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Cahiers spéciaux

Un kiosque agrotouristique à Rémigny : le nouveau rêve pour Des Praz et filles

Le projet de la ferme et de l’entreprise Des Praz et filles en est un de famille, d’audace et de créativité. Fondée en 2012, l’entreprise a débuté comme ferme d’élevage bovin uniquement, est passée par la propriété d’un abattoir régional, a possédé u

Famille de Christel Groux | Des Praz et filles | Cahier AGRO

Le projet de la ferme et de l’entreprise Des Praz et filles en est un de famille, d’audace et de créativité. Fondée en 2012, l’entreprise a débuté comme ferme d’élevage bovin uniquement, est passée par la propriété d’un abattoir régional, a possédé une boutique en ville, à Rouyn-Noranda, et maintenant lance une campagne de sociofinancement pour ouvrir un kiosque agrotouristique à la ferme, à Rémigny.

Derrière cette évolution se trouve un parcours entrepreneurial ponctué de remises en question et de choix stratégiques. « Au départ, on faisait naître des veaux qu’on vendait à l’encan. Mais ce qu’on voulait ultimement, c’était de commercialiser notre propre viande », explique la copropriétaire, Christel Groux.

Après quelques années à se consacrer uniquement à l’élevage, le couple franchit une étape marquante en 2017 en faisant l’acquisition de l’abattoir d’Évain. « C’est là qu’on a eu la boutique en ville et la boutique en ligne (qui va revenir éventuellement). »

Mais l’expérience, bien que formatrice, ne correspond pas entièrement à leurs aspirations. « Opérer un abattoir, ce n’est pas ce qu’on voulait dans la vie. Nous, on voulait être près de notre ferme et des animaux », confie Mme Groux. À cela s’ajoutent des enjeux financiers qui mèneront à la décision de se départir de cette activité l’an dernier.

Ce recentrage sur la ferme de Rémigny ouvre toutefois la porte à de nouvelles idées. Au fil du temps, les journées de marché organisées sur place révèlent un intérêt marqué du public. « Les gens aimaient venir sur le site, voir les animaux, être dans l’ambiance de la ferme. Ça a vraiment germé en nous », raconte-t-elle.

De cette réponse positive naît un nouveau projet, celui de développer un volet agrotouristique. L’idée d’un kiosque à la ferme s’impose peu à peu comme une suite logique, mais elle se heurte d’abord à des contraintes réglementaires. Tant que l’abattoir est en activité, il est impossible d’exploiter un tel espace sur le site.

Aujourd’hui, les propriétaires peuvent enfin concrétiser leur vision. Une campagne de sociofinancement a été lancée le 27 mars dernier afin de soutenir la réalisation du projet. L’objectif est fixé à 15 000 $, une somme qui servira notamment à aménager un espace de type « bar laitier » et à bonifier l’accueil des visiteurs.

« C’est sûr que ça va nous donner un coup de pouce financier, mais c’était aussi pour faire parler du projet », souligne Mme Groux. La stratégie semble porter ses fruits : d’anciens clients ont repris contact et manifesté leur enthousiasme à l’idée de retrouver les produits de l’entreprise.

Vue aérienne de la ferme Des Praz et filles | Cahier AGRO

Vue aérienne de la ferme (Photo : Frédéric Patoine)

Car malgré une pause dans certaines activités, Des Praz et filles ajoute déjà sa signature sur le marché régional, avec son bœuf élevé sans hormones ni antibiotiques qui s’y est taillé sa place. À cela s’ajoute une offre de produits transformés — saucisses, mets préparés — que l’entreprise souhaite relancer dans cette nouvelle mouture.

Le futur kiosque ne se limitera pas à la vente de produits. Les entrepreneurs souhaitent en faire un lieu de rencontre entre le public et le milieu agricole. Un sentier éducatif destiné aux enfants est notamment prévu, ponctué de stations interactives. « On veut que les gens viennent vivre une expérience, pas seulement acheter », résume la copropriétaire.

Des activités saisonnières, comme un marché d’automne ou un marché de Noël, sont également envisagées. Si l’offre demeurera modeste au départ, le calendrier devrait s’étoffer au fil du temps, une fois les installations complétées.

Cette diversification répond aussi à une volonté bien ancrée : préparer la relève. Les filles du couple, encore jeunes, pourraient un jour intégrer l’entreprise familiale. « On veut se diversifier pour leur faire de la place. Chacune pourra développer ce qui l’intéresse », explique Mme Groux, évoquant déjà des projets à venir, dont certains restent à dévoiler.

Au-delà des considérations économiques, la ferme demeure avant tout un mode de vie pour la famille. Malgré un emploi à temps plein à l’extérieur, Mme Groux insiste sur cet aspect central. « Notre vie tourne autour de la ferme. On aime ça recevoir, on aime ça être ici. Ce n’est pas un travail. »

Ce choix de vie se reflète aussi dans l’image de marque de l’entreprise. Le nom « Des Praz » puise ses racines dans les origines suisses de la copropriétaire. Il évoque les prairies où les vaches étaient, dans son enfance, menées au pâturage, un clin d’œil à une agriculture proche de la nature et des traditions.

Si le projet comporte son lot d’incertitudes, météo, contexte économique, achalandage, les entrepreneurs misent sur leur capacité d’adaptation. « On a développé une certaine agilité avec le temps », affirme Mme Groux.

En lançant leur campagne de sociofinancement, ils souhaitent aussi renforcer le lien avec leur communauté. L’initiative permet aux citoyens de contribuer concrètement au projet, tout en créant un sentiment d’appartenance. « C’était important pour moi que les gens puissent en faire partie », dit-elle.

À terme, le kiosque agrotouristique pourrait ainsi devenir bien plus qu’un point de vente : un lieu vivant, ancré dans son territoire, où se rencontrent agriculture, famille et communauté.

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