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Cahiers spéciaux

Madamikana : partir à la rencontre d’un circuit d’art autochtone unique

Madamikana, qui signifie « la croisée des chemins », est un circuit d’art public autochtone qui traverse l’Abitibi-Témiscamingue. Porté par l’organisme Minwashin, ce projet de médiation artistique rassemble six œuvres permanentes inspirées des récits

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Madamikana, qui signifie « la croisée des chemins », est un circuit d’art public autochtone qui traverse l’Abitibi-Témiscamingue. Porté par l’organisme Minwashin, ce projet de médiation artistique rassemble six œuvres permanentes inspirées des récits des aînés et des archives de la Nation anicinabe, formant une véritable constellation à travers le territoire.

Au parc national d’Aiguebelle, secteur Taschereau, l’artiste Frank Polson donne le coup d’envoi du parcours avec sa création Kigos (Sacred Fish). Son œuvre, influencée par le style woodland, se caractérise par des formes animales stylisées, des lignes fluides reliant les éléments et des couleurs vives. Elle évoque l’interconnexion entre les êtres vivants et la dimension spirituelle de la nature.

Au campus de l’UQAT à Val-d’Or, plus précisément au Pavillon des Premiers Peuples, Carole Bérubé‑Therrien, artiste innue, propose Ushkuai utei (Cœur de bouleau), une œuvre immersive qui est inspirée par l’enseignement et la transmission. Elle intègre des images et des motifs qui rappellent les visages, les liens familiaux et le partage des connaissances, dans une esthétique douce et enveloppante.

Au lieu historique d’Obadjiwan–Fort‑Témiscamingue, à Duhamel-Ouest, Nika Paul présente une installation en plusieurs sections disposées près d’un site chargé de mémoire. Les formes, souvent épurées et ancrées dans le paysage, invitent à la contemplation. L’œuvre, qui s’intitule Aki o mikwen’tan (Le Territoire se souvient), agit comme une présence silencieuse qui rappelle les échanges de biens, les rencontres passées, les rassemblements et la présence autochtone sur ce territoire.

(Photo : Gracieuseté)

Du côté de Senneterre, Summer‑Harmony Twenish présente Ki manatchitimin kinawit (Nous prenons soin les uns des autres). L’œuvre s’inscrit dans un lieu communautaire, soit au Centre d’entraide et d’amitié autochtone. Entourée de mains symbolisant l’unité de la communauté, elle met en scène une famille tournée vers l’aube, image d’un avenir porteur d’espoir. Le bébé dans son tikinagan, qui regarde le spectateur, rappelle l’importance d’agir pour les générations futures. Composée de deux parties, dont l’une au chalet Shabogamak, l’œuvre évoque à la fois la vie urbaine et la vie en forêt, tout en célébrant la force de la famille, la transmission et la fierté anicinabe.

À Rouyn‑Noranda, au Magasin général Dumoulon, Eliane Kistabish présente Nina8it (Nous tous), une œuvre qui se distingue par sa dimension poétique et engagée. En s’appuyant sur des archives, elle crée des images où se mêlent silhouettes, paysages et figures féminines, mettant en lumière les femmes anicinabek comme gardiennes de la vie, de la langue et de la culture. La disposition de l’œuvre rappelle en quelque sorte la structure d’un tipi.

Toujours à Rouyn-Noranda, Fabienne Théorêt‑Jérôme signe une œuvre au cégep de l’Abitibi‑Témiscamingue : Niwabidan (Je vois). Intégrée à un milieu éducatif, sa création grand format s’harmonise à l’espace quotidien des étudiants. Ce qui retient l’attention : des yeux qui observent la vie, au fil du temps, et une étoile qui file, comme le temps qui s’écoule.

Ensemble, ces œuvres forment un parcours accessible qui transforme le territoire en lieu d’apprentissage, de réflexion et de rencontre. Madamikana devient ainsi bien plus qu’un circuit artistique. Il s’impose comme un espace vivant de mémoire, de dialogue et de création où s’exprime une profonde dimension spirituelle. Voilà une façon unique et originale de sillonner ce territoire que les Premiers peuples occupent depuis 8000 ans!

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