intérieurs comme matière et s’inspirent l’une de l’autre. « On s’inspire des choses au quotidien, et après on fait un peu de recherche là-dessus. On creuse et on voit qu’on pourrait essayer telle chose ou telle chose », résume Mme Alisich.

Utilisant les locaux comme leur terrain de jeu, alors qu’au moment de cette discussion, les artistes arrivent à la fin de leur première semaine de résidence, elles ont conscience que, d’ici le 20 avril, elles devront commencer à tester davantage les installations. Ensemble comme duo artistique, mais également comme couple au quotidien, elles travaillent à deux depuis deux ans seulement, et ont découvert une complémentarité à leurs méthodes respectives.

Touchant davantage à l’image en mouvement et à la vidéo, Alex Alisich énumère « l’image, le son, le corps, le mouvement, la lumière » qui sont le centre de sa pratique. Alors que Lou-Raphaëlle Paul-Allaire se spécialise davantage dans la musique et à la performance de manière autodidacte. Leurs réflexions sont alors tournées vers les matières transparentes comme l’époxy, réfléchissantes comme le miroir et lumineuses, et vers la thématique du monde aquatique, qui les inspire autant visuellement que de façon auditive. « On s’est acheté un aquarium voilà un mois et on adore ça », confie Mme Paul-Allaire.

Exposition de Lou-Raphaëlle Paul-Allaire et Alex Alisich

Une partie de l’exposition présentée à la fin de leur résidence à l’Écart. (Photo : Gracieuseté)

Pour résumer, elles souhaitent créer des ambiances, comme une entrée sur leurs intérieurs. « Il y a aussi un contexte de travail personnel à travers ça parce que, oui, on est en couple, mais aussi on fait de la thérapie chacune de notre bord », ajoute cette dernière. Avec le souci de son image et de son reflet dans le miroir, Mme Paul-Allaire partage cette sensibilité avec sa conjointe. Et ce serait probablement, dilué à travers les mondes aquatiques, le fil conducteur de leurs réflexions.

En revanche, comme le moment est à la recherche et aux réflexions, Mme Alisich rappelle que tout est encore sujet à changement, dépendamment de l’avancement de la résidence. « C’est pour ça qu’on essaie de ne pas trop se mettre de limites dans la création. » Puisque toute leur démarche proviendrait de l’inconscient, même si à ce moment-là le sujet se trouve en les mondes aquatiques, il serait possible qu’une semaine plus tard, tout ait changé.

Le fait est qu’en commençant à placer leur matériel dans l’espace, d’autres angles pourraient leur apparaître, tout est appelé à être modifié en cours de route. « On a fait un peu de musique, on a tourné des images. On travaille aussi avec des télévisions, des caméras de sécurité, le regard extérieur, son propre regard », explique Mme Paul-Allaire. « Mais puisque qu’on va faire une exposition, placer nos réflexions dans l’espace pour un but spécifique va nous donner d’autres idées. On est rendues dans le milieu de la résidence présentement. Il nous reste une semaine », rappelle-t-elle.

L’équilibre entre la création, la réflexion, les expérimentations et les installations n’est peut-être pas encore existant à cette étape de la résidence, mais une chose l’est et, pour elles, c’est le plaisir d’y être. « Retourner à la matière, jouer avec les choses, jammer à deux », résume Mme Alisich. « Dans les résidences de création, c’est ce qu’on aime le plus ensemble : on se partage nos médiums. Moi, je suis retournée vers le cinéma, et elle dans la musique. C’est un partage de connaissances et de jeu », conclut Mme Paul-Allaire.

À lire aussi