L’univers du monde minier : la découverte de Benoit Audet
Benoit Audet n’avait plus d’intérêts professionnels. Il se cherchait un emploi, sans savoir vers quelle voie se tourner. C’est alors qu’un ami lui a proposé un boulot pour Service technique Exploration minière. Ayant commencé sa carrière minière à la
Benoit Audet n’avait plus d’intérêts professionnels. Il se cherchait un emploi, sans savoir vers quelle voie se tourner. C’est alors qu’un ami lui a proposé un boulot pour Service technique Exploration minière. Ayant commencé sa carrière minière à la fin des années 2000, sans même avoir de formation dans le domaine, il travaille désormais pour Agnico Eagle à la division La Ronde depuis plusieurs années.
Il commençait sa carrière à partir de rien, mais était motivé à tout apprendre. Il possédait son diplôme d’études secondaires (DES), tout simplement, et des qualités qui lui seraient utiles tout le long de son parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui.
« Un jour, mes collègues en géologie m’ont demandé si j’avais de l’intérêt pour continuer et apprendre plus, suivre mes modules miniers et apprendre tout le suivi géologique. J’ai accepté et le parcours s’est poursuivi. J’ai été engagé par Agnico Eagle officiellement le 11 janvier 2010. Je ne connaissais absolument rien en géologie ni dans le domaine minier… rien. J’ai tout appris, comme on dit, sur le tas. [À ce jour], je travaille depuis 17 ans en géologie », raconte-t-il.
Un milieu formateur
Sa soif d’apprendre et sa curiosité à en connaître davantage lui ont permis, aujourd’hui, de travailler à la surface, alors qu’il a commencé sous terre et qu’il a découvert que ce n’était pas sa préférence. « Maintenant, je suis au service surface, je fais de l’arpentage, que j’ai dû apprendre. Je fais aussi de la supervision. Donc, je m’occupe des étudiants et de tous les travaux généraux, comme la tonte de pelouse, l’entretien, la peinture. Cette année, j’ai eu un groupe de 26 étudiants, dont j’avais la charge complète pendant quatre mois. Je le ferai à nouveau en 2026. [Certes], j’ai travaillé sous terre. J’ai fait ce qu’on appelle le suivi géologique ; j’allais “tchiper” les murs pour voir la minéralisation qu’il y avait dans les chantiers, sur les murs de points de soutirage. Je me promenais en tracteur et j’allais dans différents secteurs pour faire les suivis géologiques. »
Benoit Audet parle avec passion des apprentissages qu’il fait depuis son arrivée dans le domaine minier, des apprentissages touchant à plusieurs sections de La Ronde. « J’ai appris beaucoup et de tout. À partir du moment où les boîtes de carottes montaient à la surface ; ouvrir les boîtes, mesurer, échantillonner, scier, métrer, identifier, raquer, inventorier, faire le soutien au géologue. J’ai appris aussi à identifier la minéralisation ; identifier l’or, l’argent, le cuivre, le zinc à travers les carottes. Parce que le but, dans le domaine minier, c’est de sortir des minéraux. En fait, on est dans une mine polymétallique, ce qui veut dire qu’on extrait quatre principaux minéraux : l’or, le cuivre, le zinc et le plomb. Voilà tout le processus de minier. Je suis même en train d’apprendre d’autres domaines, comme concentrateur… tout ce qui s’appelle chimie, les concentrés, l’usine. C’est très large ce que je fais présentement ! »
Une des réalités du terrain
La variété des emplois disponibles dans les milieux miniers est vaste, peut-être plus vaste que ce qu’il est possible de s’imaginer. En travaillant à la surface, Benoit Audet touche à de nombreuses tâches physiques, toutes différentes les unes des autres. « J’ai une camionnette et je me promène. Je vais voir les entrepreneurs pour les différents travaux d’excavation et pour effectuer des travaux en tout genre, allant de la plomberie, au transport de matériel… tout ce qui a trait à l’entretien général de la surface. On fait des suivis de travaux, aussi. Par exemple, présentement, avec Moreau électrique, on a excavé, on fait une dalle de béton sur laquelle on va mettre des infrastructures électriques. Et moi, je supervise tout ça. J’ai les plans, les permis, les devis, on fait suivre ça. On travaille avec nos patrons, nos superviseurs généraux. »
Plusieurs des formations permettent de rester à jour sur les enjeux de santé et de sécurité au travail. « On est beaucoup dans les réglementations, dans les procédures. On enseigne la santé et sécurité aux travailleurs au quotidien. Il y a les suivis des travaux, mais aussi les suivis de sécurité. Comme on se doutait au départ, c’est dangereux, mais, en même temps, on est tellement protégés et renseignés sur les procédures… les risques de blessures sont beaucoup moins importants que dans les années 1970-1980, par exemple. C’est juste que quand il y a un accident, c’est spectaculaire parce que c’est sous terre. »
La conciliation travail — famille
Être dans le personnel-cadre permet à Benoit Audet de profiter d’un horaire stable de 40 heures, quatre jours par semaine. « Seule chose, c’est qu’au fil des années, je n’ai pas été beaucoup là pour mes enfants, le matin, dans le quotidien. Quand je pars, tout le monde dort. Par contre, j’arrive pour le souper, que je fais toujours. Par exemple, j’ai ma fille une semaine sur deux. Je suis là pour ses sports, ses activités, son quotidien. [Par conséquent], la conciliation travail — famille, en ce moment, c’est le meilleur que je pouvais avoir. »
Qui plus est, il travaille dans une équipe qu’il apprécie et qu’il l’apprécie en retour. C’est peut-être là ce qui le retient le plus à son emploi actuel. « Quand j’étais à la géologie, j’avais une super équipe. Maintenant que je suis à la surface, j’ai aussi une super équipe. J’ai de bons boss, on a une bonne ambiance de travail, de bonnes conditions de travail. Même si je me considère jeune à 50 ans, les avantages sociaux qu’on a [me permettent de préparer] un plan de retraite, c’est merveilleux. Côté salaire, je devrais avoir une augmentation prochainement. Toutes les conditions sont là pour continuer. Je me sens apprécié aussi. Des petites tapes dans le dos, j’en ai quand même régulièrement. Je pense que je suis apprécié de mes collègues. »
Ses conseils pour ceux qui hésitent à se lancer
Entrer en contact avec une entreprise minière par le biais de son site web pour demander à visiter serait le conseil de Benoit Audet. « Je pense que ça vaut la peine de venir faire un tour, carrément. Juste des ouï-dire, c’est une chose, mais quand tu viens faire une visite… quand les étudiants viennent, ils n’ont pas nécessairement le but de travailler dans les mines, mais il y en a qui finissent par aimer ça. Que ce soit de conduire de la machinerie lourde, de travailler avec les chimistes, avec les concentrateurs et leurs procédés pour en arriver aux concentrés de tous les métaux. »