Un nouveau projet pour favoriser l’inclusion des étudiants internationaux
Le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue veut miser sur la culture pour favoriser l’inclusion et le sentiment d’appartenance des étudiants internationaux. Un nouveau projet de recherche et d’innovation sociale, mené en partenariat avec différents acteurs
Le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue veut miser sur la culture pour favoriser l’inclusion et le sentiment d’appartenance des étudiants internationaux. Un nouveau projet de recherche et d’innovation sociale, mené en partenariat avec différents acteurs du milieu, permettra de développer des activités culturelles pensées pour rapprocher les étudiants internationaux et la communauté qui les accueille.
Baptisé Campus culturel : des dispositifs culturels coconstruits avec des partenaires locaux comme leviers d’inclusion des étudiants internationaux dans les cégeps de région, le projet s’échelonnera sur trois ans, de 2026 à 2029. Il est réalisé conjointement au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et au Cégep de Jonquière grâce à un financement de 359 329 $ du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), par l’intermédiaire du Fonds d’innovation sociale destiné aux collèges et aux communautés (FISCC).
Le chercheur principal, Fednel Alexandre, enseignant-chercheur au département de français du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, est accompagné d’Isabelle Vachon, enseignante-chercheuse au département des sciences sociales, ainsi que de Nadège Bikie Bi Nguema et d’ECOBES/Cégep de Jonquière.
Créer des occasions de rencontre
Le nouveau projet s’inscrit dans la continuité d’une démarche déjà amorcée par les chercheurs autour de l’inclusion des étudiants internationaux, principalement au campus de Rouyn-Noranda.
Au cours de la dernière année, des étudiants internationaux ont notamment été jumelés à des étudiants locaux dans le cadre d’activités interculturelles. Plus de 70 étudiants ont pris part à l’expérience, qui les a amenés à organiser eux-mêmes des activités : ski de fond, cuisine, découverte de sentiers ou autres sorties.
« Les étudiants, c’est impressionnant tout ce qu’ils ont fait », souligne Isabelle Vachon. Selon elle, l’expérience s’est révélée enrichissante des deux côtés. Les étudiants locaux ne savent pas toujours comment aller vers leurs collègues internationaux, tandis que ces derniers peuvent être confrontés à l’isolement et à la difficulté de se familiariser avec un nouveau système éducatif.
Des capsules vidéo de sensibilisation ont notamment été produites avec des étudiants en cinéma et des étudiants internationaux afin de faire connaître les réalités vécues par ces derniers.
Le nouveau projet adoptera toutefois une formule différente. Il ne reposera pas nécessairement sur des jumelages individuels, mais plutôt sur des activités de groupe réunissant des étudiants internationaux et locaux.
La culture comme point de rencontre
Le projet s’appuiera notamment sur la Ville de Rouyn-Noranda, le Musée d’art (MA) et Africulture, en Abitibi-Témiscamingue. Au Saguenay, Cultures Saguenay — Lac-Saint-Jean, Mosaïque sociale et le SANS prendront également part à la démarche.
Pour Fednel Alexandre, ces partenariats sont essentiels. Les organismes et institutions participants possèdent une expertise concrète de la médiation culturelle et des réalités du terrain, qui vient compléter celle des chercheurs. « La recherche au collégial, c’est vraiment une recherche où on travaille à trouver des solutions. On les teste, on les expérimente, on les documente », explique-t-il.
Les activités ne seront donc pas simplement importées telles quelles. Elles seront coconstruites et adaptées aux réalités des étudiants collégiaux, notamment à leurs horaires parfois atypiques. Certaines seront même ajoutées au programme de la session de quelques cours.
La Ville de Rouyn-Noranda pourra également contribuer à rendre certaines activités culturelles plus accessibles, notamment en facilitant l’accès à des spectacles.
Découvrir l’autre et se faire découvrir
Au-delà de la découverte de la culture québécoise, les chercheurs souhaitent que les étudiants internationaux puissent eux aussi faire connaître la leur.
La médiation culturelle devient ainsi un espace de dialogue entre différentes façons de vivre et de comprendre le monde. Fednel Alexandre donne l’exemple des pratiques de pêche, qui peuvent varier considérablement d’une culture à l’autre. Une discussion sur les techniques traditionnelles peut ainsi devenir une occasion de découvrir des savoirs venus d’ailleurs.
Cette approche pourrait également contribuer à diversifier les publics des institutions culturelles de la région et, éventuellement à encourager le développement d’une offre culturelle répondant à de nouveaux besoins.
Une réponse à certains défis, mais pas tous
Les chercheurs demeurent toutefois conscients que la culture ne peut régler l’ensemble des difficultés vécues par les étudiants internationaux. Isabelle Vachon rappelle notamment les enjeux liés aux coûts des études, aux conditions financières et au temps limité pouvant être consacré au travail.
Le projet peut cependant répondre à un autre besoin important : celui de créer des espaces de socialisation.
Les études et le travail occupent déjà une grande partie du quotidien de certains étudiants, tandis que la famille et les proches se trouvent parfois à l’autre bout du monde. Les activités culturelles peuvent alors devenir une occasion de sortir, d’apprivoiser leur nouveau milieu de vie, d’exercer le français local et de tisser des liens.
Le projet est actuellement phase de démarrage. Les chercheurs ont déjà commencé à travailler à sa mise en œuvre et prévoient prochainement une rencontre de lancement avec l’ensemble des partenaires et collaborateurs. Des étudiants-chercheurs feront également partie de l’équipe afin de collaborer à l’organisation des activités et au processus de recherche.
Pour les étudiants participants, le tout débutera à la session d’automne 2026.