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Communauté

Foire du camionneur de Barraute : Une piste portée par toute une communauté

À l’approche de sa 38e édition, qui se tiendra du 4 au 7 septembre prochain, la Foire du camionneur de Barraute achève un chantier majeur. Derrière la nouvelle piste se trouvent surtout des centaines de bénévoles et des entreprises qui ont refusé de

Camion de la foire du camionneur de Barraute

À l’approche de sa 38e édition, qui se tiendra du 4 au 7 septembre prochain, la Foire du camionneur de Barraute achève un chantier majeur. Derrière la nouvelle piste se trouvent surtout des centaines de bénévoles et des entreprises qui ont refusé de laisser le projet s’arrêter faute de moyens.

L’installation prend vie notamment grâce aux entreprises qui prêtent de l’équipement, aux bénévoles qui donnent de leur temps et à une communauté qui se mobilise pour que le projet puisse aller jusqu’au bout malgré des moyens limités. Pour Éric Bourque, président de l’organisation, voir les travaux tirer à leur fin représente déjà une victoire. « Ce qui me rend le plus fier, c’est d’avoir été capable de réaliser ça. Je ne pensais pas qu’on en viendrait à bout ».

Après des mois de démarches, d’incertitudes financières et de travail sur le terrain, l’organisation prévoit accueillir les visiteurs comme prévu pour l’ouverture de l’événement le 4 septembre.

Le projet n’est pas né d’une simple volonté d’agrandir la Foire. Jusqu’à maintenant, les courses se déroulaient dans une rue de Barraute, au cœur de la municipalité. Avec les années, cette configuration devenait de plus en plus difficile à sécuriser et ne répondait plus adéquatement aux exigences des assureurs. « C’était vraiment rendu dangereux, il ne faut pas se le cacher »

La nouvelle piste permettra de réunir les courses et les principales activités sur un même terrain clôturé. Les accès pourront être contrôlés, les déplacements du public mieux encadrés et les différents secteurs du site, rapprochés les uns des autres.

Une estrade naturelle d’environ 600 pieds de longueur est également aménagée afin de dégager la vue sur les compétitions. Pour les visiteurs, la transformation devrait surtout se traduire par un site plus simple à parcourir. Pour l’équipe derrière la Foire, elle signifie moins de zones dispersées à surveiller et un environnement mieux adapté à l’ampleur de l’événement.

Continuer malgré le manque d’argent

Entre l’idée et sa réalisation, les fonds disponibles demeuraient le principal obstacle. L’organisation espérait obtenir du soutien des deux ordres de gouvernement. Si une aide provinciale lui a été accordée, aucune contribution fédérale n’est venue compléter le financement attendu. Devant le manque à gagner, les responsables auraient pu repousser les travaux ou réduire leurs ambitions. Ils se sont plutôt tournés vers les gens qui accompagnent la Foire depuis des années.

Des entreprises de Barraute et de Rouyn-Noranda, dont Machineries 3M, Agrégat R-N et Excavation Mathieu Frigon, ont donc fourni gracieusement de la machinerie et de l’équipement. D’autres partenaires ont aussi participé au chantier, parfois loin des regards et sans chercher à se placer à l’avant-scène. « Il y en a tellement qui nous ont prêté de l’équipement gratuitement. C’est grâce à ces gens-là qu’on a réussi à faire quelque chose de bien. »

Autour d’eux gravitent près de 250 bénévoles. Certains seront visibles pendant la fin de semaine de l’événement. Plusieurs autres auront déjà donné leur temps bien avant l’arrivée des premiers camions.

Cette mobilisation demeure, selon Éric Bourque, la principale raison pour laquelle la Foire a traversé les décennies sans perdre son caractère local. « C’est vraiment l’aspect familial de toute l’organisation. Sans les bénévoles, la Foire ne pourrait pas avoir lieu. »

Une histoire qui commence par une dette

La nouvelle piste prolonge ainsi une histoire commencée autour d’un autre projet collectif. En novembre 1986, une trentaine de camionneurs se réunissaient lors d’une assemblée de la Commission des loisirs de Barraute. Leur objectif était clair : organiser une fête capable d’amasser suffisamment d’argent pour éponger la dette liée à la construction de l’aréna municipal. Éric Bourque raconte que la première édition a atteint son but. Devant le succès de l’initiative, les organisateurs choisissent de poursuivre l’aventure et de consacrer les revenus suivants à des organismes de la région.

Près de quatre décennies plus tard, cette mission demeure au cœur de la Foire. Le super tirage sert entièrement à redonner dans la communauté, notamment à des organismes comme La Ressource pour personnes handicapées de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec ainsi que la Maison de la Source Gabriel. Quelque 300 000 $ sont ainsi redistribués chaque année dans la région.

Le moitié-moitié annuel et les autres activités de financement permettent, pour leur part, d’aider au fonctionnement de l’événement et à la mise en place de projets comme la nouvelle piste.

Cette distinction est importante pour Éric Bourque. La Foire ne cherche pas seulement à attirer des visiteurs pendant quatre jours. Elle utilise aussi son achalandage pour appuyer des services qui continuent d’aider la population longtemps après le départ des camions.

Grandir sans s’éloigner

La Foire du camionneur accueille maintenant des milliers de personnes et sa réputation dépasse largement les limites de Barraute. Malgré cette croissance, son président estime que l’organisation doit continuer à évoluer en restant attentive à ceux qui la fréquentent. « On est très proches de notre public. On aime que les gens nous apportent des idées, puis c’est ce qui nous aide à évoluer ».

La nouvelle piste est l’exemple le plus concret de cette volonté. Elle répond à un problème de sécurité, améliore l’aménagement du site et ouvre un nouveau chapitre pour l’événement. Mais sa réalisation raconte aussi quelque chose de plus discret sur la communauté qui l’entoure.

Lorsque les camions prendront le départ en septembre, le public verra la piste, les clôtures et la longue estrade aménagées devant le circuit. Il ne verra pas nécessairement toutes les heures offertes, les machines prêtées, ni les inquiétudes qui ont accompagné le chantier. C’est pourtant là que se trouve, pour Éric Bourque, le véritable héritage de la Foire. « C’est vraiment l’esprit d’entraide. Je voudrais tellement que ça continue. »

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