Tendances alimentaires : ce qui gagne du terrain
De nouvelles façons de manger s’installent. Portée par une génération de consommateurs curieux, l’essor des producteurs locaux et une sensibilité accrue aux enjeux de santé et d’environnement, une série de tendances alimentaires gagnent du terrain da
De nouvelles façons de manger s’installent. Portée par une génération de consommateurs curieux, l’essor des producteurs locaux et une sensibilité accrue aux enjeux de santé et d’environnement, une série de tendances alimentaires gagnent du terrain dans la région. Voici donc quelques-unes de ces pratiques qui tendent à s’enraciner.
Au cœur des saveurs boréales
Les richesses comestibles de notre forêt boréale et de nos écosystèmes nordiques s’invitent de plus en plus dans nos assiettes et nos verres. Ces produits, longtemps discrets, tracent aujourd’hui leur chemin jusque dans nos habitudes. C’est le constat, entre autres, d’Agri-Réseau, qui confirme que les saveurs boréales gagnent « sans cesse en intérêt et en notoriété » dans les régions nordiques du Québec comme la nôtre. Plusieurs entreprises d’ici séduisent nos papilles en puisant à même ces ressources naturelles. On pense, entre autres, à Alpha Tango, de Val-d’Or, cette première distillerie au monde à utiliser la quenouille dans des spiritueux, à Le Pack de Saveurs, qui, à l’automne dernier, servait ses délicieux dumplings aux champignons sauvages au Marché Public d’Amos, ou même à Le Goût du Pays, de Duhamel-Ouest, avec ses rafraîchissants glaçons de style « Mr. Freeze » à base d’eau de bouleau et aromatisés avec des sirops forestiers tels que le sapin, l’érable, la comptine voyageuse et le thé du labrador.
La mission éducative
Faire du consommateur un acteur éclairé prend aussi une place grandissante dans les pratiques actuelles. Portées par une nouvelle génération d’artisans du goût, de petites entreprises agroalimentaires transforment la cueillette et la sensibilisation en véritables gestes militants. Elles ne vendent plus seulement des produits ; elles transmettent des savoirs et une manière d’habiter le territoire. Ateliers en forêt, formations express, rencontres terrain… ces microstructures font de l’éducation un outil d’impact. Célia Fournier-Cantin, propriétaire de Marché Mycélia, à Destor, s’est donné cette mission. Elle offre divers services reliés à la forêt boréale, tels que des randonnées guidées sur les champignons et les plantes comestibles et médicinales. Xavier Mantha et Roxanne Labbé, de Vers Forêt, à Latulipe, proposent aussi des ateliers de comestibles sauvages. Avec leurs formations, leurs expériences gastronomiques et leur Danse de la Quenouille, le couple souhaite rassembler les gens autour de la nourriture issue de la cueillette, apprendre de la forêt et festoyer tout en honorant les savoirs ancestraux.
Le goût de la proximité
Malgré l’immensité du territoire et les kilomètres qui séparent souvent producteurs et consommateurs, les circuits courts ont aussi la cote en Abitibi-Témiscamingue. De plus en plus de producteurs agricoles misent sur la vente directe ou sur des intermédiaires réduits pour rapprocher leurs produits des tables régionales. Cette tendance, portée par la recherche de fraîcheur, de transparence et d’ancrage local, redéfinit peu à peu la manière dont la région s’approvisionne et valorise son propre terroir. On peut penser, entre autres, aux nombreux marchés publics saisonniers présents dans les cinq MRC de l’Abitibi-Témiscamingue, à l’explosion des kiosques à la ferme et à l’abonnement aux paniers de légumes, toutes des expériences qui établissent un lien de confiance et de proximité entre la population et ces artisans de l’agroalimentaire.
Transformer pour plus de diversité
Les produits transformés à partir des ressources locales sont en constante augmentation. Le site web Goûtez AT témoigne de la grande richesse et de la diversité des produits que l’Abitibi-Témiscamingue a à offrir. À titre d’exemples, on y trouve Jardin Obaska, à Barraute, avec ses conserves de légumes, Boréalait, à Saint-Félix-de-Dalquier, avec sa gamme de fromages artisanaux et aromatisés, Ékorce Kombucha, à Val-d’Or, avec ses boissons fermentées, Des Praz & Filles, à Rémigny, avec ses viandes transformées, Miellerie la Grande Ourse, à Saint-Marc-de-Figuery, avec ses alcools artisanaux, etc. Le savoir-faire agroalimentaire est définitivement en pleine expansion.
Avec 582 exploitations agricoles et 31 entreprises de transformation mises en valeur sur Goûtez AT, le message est clair : l’Abitibi‑Témiscamingue mange local. La vibe est forte, les habitudes évoluent et le mouvement rassemble. Appuyée par l’UPA et ses initiatives promotionnelles, cette dynamique prend de plus en plus de place dans le quotidien des gens d’ici. Une seule conclusion s’impose : Mangeons local. Point final.