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Mines

Manon Rouillier : un parcours au rythme de l’industrie

Bien qu’elle ne soit pas revenue vivre en Abitibi-Témiscamingue après ses études en communication et marketing à Québec, le parcours de Manon Rouillier, rythmé par le secteur industriel qu’elle représente avec passion, démontre qu’elle a encore la ré

Manon Rouillier

Bien qu’elle ne soit pas revenue vivre en Abitibi-Témiscamingue après ses études en communication et marketing à Québec, le parcours de Manon Rouillier, rythmé par le secteur industriel qu’elle représente avec passion, démontre qu’elle a encore la région tatouée sur le cœur.

Issue d’une famille opérant une compagnie de forage bien connue, Manon n’aurait jamais pensé se retrouver à nouveau dans le secteur minier avec son travail. Un détour inattendu l’a ramené vers le domaine. « Quand j’ai terminé mon secondaire, je suis allé à Québec au cégep, après ça je suis allée à l’université d’Ottawa puis je suis revenue à Québec. J’étais tombée en amour avec la ville. J’ai poursuivi ma carrière en communication et marketing dans des entreprises de Québec. C’est vraiment quand j’ai perdu mon emploi dans un congé de maternité que j’ai décidé de partir à mon compte. Donc ça fait 17 ans. Ma fille avait neuf mois », raconte la fondatrice de l’agence de communications Rouillier.

Le secteur industriel n’étant pas bien desservi malgré l’abondance d’agences de communications un peu partout, Mme Rouillier a eu l’instinct de choisir ce domaine plus niché qui englobe le secteur minier, naval et forestier, entre autres. L’entreprise compte maintenant des clients partout en province. « Je connaissais les termes, je connaissais les gens et mon nom de famille est connu, donc c’était facilitant. Je ne suis pas retournée en Abitibi, je suis restée à Québec, mais ma famille est encore là. Et je voyage constamment vers la région », affirme-t-elle.

Le succès de son agence s’explique selon elle par l’approche client qu’elle cultive et les résultats motivants qu’elle récolte. « Quand on commence un mandat avec un client, la plupart du temps, on s’en va en usine, on va le rencontrer. On met nos lunettes de sécurité, nos bottes à cap et on va rencontrer notre client. Ces gens-là, ce sont des PME du Québec, ce sont des entrepreneurs, on a nos deux mains dans tout ce qui fait la croissance du Québec. C’est riche et motivant de savoir qu’il y a une petite partie de nous autres là-dedans. On aide ces entreprises à avoir une vision internationale, à se démarquer, à lancer de nouveaux produits, à pénétrer des marchés où ils ne seraient peut-être pas allés avant », explique la femme d’affaires.

Le monde minier en balado

Manon Rouillier ne cache pas son attachement pour les gens du secteur minier et elle aime en parler. Quoi de mieux qu’un balado pour faire rayonner le sujet ? Six ans et 109 épisodes plus tard, le Podcast Minier, produit par l’agence de communication Rouillier, connaît un succès retentissant dans le monde des mines. « Les podcasts devenaient très populaires, tout le monde commençait à parler de ça. J’avais comme le goût de me démarquer et d’innover avec un nouveau service, mais ça ne me tentait pas de faire ça sur les communications et le marketing. Pourquoi pas le faire sur le secteur minier, c’est mal desservi, il n’y a jamais personne qui en parle comme du monde. Et je me suis dit, je viens de l’Abitibi, je suis née dans le secteur minier, donc c’est ma façon de redonner au secteur. »

C’est toutefois un travail exigeant au niveau du montage, qui prend 15 h par épisode, de la promotion, mais aussi de la vente de commandite. « Pendant cinq ans, le podcast a été du bénévolat pur et dur. On s’est présenté partout dans les salons industriels, on a demandé des entrevues et aujourd’hui, on est chanceux d’avoir notre partenaire principal du podcast qui est Agnico Eagle. Aujourd’hui, les entreprises, c’est elles qui viennent vers le podcast pour avoir une entrevue ou commanditer une entrevue. L’objectif avec le Podcast Minier est d’avoir de l’argent pour aller encore plus dans les écoles, sur le terrain, faire encore plus de shows parce qu’on veut parler de plus en plus à des gens de terrain, à des gens qui vivent le quotidien et de les entendre ces gens-là », témoigne Mme Rouillier. Elle ajoute que « le podcast minier est reconnu partout dans l’industrie, c’est une fierté qu’on a d’avoir notre podcast. Les gens s’approprient le podcast, c’est la voix des entrepreneurs, la voix des projets. »

« J’ai eu récemment Canadian Royalties qui parle des découvertes qu’ils ont faites. Des étudiants qui sont à la polytechnique ou à l’UQAT et qui écoutent ça, bien ça leur donne une vision, une porte d’entrée du secteur où ils vont éventuellement travailler. Les gens en veulent plus, ils voudraient plus un côté éducatif, donc je vais avoir besoin d’encore plus de temps et d’argent pour pouvoir le propulser », conclut l’entrepreneure motivée.

Manon Rouillier est également impliquée avec l’organisation Women in mining Canada, une organisation consacrée aux femmes dans le secteur minier.

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