Un recueil entre amour et dénonciation
Le 5 juin prochain aura lieu le lancement du nouveau livre de Daniel Dumont, Fragments, publié aux éditions Michel Gosselin, en formule 5 à 7, au bar-librairie Livresse. Regroupant un mélange de genres littéraires passant du conte, à la poésie et à l
Le 5 juin prochain aura lieu le lancement du nouveau livre de Daniel Dumont, Fragments, publié aux éditions Michel Gosselin, en formule 5 à 7, au bar-librairie Livresse. Regroupant un mélange de genres littéraires passant du conte, à la poésie et à la nouvelle, son livre se veut tout autant un hymne à l’amour qu’une dénonciation des injustices et des guerres.
« J’ai toujours travaillé dans un monde d’administration et de chiffres. En parallèle, dans ma vie personnelle, j’ai toujours écrit, et beaucoup de nouvelles », raconte Daniel Dumont. Alors qu’il venait de publier deux autres ouvrages avant celui-ci, et qu’un autre s’en vient ultérieurement, il se trouvait dans un entre-deux. Qui plus est, à force d’écrire un peu tout le temps, il s’est développé un « éventail » de textes dans lequel il a pu piger pour construire son recueil.
Sans réel objectif de les regrouper d’abord, c’est parfois jusqu’à dix ans après l’écriture de ses textes que l’auteur a remarqué un fil conducteur entre eux. La récurrence de certains thèmes, comme l’amour, mais aussi la dénonciation d’injustices, a résonné à travers une dizaine de textes. Inspiré du réel, il ne se réclame pas de l’autobiographique, mais plutôt de la fiction, puisqu’il invente ses personnages.
Plus précisément, Fragments contient « neuf fictions et deux récits », donc neuf textes de création et deux textes plus personnels. Écrits en réponse à certains climats actuels, plusieurs textes prennent racine dans des événements réels. M. Dumont se remémore notamment la commission Charbonneau, durant laquelle un témoignage précis l’a marqué. « Un monsieur qui travaillait dans le ciment, qui faisait des trottoirs ou des bordures de chemin, parlait avec une désinvolture navrante des vols qu’il avait commis. Et moi, ça me jetait à terre d’entendre quelqu’un d’aussi effronté que ça. Et j’ai décidé de dénoncer ça par un poème », explique-t-il.

Couverture officielle du recueil Fragments, illustrée par Michel Villeneuve (Photo : Gracieuseté)
Le recueil aborde toutefois aussi des thèmes plus lumineux. Dans le poème L’Osisko, inspiré du territoire nordique et du lac Osisko, l’auteur imagine un personnage venu en Abitibi non pas pour faire fortune, mais « par amour ». « Venir chercher de l’argent pour concrétiser l’amour qui l’attend ailleurs », résume-t-il.
Cette dualité traverse l’ensemble du livre. « C’est souligner les belles choses de la vie, mais aussi dénoncer les injustices et les guerres », affirme-t-il. Un texte intitulé La maison aborde d’ailleurs le thème de la guerre et de l’actualité internationale. Pour l’auteur, l’écriture devient une façon de « cristalliser le temps » et de choisir un angle différent pour parler de ce qui l’entoure.
Mêlant poésie, nouvelles et contes, Fragments reflète aussi le parcours littéraire de son auteur. « Ça fait tellement longtemps que j’écris un peu n’importe quoi, n’importe quel style. J’essaie, je recommence, je jette, je recommence », raconte-t-il. Le titre du recueil fait d’ailleurs référence à ces morceaux d’écriture accumulés au fil des années, certains devenant des textes qu’il juge encore réussis après plusieurs années.
L’auteur dit également apprécier le dialogue qui naît entre le lecteur et le texte. « Les gens ont une perception complètement différente de ce qu’on a voulu faire », observe-t-il, ajoutant aimer entendre ce que les lecteurs ont imaginé à partir de ses histoires.
En complémentarité à la couverture illustrée par Michel Villeneuve, la versatilité des thèmes et des genres se cache dans la quantité d’objets qui passent par le hachoir, en noir et blanc. « La seule couleur est celle de l’amour, c’est la fleur jaune qui va entrer dans le livre. Et il y a des lettres d’amour qui sortent », synthétise-t-il. Pour lui, ce détail symbolise le cœur même de l’ouvrage : « Comme l’amour est le centre de la vie. »