Une création pour réfléchir au monde qui nous entoure
Dans le cadre de son 56e anniversaire, l’école de danse PRELV Inc., sous la direction de la chorégraphe et fondatrice, Lynn Vaillancourt, invite la population à sa 62e création artistique. L’œuvre qui a pour titre L’infini sera présentée au Théâtre d
Dans le cadre de son 56e anniversaire, l’école de danse PRELV Inc., sous la direction de la chorégraphe et fondatrice, Lynn Vaillancourt, invite la population à sa 62e création artistique. L’œuvre qui a pour titre L’infini sera présentée au Théâtre du Cuivre le vendredi 15 mai 2026 à 19 h.
« Il n’y a pas de frontières sur la planète, dans l’univers. On n’a pas découvert ce qu’il y a à ces extrémités, puis on ne le saura pas. Même, on va avoir le temps de mourir, et les enfants aussi, avant de le découvrir, je pense, parce que c’est trop grand », s’exprime Mme Vaillancourt sur le choix de la thématique de ce spectacle de fin d’année.
Observatrice des réalités actuelles qui touchent la planète, ses populations et ses dévastations, la directrice de l’école de danse témoigne des défis que cela représente pour ses élèves. Malgré leur jeune âge, les danseuses ont conscience des inondations, des feux, des guerres, et elle souhaitait faire naître un sentiment d’engagement en elles. Tout comme elles le sont dans leur processus d’apprentissage de leur discipline.
Non seulement le thème a été inspiré de ces observations personnelles, mais également d’une lecture très précise. « Cette année, en lisant le dernier livre de Hubert Reeves, j’ai été inspirée pour mon thème. » Ce livre axé sur les valeurs humaines et la nature, selon la lecture de Mme Vaillancourt, la ramenait à ses enseignements à l’école de danse. « C’est pour ça que j’ai choisi l’infini, c’est-à-dire l’immensité, l’univers et ce qu’on est dedans, le petit grain de sable », résume-t-elle.
Le thème se transpose dans le spectacle par la personnification d’une petite fille seule, qui craint cette solitude et à qui il lui manque l’amour, la famille, les humains et la nature. Ou bien, « en profitant d’un passage d’oiseaux pour aller faire le tour de ce qu’on peut savoir aujourd’hui, pour voir le soleil, la lune, les astres, les constellations. »
Pour plusieurs d’entre elles, monter sur scène pour présenter leur numéro peut faire vivre une certaine forme de stress. Et justement, la gestion du stress leur est enseignée par des sessions de chant, notamment. Parce que le stress ne doit pas déteindre sur leur numéro. « Il faut que ce soit fait dans le plaisir et le bonheur de danser. »
Préparées à vivre ce moment depuis le début de l’année d’enseignement, les danseuses ont pratiqué et peaufiné leurs nombreux numéros depuis des mois. « C’est plus intense dans la deuxième session pour aller plus dans les détails. Les petits font deux danses. Les enfants de quatrième, cinquième et sixième années font six numéros. Les plus vieilles en font quatorze. Elles pratiquent beaucoup. » L’objectif de ces pratiques est, certes, de travailler dans le détail la danse, mais également de miser le bien fait et le bien mis, et ce, dans le respect, valeur sur laquelle Mme Vaillancourt insiste.
Arriver à ce spectacle de fin d’année procure joie et tristesse aux élèves, car, bien que l’événement se veut festif, il marque également la fin d’une étape et rend nostalgiques la plupart d’entre elles. « Par contre, c’est la joie qui domine. »
C’est ainsi qu’au-delà de la performance artistique, Lynn Vaillancourt souhaite surtout que le public comprenne tout le travail humain qui se cache derrière chaque numéro. Selon elle, plusieurs spectateurs assistent d’abord au spectacle pour voir leur enfant sur scène, sans toujours mesurer l’ampleur de l’engagement que demande la danse. « Ils ne savent pas jusqu’où va le travail, l’art de danser, ce que ça demande », explique-t-elle.
Pour cette raison, la créatrice construit chacun de ses spectacles comme une œuvre complète, plutôt qu’une simple succession de chorégraphies. Les textes, les réflexions, les transitions et les animations sont pensés pour accompagner les mouvements et donner un sens à l’ensemble. « Ce n’est pas juste une suite de numéros. C’est une création. »
Elle souhaite également transmettre une vision plus large de l’art aux parents et aux proches des danseuses. Elle espère qu’ils verront davantage l’ensemble du travail collectif plutôt qu’une seule personne sur scène. « Il faut voir les enfants et les adolescents à quel point ils sont engagés », dit-elle. À travers L’infini, les jeunes interprètes portent aussi un message qui les habite réellement. Inquiètes face aux catastrophes naturelles et aux conflits qui occupent l’actualité, elles participent à une réflexion sur le monde qui les entoure.
L’importance accordée à la nature occupe également une place centrale dans la philosophie de l’école. En plus des cours de ballet et de jazz moderne, les élèves participent à des camps et à des activités en plein air où elles apprennent à observer et apprécier le vivant.
Pour elle, L’infini s’adresse à tout le monde. « Ça s’adresse au monde entier parce que ça ne va pas bien », affirme-t-elle avec franchise. À travers cette création, elle espère toutefois rappeler qu’il existe encore de la beauté, de l’émerveillement et des liens humains capables de rassembler les gens malgré les inquiétudes ambiantes.