À l’approche des élections provinciales, les jeunes veulent être entendus
Dans l’idée de sonder les préoccupations, plusieurs jeunes de 12 à 35 ans en majeure partie des étudiants ont pris part au sondage qui a été mis en place pendant environ un mois par le Forum Jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (FJAT).
C’est ce mercredi au Centre Méga de Rouyn-Noranda que l’organisme a dévoilé les résultats de ce sondage en présence des jeunes et des élus de la région mettant en lumière leurs principales préoccupations et leurs attentes envers les décideurs. Selon Benjamin Brassard, président du FJAT, cette initiative vise à alimenter les débats électoraux à venir. « Dans quelques mois […], le Québec sera plongé dans des élections qui vont se terminer au terme du 5 octobre prochain. Donc, ces élections-là provinciales nous amènent à nous réfléchir et nous positionner, nous comme Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue, à trouver qu’est-ce qu’on pourrait faire pour porter la voix des jeunes lors de cette élection-là », explique M. Brassard.
Parmi les constats du sondage, le coût de la vie et l’accès au logement ressortent comme les enjeux les plus urgents. Ces facteurs influencent directement plusieurs aspects du quotidien des jeunes, notamment leur autonomie, leurs études, leur travail et leur santé mentale. Bien que les jeunes interrogés démontrent un fort sentiment d’attachement à la région, leur décision d’y rester dépend largement de conditions concrètes. « Ils aiment leur région, mais la rétention repose sur des facteurs comme le logement, les études, la diversification des études, l’emploi et les services », souligne M. Brassard.

Benjamin Brassard, président du Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (Crédit Photo : photo archive)
Le sondage met également en lumière des préoccupations liées à la santé mentale. La pression financière, l’anxiété de performance et l’incertitude face à l’avenir figurent parmi les éléments mentionnés dans le sondage. À cela s’ajoute un sentiment d’isolement, accentué notamment par le manque d’espaces de socialisation. Plusieurs jeunes estiment qu’il manque d’activités gratuites et de lieux de rassemblement dans la région. « Les jeunes veulent des milieux de vie dynamiques, pas seulement des services », résume le président du FJAT.
Les jeunes veulent suivre leur passion, mais ils doivent voir des perspectives concrètes d’études, de stages, d’emplois en région. D’autres enjeux ressortent également du sondage, notamment le manque de transport en commun, qui limite l’accès aux études, aux emplois et aux services, particulièrement en milieu rural. Les jeunes souhaitent aussi une meilleure articulation entre l’éducation et le marché du travail, avec davantage de possibilités de stages, d’études et d’emplois en région.
Un sentiment d’être peu écoutés
Un autre constat marquant concerne la participation citoyenne. Les jeunes expriment un faible sentiment d’être entendus par les décideurs politiques et organisationnels. Le sondage révèle une moyenne de 2,3 sur 5 quant au sentiment d’être écouté, ce qui traduit une perception défavorable de leur influence dans les instances décisionnelles. « C’est un enjeu qui est démocratique et majeur. Donc, les jeunes ne se sentent pas écoutés de la part de leurs élus, des instances organisationnelles de la région. » Malgré cela, l’intérêt pour l’engagement demeure élevé, soit 93 % des répondants disent vouloir s’impliquer dans leur communauté, à condition d’être valorisés et considérés.

Crédit photo : : Photo gracieuseté
Par conséquent, M. Brassard confirme que l’organisme entend maintenant utiliser ces résultats pour alimenter les discussions politiques. Une tournée régionale est prévue dans les différentes MRC afin de présenter les conclusions et d’échanger avec les jeunes et les élus. L’organisme souhaite également organiser des rencontres avec les candidats aux élections provinciales pour les interpeller directement sur les enjeux identifiés. Pour voir comment ils peuvent transformer les enjeux identifiés et les constats en des actions concrètes pour aider à régler ce que vivent les jeunes de la région. « L’objectif, c’est que les enjeux jeunesse soient au centre des discussions et qu’ils se traduisent en actions concrètes », conclut M. Brassard.