Le moment est venu pour ses récipiendaires de voler de leurs propres ailes
C’est le vendredi 8 mai à la salle Témabex Rouyn-Noranda que le Réseau de l’Intégration à l’Emploi de l’Abitibi-Témiscamingue (RIEAT) et ses partenaires ont procédé à une activité de reconnaissance pour souligner le parcours et les réussites des neuf participants au projet pilote ISP-PH — Ma Collectivité j’y travaille.
Ce projet qui a vu le jour en mars 2025 grâce à une collaboration entre le Réseau de l’intégration à l’emploi de l’Abitibi‑Témiscamingue (RIEAT), le Centre de formation générale pour adultes de Rouyn‑Noranda, Services Québec et plusieurs partenaires du milieu se termine sur une note positive et satisfaisante, selon les organisateurs et les participants.
ISP-PH — Ma Collectivité j’y travaille se distingue par un accompagnement personnalisé et soutenu, axé autant sur le développement professionnel que sur le savoir‑être. « On est vraiment dans une préparation à l’emploi, avec un accompagnement intensif, pour s’assurer que la personne soit bien soutenue à chaque étape », explique Mathieu Poirier, directeur général du RIEAT et coordonnateur régional. Le projet pilote permettait également aux participants d’obtenir une attestation liée à un milieu de formation de travail adapté, un outil jugé essentiel pour faciliter l’accès au marché du travail. Sur les 11 personnes ciblées au départ, neuf ont complété le parcours jusqu’au bout. « Ce n’est pas un abandon quand quelqu’un choisit une autre orientation. C’est aussi une forme de réussite, parce que la personne apprend à mieux se connaître », souligne M. Poirier.

Mathieu Poirier, directeur général et coordonnateur régional. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel).
Pour Noémie Tousignant, 26 ans, le projet a représenté bien plus qu’un simple tremplin professionnel. « Ça m’a apporté beaucoup de maturité. J’ai appris à mieux gérer les conflits, mon temps, mon anxiété. Ce sont des choses qui devraient être enseignées à tout le monde », témoigne‑t‑elle. La jeune femme évoque un parcours ponctué de défis, mais aussi de moments de fierté, notamment lorsqu’elle a été reconnue pour sa créativité dans le cadre scolaire. « Aujourd’hui, je me sens prête à voler de mes propres ailes », ajoute‑t‑elle.

Noémie Tousignant, à droite, l’une des participantes du projet, accompagnée de son employeuse Stacey Shea (Les Marginales). (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel).
Un impact humain au‑delà des résultats
Du côté des intervenants, la portée du projet se mesure autant dans les chiffres que dans les transformations observées chez les participants. Caroline Paquette‑Tessier, superviseuse au RIEAT, parle d’une expérience profondément marquante. « Je suis fière de leur réussite. Quand ils me disent qu’ils m’entendent encore dans leur tête au travail, c’est une grande fierté. Ça veut dire qu’ils ont gagné en confiance », affirme‑t‑elle. Selon les partenaires scolaires, les changements observés chez les élèves dépassent le cadre de l’emploi. Plusieurs ont développé une plus grande autonomie et une meilleure estime d’eux‑mêmes, des acquis jugés essentiels pour assurer une intégration durable.

Carolane Paquette Tessier, superviseure au RIEAT. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel).
Alors que le projet pilote prend fin, l’avenir suscite déjà des discussions. Les partenaires vont analyser les résultats afin d’évaluer la possibilité de reconduire l’initiative, voire de l’implanter dans d’autres municipalités. « C’est un projet ambitieux, et le défi sera de voir comment on peut le reproduire tout en conservant la qualité de l’accompagnement », reconnaît Mathieu Poirier. Pour les jeunes honorés vendredi, cette reconnaissance symbolise avant tout l’aboutissement d’un cheminement exigeant. Un parcours qui, pour plusieurs, ouvre désormais la porte à une participation active et durable au marché du travail.

(Crédit photo : Le Citoyen - Ricardo Jr Emmanuel)