La dualité : divertissement/utilité
Les arts plastiques ne sont pas toujours « plastiques », dans le sens de « chirurgie plastique », de façade, sans profondeur en somme. Les arts sont aussi, et bien plus souvent qu'on le pense, essentiels.
Les arts plastiques ne sont pas toujours « plastiques », dans le sens de « chirurgie plastique », de façade, sans profondeur en somme. Les arts sont aussi, et bien plus souvent qu'on le pense, essentiels.
On peut évidemment se divertir, et ce, avec plaisir et délectation devant un bon film d'aventures, d'amour, ou encore, rire sans retenue devant De Funès, Deschamps, Fred Pellerin, Pierre Richard et j'en passe! Même mécanisme devant une toile, une pièce de théâtre, une chanson, une sculpture, une danse, une opérette, etc.
Mais comme il y a toujours un deuxième degré à tout dans la vie, l'artiste, l'art, servent à exprimer un sentiment, une pensée, un point de vue personnel de l'auteur. Mais, tel un miroir, l’œuvre, quelle qu'elle soit, donne à réfléchir à celui ou celle qui la contemple ou qui profite ou expérimente l’œuvre.
Selon moi, on peut réfléchir de deux façons devant une œuvre artistique, et j'ajoute ici tout de suite que les deux façons sont tout à fait louables, et même, bien souvent, complémentaires.

Réfléchir du ventre (ou du cœur c'est selon) en se laissant prendre par les sentiments véhiculés dans l’œuvre. Rire, pleurer, se fâcher, être étonné par l’œuvre qui nous arrive dans le fond de l’œil, de l'extérieur donc, et qui nous atteint. Se laisser divertir.
Et il y a l'autre façon, tout aussi bonne, qui s'adresse, elle, à notre cerveau, notre raison. L’œuvre qui s’imprègne dans notre conscience et qui, au lieu de réfléchir sur nous, réfléchi en nous, dans notre conscience et qui nous porte à mettre l’œuvre en contexte, en mouvement, de l'intérieur vers l'extérieur.
C'est-à-dire que l’œuvre traverse le plafond du divertissement pur et devient une base de réflexion personnelle et qui peut se partager avec autrui. L'art comme moyen de penser sa société, sa place dans le monde.
Divertir et réfléchir, les deux ensemble ou séparément, tout est bon. Tout dépend de l’œuvre et tout dépend de nous aussi.
Toute cette mise en contexte pour vous dire que je m'apprête à jouer dans la pièce Les Hardings, pièce de théâtre québécoise qui a connu un franc succès sur papier et sur scène. Cette pièce à trois personnages, où je remplace le comédien Martin Drainville, nous raconte, entre autres, la terrible tragédie de Lac-Mégantic, ou le déraillement d'un train avait fait 47 morts en juillet 2013. On part en tournée dès fin février, et ce jusqu'à la fin mai 2022, dans une trentaine de villes au Québec.
Une pièce qui parle à notre ventre, à notre cœur, à nos sentiments, mais qui passe inévitablement par notre tête, notre conscience. Une pièce qui porte à réfléchir à notre rapport au tragique, à notre responsabilité en tant que citoyens. Du ventre à la tête.
Passez nous voir et nous entendre, si vous le pouvez, et profitez de cette œuvre pour réfléchir avec nous. Une pièce qui reste dans la tête et dans le cœur longtemps, longtemps après la tombée du rideau.
Avec Normand D'Amour, Patrice Dubois et Martin Héroux.
Mise en scène et texte de Alexia Bürger.
Partout au Québec. Rouyn-Noranda, le 3 mai/Val-d'Or, le 4 mai
infos : theatredaujourdhui.qc.ca