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Communauté

Accord du financement sur le caribou : Le Conseil de Lac-Simon conteste la décision du gouvernement fédéral

Le Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon a annoncé par voie de communiqué qu’elle intente une poursuite contre le gouvernement du Canada à la suite de son refus de protéger le caribou boréal, considéré comme une espèce menacée.

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Le Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon a annoncé par voie de communiqué qu’elle intente une poursuite contre le gouvernement du Canada à la suite de son refus de protéger le caribou boréal, considéré comme une espèce menacée.

Le 29 juin 2026, le gouvernement a renoncé à une entente conclue deux ans plus tôt avec Lac-Simon. Au moment de sa signature, l’ancien ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbault, soutenait qu’un « décret d’urgence », pris en vertu de la Loi sur les espèces en péril, était nécessaire pour protéger l’habitat du caribou, qu’il estimait menacé d’une « extinction imminente ». Lac-Simon partageait cette position et avait exprimé son appui à l’adoption d’un tel décret.

Dans son communiqué, Lac-Simon affirme que le gouvernement, plutôt que de promulguer le décret d’urgence recommandé par l’ancien ministre Steven Guilbault, a conclu une entente avec le Québec prévoyant l’abandon du décret en échange d’un versement de 25 millions de dollars à la province. La communauté soutient que cette somme équivaut à une compensation accordée au Québec au détriment de ses droits ancestraux liés au caribou, une espèce qu’elle décrit comme étant au cœur des pratiques de chasse du peuple anishnabe depuis des millénaires.

Lac-Simon reproche également au Québec de ne pas avoir respecté son engagement de présenter un plan de protection de l’habitat du caribou, promis en 2016. La communauté souligne que, dix ans plus tard, ce plan n’a toujours pas été rendu public. Elle rappelle également que les caribous sauvages présents sur son territoire ont été capturés et placés en enclos et affirme qu’il n’en reste aujourd’hui que sept, sans qu’un plan de réintroduction dans leur habitat naturel ait été annoncé. Selon Lac-Simon, l’entente de financement accorde au Québec cinq années supplémentaires pour élaborer une stratégie qui aurait dû être dévoilée depuis plusieurs années et permet au gouvernement fédéral de financer un nouveau report des mesures de protection du caribou.

« Nous avons chassé le caribou pendant des millénaires, a déclaré Lucien Wabanonik, chef du Conseil de la Nation Anishnabe du Lac-Simon, et sa survie est un droit qui nous est garanti par la Constitution. Revenir sur le décret d’urgence du ministre visant à rétablir les populations de caribous sauvages pour payer le Québec à les garder en enclos constitue un coup de poignard dans le dos et démontre, une fois de plus, le mépris total de ce gouvernement pour les droits des peuples autochtones. »

Lac-Simon a annoncé avoir retenu les services du professeur Amir Attaran, de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, qui représente le Conseil tribal de la Nation algonquine anishinabeg, ainsi que du cabinet Olthuis, Kleer, Townsend LLP, afin d’intenter un recours devant la Cour fédérale. Selon la communauté, cette démarche vise à obliger le gouvernement fédéral à respecter les obligations prévues par la Loi sur les espèces en péril en matière de rétablissement de l’habitat essentiel du caribou boréal, ainsi que les droits constitutionnels qu’elle invoque. Au moment de la diffusion du communiqué, le gouvernement du Canada n’avait pas encore réagi à cette poursuite.

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